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Les Gabonais se battent contre les crimes rituels

L'émission de la chaîne de télévision Canal Plus, l'Effet Papillon, a mis un coup de projecteur sur la tragédie des crimes rituels au Gabon. Les crimes rituels au Gabon consistent à croire que prélever un organe d'une personne vivante permet à une autre personne de se renforcer. Ces crimes ont déjà endeuillé des familles entières et traumatisent tout le pays. Depuis mai 2012 au Gabon, l’observatoire national de la démocratie suggère la mise en place d’une commission chargée de recenser tous les cas depuis 22 ans et prône le classement de cette catégorie de délits en crimes contre l’Humanité. Les Gabonais sont donc à la pointe dans ce combat.

Manifestations contre les crimes rituels au Gabon - capture d'écran de la vidéo garenghem sur YouTube

Manifestations contre les crimes rituels au Gabon – capture d'écran de la vidéo garenghem sur YouTube

Alors qu’une grande procession pour manifester contre ces crimes avait eu lieu au mois de janvier à Lambaréné, le combat a pris une nouvelle tournure notamment grâce aux réseaux sociaux lorsque le 19 mars dernier, le corps d’une fillette a été retrouvé abimé sur une plage de la capitale Libreville. Sur Twitter les mots clés #OpGabon et #SOSGabon ont servi à dénoncer ces crimes horribles et réclamer justice pour les victimes.

Sur Africamix « la Case à palabres », Olivier Herviaux écrit :

C'est l'un des actes les plus marquants de la barbarie et de l'obscurantisme des sociétés humaines, l'un de ceux qui nourrissent tous les fantasmes, en Afrique, en Occident et ailleurs. Nous sommes bien Au cœur des ténèbres, comme l'écrivait Joseph Conrad.

Emmanuel Kouassi qui fait un dossier sur les crimes rituels sur son blog « politique et autres » explique :

Le crime. En droit, c’est le fait de donner la mort ou d’ôter la vie à quelqu’un. Il est, par conséquent, considéré comme un homicide, un acte prémédité.

Et le crime rituel? C’est un crime qui est commis sur la base d’un certain nombre de pratiques, soit traditionnelles ou religieuses, soit culturelles ou mystiques. Dans tous les cas, le crime rituel, est commis dans le but d’utiliser une partie de l’organe du corps humain, pour des sacrifices ; ou, tout simplement, pour des rituels. C’est, malheureusement, à cette pratique que s’adonnent certaines personnes pour, selon plusieurs interlocuteurs, devenir riches. Leurs principaux conseillers : les marabouts ou féticheurs. A chacun son marabout ou féticheur. Souvent, paradoxalement, ce sont les mêmes. Qui exigent la tête, la langue, le sexe, les ongles…le cœur ou les cheveux de l’être humain, femme comme garçon. Pour préparer la potion…magique. Le plus souvent, les personnes convoitées sont les albinos et les handicapés physiques.

 

Toujours sur Africamix la Case à palabres Olivier Herviaux poursuit :

Depuis plusieurs années, le crime rituel fait régulièrement la « une » des journaux, notamment au Gabon. Le 3 mars 2005, deux corps d'enfants sont retrouvés, mutilés, sur une plage de Libreville. L'un des corps est celui d'un des fils de Jean-Elvis Ebang Ondo, âgé de 12 ans. Quelques mois après le drame, Jean-Elvis Ebang Ondo fonde l'Association de lutte contre les crimes rituels (ALCR).

Le site de Reporters Sans Frontières précise :

Les crimes rituels sont liés aux croyances animistes présentes au Gabon, et visent à renforcer les pouvoirs de fétiches en mutilant vivants des hommes, femmes ou enfants, qui doivent mourir de douleur. Commandités par des personnalités politiques, ces meurtres sordides sont particulièrement fréquents en période électorale ou à la veille d’un remaniement ministériel, et restent bien souvent impunis.

 

http://youtu.be/2LjdBsT0tkE

Une marche de protestation était prévue le 13 avril mais :

La fin de non-recevoir du ministre gabonais de l’Intérieur, Jean François Ndongou, essuyée par l’Association de lutte contre le crime rituel (ALCR) et les «Gabonais du Net» quant à la demande d’autorisation pour une marche pacifique qui avait été programmée pour le 13 Avril dernier, a été respecté à Libreville.

Devant ce refus la diaspora a pris le relais de la protestation :

Une semaine après la protestation des Gabonais de Lyon pour dire «non aux crimes rituels», le relais a été passé à ceux de Paris et du Canada qui ont également exprimé leur soutien aux nombreuses familles endeuillées et saisi l’occasion pour interpeller les autorités gabonaises qui semblent ne pas partager la même sensibilité face à ce phénomène qui tente d’intégrer le registre du «normal» et du «simple accident».

Devant ce tollé le gouvernement autorise enfin l'Association de Lutte contre les Crimes Rituels (ALCR), à défiler pacifiquement dans la capitale gabonaise le 11 mai prochain. Les crimes rituels ne sont pas le fait du seul Gabon, l'ensemble de l'Afrique noire est concernée par ces meurtres rituels.

 

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