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Lacrymogènes et canons à eaux pour la manifestation du 1er mai à Istanbul

[Sauf mention contraire, les liens renvoient vers des pages en anglais] Istanbul a été sous un voile de gaz lacrymogènes lorsque les manifestants ont convergé, par défi, sur la très symbolique place Taksim, où ont lieu chaque année les manifestations de la Fête du Travail [fr]. Les autorités y avaient interdit cette année tous les événements, au motif que la place est en travaux.

Les affrontements entre manifestants et policiers ont transformé la métropole de 15 millions d'habitants en champ de bataille, causant des dégâts matériels et, semble-t-il, des dizaines de blessés. Pour maîtriser l'afflux des manifestants, quatre avions remplis de policiers transférés [turc] d'autres villes sont venus en renfort.

Parmi les blessés, quatre journalistes et un lycéen souffrant de traumatisme crânien [turc] qui est à l'hôpital dans un état critique. Des hommes politiques d'opposition victimes des gaz et des brutalités policières ont également hospitalisés [turc].

Istanbul demostrators under teargas on Labor Day celebrations

Manifestants d'Istanbul sous les gaz lacrymogènes pendant la Fête du Travail. Photo Burak Kara. Utilisée avec permission.

La place Taksim, lieu habituel des manifestations du 1er mai à Istanbul, est en chantier depuis des mois, afin de soulager les embouteillages qui l'entourent. Les syndicats qui tenaient à célébrer la Fête du Travail sur la place Taksim, négociaient avec la municipalité pour trouver des alternatives, mais les pourparlers ont échoué le 30 avril 2013. L'administration municipale a aussitôt émis un ordre de suppression de tous les transports publics entre les rives asiatique et européenne conduisant à la place Taksim. Dans la foulée, lors d'une conférence de presse, le gouverneur d'Istanbul Huseyin Avi Mutlu y a interdit toutes les manifestations le 1er mai.

La journaliste Ayla Jean Yackley (@aylajean) éclaire l'importance politique de la place Taksim tant pour le pouvoir que pour les autres mouvements :

@aylajean: Le projet Taksim [est] vu comme le projet chouchou du Premier Ministre Erdogan. La place a une immense signification politique, culturelle pour de nombreuses factions en Turquie

L'absence de transports publics dans une ville de 15 millions d'habitants a mis la vie abruptement à l'arrêt le 1er mai. Les syndicats, les associations et les partis politiques d'opposition ne l'ont pas entendu de cette oreille. Des milliers de personnes ont convergé vers les quartiers de Besiktas, Sisli et Mecidiyekoy, encerclant Taksim de tous côtés, et se déplaçant par leurs propres moyens, privés ou collectifs. Au lever du soleil, la bataille a d'abord commencé à Besiktas :

Labor Day rally teargassed in Istanbul, May 1, 2013. Photo tweeted by Deniz Atam, used by permission

Rassemblement de la Fête du Travail sous les gaz lacrymogènes à Besiktas, Istanbul, le 1er mai 2013. Photo tweetée par Deniz Atam. Utilisée avec permission

@aslitunc: İstanbul est sous siège policier aujourd'hui, Transports publics interdits, rues barrées, gaz poivré utilisé abondamment, la police charge les manifestants.

Autre moyen d'empêcher les travailleurs d'atteindre leur destination : relever le pont entre la péninsule historique et le centre et Taksim :

Galata Bridge raised to stop protesting workers. Photo by Dilek Zaptçıoğlu on Twitter, used by permission

Le pont de Galata levé pour stopper les manifestants ouvriers. Photo Dilek Zaptçıoğlu sur Twitter, utiiisée avec permission

Tandis que différents groupes tentaient de défiler vers Taksim, la police par escouades petites et grandes attaquait les manifestants sur les artères principales et les petites rues, aux canons à eau et grenades lacrymogènes. En deux heures, le côté européen de la ville était devenu un champ de bataille. Ambulances et touristes auraient été visés par les tirs de lacrymogènes des policiers :

@oemoral: Les Twittos rapportant depuis les rues latérales de #Besiktas tweetent que c'est comme un champ de bataille. Pagaille dans les magasins, chez les gens, à cause des gaz et des canons à eau #MayDay #Istanbul

@ErdiErge: police à Besiktas lance des grenades de gaz sur le ambulances plusieurs blessés à #istanbul #laborday #Turkey

@CeylanWrites: Même les touristes se font tirer des lacrymogènes dessus ! rapporté par Radikal #istanbul #1mayis

@Ziya Meral: Le meilleur tweet sarcastique à émerger d'Istanbul pour l'instant aujourd'hui : “Hier on avait le Festival de Jazz, aujourd'hui c'est le Festival de Gaz”

Même des médias généraux ont déploré la brutalité policière. Mais en général, la presse a été très réticente à parler des honteux événements de la journée. Les organes d'information proches du gouvernement ont utilisé une photo [turc] d'un manifestant lançant un cocktail molotov pour étayer la thèse officielle que les manifestants de la Fête du Travail étaient des “radicaux.”

Certains sur Twitter ont comparé la tactique du Premier Ministre turc Erdogan à celle des ex-dictateurs du Moyen-Orient :

@erdierge: La violence policière à #istanbul est pire que le #ArabSpring [printemps arabe] la police de Moubarak valait mieux que celle d'Erdogan en #turjey #laborday #1mayis

Les grenades lacrymogènes ont aussi endommagé la propriété privée :

Damage caused by teargas canisters to homes. Photo tweeted by @farkindayimm, used by permission.

Dégâts causés à des habitations par les grenades lacrymogènes. Photo tweetée par @farkindayimm, utilisée avec permission.

Les manifestants se sont finalement dispersés après que le dirigeant de la Confédération syndicale eut négocié un armistice avec la police.

Protesters teargassed in Besiktas. Photo tweeted by @13melek, used by permission

Manifestants sous les gaz lacrymogènes à Besiktas. Photo tweetée par @13melek, utilisée avec permission

La confédération syndicale internationale n'a pas tardé à condamner la brutalité policière à Istanbul.

Après une journée de violences et de horions, et de commentaires irresponsables et parfois tout à fait scandaleux de responsables publics [turc] comme de journalistes [turc], tout le monde s'en est retourné chez soi, regarder une série télé turque et vaquer à ses occupations habituelles.

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