Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

Des centaines de personnes sous les décombres d'une usine de vêtements au Bangladesh

Un immeuble de neuf étages occupé majoritairement par des fabricants de vêtements s'est écroulé à Savar, dans la banlieue de Dhaka la capitale, et a fait 142 morts et près de 1000 blessés. Ceci remet sur le devant de la scène les conditions de sécurité de l'industrie manufacturière du Bangladesh.

On estime à un millier le nombre de personnes encore prisonnières des décombres.

Six manufactures de vêtements étaient en activité du 3ème au 8ème étage du bâtiment de Savar et au moins 5000 personnes se trouvaient dans le bâtiment surpeuplé quand il s'est écroulé dans la matinée du 24 avril 2013.

Cette catastrophe intervient cinq mois après l'incendie d'une usine de vêtements surpeuplée, Tazreen Fashions, qui avait fait plus de 100 morts, en majorité des femmes.

Depuis ce drame, on a commencé à s'intéresser de plus prêt à la sécurité des ouvriers et aux systèmes de secours inappropriés de cette industrie. Les ouvriers de l'industrie du vêtement ont également commencé à protester contre leurs bas salaires.

Le Bangladesh est le deuxième producteur de vêtements de prêt à porter  après la Chine. Des marques internationales telles que Walmart, H&M, Sears, GAP, Tommy Hilfiger et de nombreuses autres marques bien connues font fabriquer leurs vêtements au Bangladesh. Ces vêtements portent l'étiquette “Fabriqué au Bangladesh”, ce qui fait la fierté du pays. Arafatul Islam, blogueur et journaliste, en mesure le prix :

পোশাক কারখানায় আগুন লেগে পুড়ে মরে শ্রমিক, পোশাক কারখানার ভবন ধসে চাপা পড়ে মরে শ্রমিক… লাশের মিছিল এভাবেই বেড়ে চলে। আগে ‘মেইড ইন বাংলাদেশ’ দেখলে আগ্রহ ভরে কিনতাম। এখন কেমন যেন সেই লেখার মধ্যে রক্তের দাগ দেখতে পাই, মৃত্যুর আর্তনাদ শুনি।

Des ouvriers meurent dans des incendies d'usines, des ouvriers meurent sous des immeubles qui s'écroulent… la liste des morts s'allonge. J'étais fier d'acheter des vêtements “Fabriqué au Bangladesh”. Maintenant je vois du sang sur ces étiquettes et j'entends pleurer les morts.

the scene after a nine-storey building collapsed in Savar

Le site près l'effondrement d'un immeuble de 9 étages à Savar, dans la banlieue de Dhaka. Photo de Firoz Ahmed. Copyright Demotix (24/4/2013)

Sur les réseaux sociaux, les internautes expriment leur indignation devant les catastrophes à répétition qui touchent les usines de fabrication de vêtements. La plupart des ouvriers de ce secteur sont des femmes. Le blogueur Vashkar Abedin écrit sur Facebook :

আহা বোন!
সুঁচ-সুতো দিয়ে কেবল নিজেদের মৃত্যু বুনে যাচ্ছো…

Ah mes sœurs !

Vous qui ne cousez que votre mort.. .

Joydeep Dey Shaplu ne retient pas sa colère sur Facebook :

এতো লাশের ভিড়ে কেউ জীবিত থাকতে পারে না। আমি আপনি সব শালা লাশ… নইলে এতো লাশ পড়তো না এ দেশে…

Il ne doit pas y avoir de survivants au milieu de tous ces cadavres. Nous sommes des zombies… pour permettre autant de morts…

Une fêlure dans le bâtiment avait été remarquée la veille. Les ateliers ont immédiatement fermés. [bn-bengali]. Mais le propriétaire de l'immeuble n'a pas voulu considérer l'éventualité d'un effondrement imminent et a rouvert l'immeuble au public et forcé les ouvriers à retourner au travail. Sumeema Yasmin Sumi n'accepte pas une telle inconscience de la part de la direction :

এতোগুলো মানুষকে মৃত্যুর দিকে ঠেলে দেয়া হলো! এরকম দায়িত্বহীনতা কোনোভাবেই মেনে নিতে পারছি না।

Tant de personnes envoyées vers la mort. Je ne peux pas accepter un tel manque de sens de la responsabilité de la part de la direction.

