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Pérou : le film ¡Asu Mare! bat tous les records d'entrées au cinéma

[Tous les liens renvoient vers des pages en espagnol.]

Le film péruvien “¡Asu Mare!” est sur le point de battre un record d'audience. A l'affiche depuis moins de trois semaines, le film a déjà été vu par plus de deux millions de spectateurs, ce qui représente un record historique pour les salles du pays.

Sorti en salle le jeudi 11 avril 2013 dans les cinémas péruviens, ce film de 95 minutes s'appuie sur le spectacle [comique] du célèbre acteur et comédien péruvien Carlos Alcántara, l'homme qui fait le succès du film. Sur les écrans, Alcántara rend hommage à sa mère qui a élevé seule ses enfants dans un quartier populaire de Lima et raconte comment celle-ci a réussi à se sortir de situations difficiles, vues par l'oeil un peu espiègle d'Alcántara. Car si cette mère singulière se sacrifie et se consacre entièrement à ses enfants, elle a une façon bien à elle de les élever.

Carlos Alcántara à l'avant-première de "Asu Mare". Photo issue de Wikimedia Commons, sous licence Creative Commons CC BY-SA 3.0.

Carlos Alcántara à l'avant-première de “Asu Mare”. Photo issue de Wikimedia Commons, sous licence Creative Commons CC BY-SA 3.0.

Si “¡Asu Mare!” est une expression facilement comprise par n'importe quel Péruvien, elle exige une certaine explication pour les étrangers. “¡Asu Mare!” est la forme abrégée de “¡para su madre!” [littéralement “pour sa mère”, expression familière signalant l'étonnement, équivalent approximativement en français à “Oh, la vache !”], utilisée ici pour rendre compte de l'admiration. Il ne s'agit pas de la comprendre dans un sens péjoratif ou désobligeant.

Lors des trois semaines de projection dans les salles péruviennes, le film a reçu autant d'éloges que de critiques.

Le blogueur Pachini, du blog The Markethink, nous fait partager son expérience de spectateur de “¡Asu Mare!” :

[…] Alors que j'attendais dans la file, je me demandais à quand pouvait bien remonter la dernière fois que j'avais déboursé 19 soles [5,5 euros] pour un ticket de cinéma pour voir un film péruvien. Ça ne m'était jamais arrivé. Goguenard, j'entrais ainsi dans le cinéma, sans pouvoir étouffer mes envies de rire.
[…]
Lorsque je me suis assis dans la salle d'une contenance de 450 places, j'ai cru qu'elle ne se remplirait tout au plus qu'à la moitié.
Et bien au contraire, une cohue s'y est engouffrée et l'a aussitôt remplie. Le film comporte en lui-même tous les ingrédients du succès, dans la mesure où son histoire peut être celle tout Péruvien entreprenant. L'action du film est en plus parfaitement située dans les années 1980 avec une réalisation et une direction artistique parmi les meilleures qui m'ont été données de voir au Pérou.

Le blogueur ajoute une recommendation [à l'adresse des cinéastes] :

La salle n'arrêtait pas de rire. Chers scénaristes et réalisateurs, si vous voulez tourner un film à grand succès, le parfait ingrédient est l'humour. Si vous voulez gagner un Oscar ou une récompense à l'étranger, il vous faudra réaliser plusieurs films (sans disposer de budget conséquent) avant de taper dans le mille. Comprenez bien que nous en avons marre de voir de l'alcool, du sexe, des drogues et du sang ; nous voyons tout ça du lundi au vendredi dans le journal télévisé, matin, midi et soir. L'acte de se rendre au cinéma est fait pour se détendre. Le film [¡Asu Mare!] est court, mais comprend des tensions et des résolutions qui s'articulent bien et nous apprennent beaucoup. Le public en est sorti en riant et en commentant ainsi, ce que je confirme à mon tour : UNE REUSSITE..

Le blog MarcaFreak [Les bizarreries des marques], spécialisé dans les marques commerciales, a relevé cinq anomalies [anachronismes, incohérences de l'intrigue] dans ce film à succès et conclut son billet en précisant :

Il convient de mentionner qu'aucun des détails mentionnés plus haut ne portent ombrage au succès du film et aux résultats obtenus dans les cinémas péruviens. Mais comme notre blog s'appelle MarcaFreak, nous nous ne pouvions cependant pas les laisser de côté.

Quant au blog Sumidero, il livre une analyse approfondie du caractère péruvien ou péruvianité [peruanidad] et de sa mise en évidence tout au long du film :

En l'occurence, ce que j'entends par péruvianité [peruanidad] consiste dans le fait de se sentir vraiment péruvien. […] Quoi qu'il en soit, ce qui est important ici est la péruvianité, du moins telle que je l'entends, c'est-à-dire que l'histoire actuelle est aussi l'histoire de toute une vie, celle d'un Péruvien d'aujourd'hui et du millénaire dernier. Je parle de “¡Asu Mare!” et du plaisir éprouvé à voir un film péruvien au cinéma. Il s'agit en plus du premier film péruvien auquel j'assiste dans une salle de cinéma.

En revanche, le site Cero Contenido consacre une sévère critique au film :

L'histoire passe de l'enfant Machín [personnage interprété par Alcántara] à Machín cherchant des filles à Machín fumant de la coca sur une table de billard à Machín effectuant son service militaire. Aucune de ces scènes n'a de rapport avec les autres et le développement de l'intrigue est affreusement arbitraire. La seule motivation réelle plus ou moins présente dans le film est la velléité de Machín de devenir acteur, à quoi il parvient au bout du compte (mais de manière totalement spontanée, sans fournir d'explication ni consacrer d'effort particulier). Il entre juste dans une école de clowns et apparaît, la scène suivante, à la télévision. Voilà, tout rentre dans l'ordre.

Bref, que les opininions soient favorables ou non, on peut en tout cas affirmer que le film ¡Asu Mare! est devenu un film à grand succès dans un pays où la piraterie est pour ainsi dire la norme.

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