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Venezuela : après le chaos post électoral, un début de réconciliation ?

[Sauf mention contraire, les liens renvoient vers des pages en espagnol.]

Entre la confusion et les affrontements [en français] qui se sont installés tant dans les rues que sur internet à la suite de l’ élection [présidentielle] du 14 avril 2013, de nombreux débats se sont également engagés sur les médias citoyens.

Alors que beaucoup de blogueurs discutaient des perspectives envisageables sous le mandat de Nicolás Maduro [le nouveau président, élu avec 1,5 point d'écart sur son challenger], certains ont fait part de leurs interrogations concernant la perte [en français] d'un nombre significatif d'électeurs [déclarés, d'après les sondages, favorables au candidat Maduro, dauphin d'Hugo Charvez, donné largement vainqueur] sur une période de campagne électorale si courte [soit à peine plus d'un mois entre la mort d'Hugo Chavez le 5 mars 2013 et l'élection du 14 avril 2013]. Dans leurs commentaires, les blogueurs évoquent les erreurs et les stratégies à mener, et des mains semblent tendues vers les partisans de l'autre bord afin de permettre d'instaurer un dialogue.

Si ces témoignages ont surtout été diffusés sur le portail vénézuélien Aporrea, qui comprend un espace de soutien au chavisme, ils ont aussi été partagés par des blogueurs et des utilisateurs de Facebook apparentés à l'opposition.

Photographie issue de ClubVenezuela et largement diffusée sur Facebook.

Photo issue de ClubVenezuela et largement diffusée sur Facebook. A gauche : “Elle est chaviste et je l'aime !” A droite : “Il est ‘majunche’ et je l'aime” [‘Majunche’ : terme dépréciatif vénézuélien  équivalent à ‘bon à rien’ et repris massivement par les partisans de Maduro pour désigner leurs adversaires après que leur candidat ait qualifié à plusieurs reprises Capriles de “majunche”.]

La réflexion soumise par Juan Gómez Muñoz, soulignant la nécessité d'établir un dialogue, en est un exemple révélateur :

L'autre sujet posé sur la table est la “réconciliation” et l'heure est sans doute venue de nous réconcilier parce qu'avant toute chose NOUS NE SOMMES PLUS LA MAJORITE, et ce que à quoi je renvoie est la réconciliation avec une grande partie des 7 millions de Vénézueliens et plus qui ont voté pour [Henrique] Capriles. Se réconcilier avec nos compatriotes qui ne sont ni des oligarques (en tout cas pas l'immense majorité d'entre-eux) ni des apatrides. Non seulement nous avons été incapables de promouvoir auprès d'eux notre projet et de susciter leur enthousiasme, mais nous avons même fait fuir de nos propres rangs certains de ceux qui nous suivaient ! […]

Dans le même ordre idée et sur la base d'une analyse de quelques chiffres, Nicmer Evans livre son commentaire, publié aussi sur le portail Aporrea :

Tout ce jeu de chiffres se résume à ceci : des sommes n'ont pas été prises en compte. Auxquelles s'ajoute une campagne électorale remplie d'éléments qui n'ont pas contribué à satisfaire les attentes du capital politique hérité du 7 octobre [2012, élections portant Hugo Chavez à un quatrième mandat présidentiel], en l'absence de contenus clés qui auraient permis de convaincre de nouvelles franges de la société de rejoindre le processus révolutionnaire, mais il y a eu surtout l'abandon des propres foyers du chavisme, en particulier les noyaux fidèles, critiques et engagés…
Entre les élections du 7 octobre 2012 et celles du 14 avril 2013, les partis du processus révolutionnaire ont perdu 615.626 voix, tandis que l'alternative politique antichaviste a gagné près de 711.337 voix en à peine six mois […]

Dans une même posture autocritique, Adriana González (@Adri021) répond quant à elle aux déclarations d'Henrique Capriles, accusant les responsables directs des violences commises contre des militants du chavisme lors des affrontements [du 16 avril 2013] d'être des “agents infiltrés” :

@Adri021: Parler d’ “agents infiltrés” dans les manifestations de l'opposition, c'est dire une grosse généralité. Il y a certes des radicaux dans leurs rangs, mais quand même bien peu…

Héctor Palacios a aussi diffusé sur son compte Facebook une réponse aux nombreux appels lancés par les Vénézueliens de l'étranger afin de recueillir des signatures pour une pétition réclamant un recomptage des voix depuis un site web hébergé par la Maison Blanche [aux Etats-Unis] :

Je ne vais sûrement pas signer une pétition pour recompter les voix sur un site hébergé par la Maison Blanche. Un peu de bon sens avec l'autre moitié du pays s.v.p.

Suivant la même démarche, Héctor Palacios a publié sur son blog un billet [du 3 octobre 2007 et mis à jour en avril 2013] intitulé “10 conseils pour débattre” dont le second point a retenu notre attention :

2. Écouter. Bien que cela semble aller de soi, ce n'est pas si facile. Car il ne s'agit pas d'écouter pour attaquer en retour plus facilement, mais d'écouter parce qu'il se peut bien que l'on ait tort sur tel ou tel sujet. Le plus difficile est d'écouter vraiment l'autre, entre les lignes, et s'il le faut entre les cris. Il s'agit d'écouter pour nouer un lien, s'enquérir de l'état d'autrui et de ses raisons propres de se sentir ainsi. Cela se révèle d'autant plus important si nous sommes rivaux sur l'un de ces champs de bataille quotidiens. Si l'un ne prête pas vraiment l'oreille, il se voit alors condamné à ne rien apprendre et ne rien changer en lui-même..

Du côté du chavisme encore une fois, une vidéo a été mise en ligne sur le compte YouTube Rio Agua de Vida dans laquelle un partisan d'Hugo Chavez demande à Nicolás Maduro un recomptage des voix afin de reconsidérer sincèrement les résultats ou pour confirmer l'actuelle majorité issue de l'élection. Largement partagée et promue sur les réseaux sociaux, cette vidéo s'appuie sur la véracité d'un témoignage, comme l'attestent les informations personnelles fournies à la fin.

Enfin, sur le portail ProDavinci, Luis García Mora revient sur l'urgence de la situation socio-économique, relevant selon lui de l'héritage des années Chavez, mais qui s'impose comme un dénominateur commun inéluctable à tous les Vénézueliens :

Nous sommes tous plongés dans l'héritage de Chavez : une bombe d'ingouvernabilité, une bombe économique et une bombe sociale. Il n'y a plus de temps à perdre.

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