Lucky Akter, l'un des principaux activistes des manifestations du mouvement #Shahbaga écrit un post intitulé “Ne pleurez pas, mais manifestez” sur Somehwhereinblog :

দাসপ্রথা নাকি বিলোপ হয়েছে বহু আগে কিন্তু আমরা তো দেখি দাস প্রথা নতুন ভাবে ফিরে এসেছে খুব ভয়ালভাবে, তা না হলে মৃত্যু নিশ্চিত-জেনেও শ্রমিকদেরকে পিটিয়ে পিটিয়ে কেন মৃত্যুকূপে পাঠানো হল? কেন মিথ্যা বেতনের আশ্বাস দিয়ে শ্রমিকদেরকে কারখানায় আনা হল?

L'esclavage est aboli depuis longtemps. Mais nous le voyons réapparaître sous une autre forme. Sachant qu'il y avait un risque mortel, comment ces travailleurs ont-ils été forcés à entrer dans la zone à risque ? Leur a-t-on promis une prime pour retourner travailler ?

The rescue work  has been difficult

L'armée et des bénévoles travaillent ensemble pour tirer les victimes des décombres.Photo de Firoz Ahmed. Copyright Demotix (24/4/2013)

La plus grande part des bénéfices à l'exportation du Bangladesh proviennent de l'industrie textile du prêt à porter. Tamanna Sultana écrit sur Facebook :

আমি লজ্জিত! একটা দেশের অর্থনীতির মূল চালিকাশক্তি যারা, তারা শয়ে শয়ে মরে গেলেও তেমন কিছু যায় আসে না। এই ঘটনা বার বার ঘটতে থাকে। বড় বড় ব্যক্তিগুলো সুখে শান্তিতে বসবাস করতে পারলেই হলো…

Quelle honte ! Ceux qui sont la colonne vertébrale de l'économie du pays meurent par milliers, et personne ne s'en inquiète. La situation se répète sans fin. On a l'impression que l'on ne se préoccupe que du bien-être des riches et des puissants.

Les propriétaires des usines ou les responsables sont rarement poursuivis pour des erreurs qui mènent à d'énormes catastrophes. Apurbo Shohag exprime sa colère sur Facebook :

এই দেশে মৃত্যু কোনো ব্যাপার না। এই দেশে সবচে’ সস্তা জিনিস হলো মানুষের প্রাণ! শুধু আজকে সাভারেই নয়, এর আগেও যখন গার্মেন্টস কারখানাগুলোতে অসংখ্য প্রাণ শেষ হয়েছে বা ভবন ধসে মানুষ মরেছে আমরা তখন শুধুই শুনে গেছি মালিকদের শাস্তি হবে। শাস্তি হয় কি না সেটা আর জানা হয় না। তবে একের পর এক সাভারের মতো ঘটনা ঘটছেই। দীর্ঘ থেকে দীর্ঘ হয় লাশের লাইন।

Dans ce pays, il est facile de mourir. Car ce qui coûte le moins cher c'est la vie humaine. Sans parler de la catastrophe d'aujourd'hui à Savar, dans toutes les catastrophes qui ont touché des usines, on a entendu dire que les responsables – dont les propriétaires – , seraient assignés en justice. Mais ils ne sont jamais punis. Et les catastrophes ne cessent de se répéter. Les corps s'empilent, de plus en plus nombreux.

ধ্বংসস্কুপের ভেতরে চাপা পড়ে আছে এখনও অনেকে। ছবি ফিরোজ আহমেদের। সর্বস্বত্ব ডেমোটিক্স (২৪/৪/২০১৩)

De nombreuses personnes se trouvent encore sous les décombres de béton. Photo de Firoz Ahmed. Copyright Demotix (24/4/2013)

Le Gouvernement a déclaré un jour de deuil national [bn-bengali] suite à ces pertes tragiques. Il y a eu des appels sur Facebook pour une collecte de sang, et de nombreuses personnes se sont précipitées pour donner leur sang, à Savar et ailleurs.

Blood donation in Shahbag Square for the injured people of Savar building collapse. Image courtesy Shahbag Movement Facebook page

Collecte de sang sur la place Shahbag pour les blessés de l'immeuble de Savar. Photo reproduite avec l'autorisation, tirée de la page Facebook Shahbag Movement

Des appels ont été envoyées sur Twitter :

@ShahbagInfo: on a besoin de sang rhésus négatif à #Shahbag ; 700 poches de sang (#blood) ont été collectées, 500 ont été envoyées à la Faculté de Médecine de Dhaka et à la Faculté de Médecine d'Enam. #Savar

Pour contribuer aux opérations de sauvetage, vous pouvez contacter sur Facebook le site des secouristes bénévoles. D'autres photos de la catastrophe se trouvent sur le blog de Bishkhoy.

Commentez

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français
Non merci, je veux accéder au site