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Bangladesh : Tragédie de Savar et récits d'héroïsme ordinaire

(billet d'origine publié le 1er mai 2013) Tous les liens renvoient à des pages en anglais, sauf mention contraire.

Le 24 avril, un immeuble de neuf étages s'est effondré à Savar, dans la banlieue de Dacca, la capitale du Bangladesh, où des milliers d'employés ont été piégés ou écrasés (voir l’article de Global Voices (fr)). Des opérations de secours longues et difficiles ont suivi et plus de 2834 employés avaient été sauvés des décombres le 2 mai. Le nombre de décès s'élevait à 397 morts le mercredi 1e mai 2013 (NdT: une semaine plus tard, il dépasse les 900) et des milliers de blessés avaient été hospitalisés. Les autorités ont déclaré que 149 personnes manquaient toujours lors de la plus grande tragédie industrielle qu'ait connu le pays.

Plus d'un millier de sauveteurs provenant de l'armée, mais aussi des pompiers et des policiers, a été déployé. La décision des autorités de rejeter les propositions d'aide internationale des autres pays pour des secours avec des moyens modernes et des experts a été critiquée. Cependant, elles se disent confiantes de pouvoir gérer rapidement la crise par elles-mêmes.

Volunteers inside the collapsed building trying to rescue trapped workers. Image by Rehman Asad. Copyright Demotix (24/4/2013)

Des volontaires essayant de sauver des employés piégés à l'intérieur du bâtiment effondré.Photo Rehman Asad. Copyright Demotix (24/4/2013)

Un élan extraordinaire est apparu dans cette situation. Les personnes ordinaires se sont portées volontaires pour sauver les victimes à côté des professionnels. Lorsque les sauveteurs des forces armées n'osent pas, ces personnes-là ont été plus courageuses encore. Cet article s'intéresse à quelques-unes des histoires de ces individus courageux.

Certains étaient des étudiants, certains des vendeurs de rue, certains des maçons, d'autres des journaliers ou des femmes au foyer. C'étaient des personnes ordinaires. Elles n'ont jamais eu d'entraînement, n'ont jamais participé à un exercice, elles ont encore moins été équipées avec des outils de premiers secours. Mais elles ont pris des dispositions courageuses – elles sont entrées à l'intérieur des décombres pour en sortir des milliers de blessés et des centaines d'ouvriers du textile décédés.

Le blogueur Arif R Hossain s'est impliqué dans les efforts de sauvetage dès le début. Il a vu la participation de chacun de très près. Il a écrit sur facebook au sujet d'une simple femme au foyer, qui a participé aux efforts de sauvetage avec un ustensile de cuisine immédiatement après l'effondrement.

সর্বপ্রথম এগিয়ে এসেছিলেন লিটনের মা, খুন্তি নিয়ে…এমনভাবে দৌড়ে এসেছিলো যে পারলে তিনি তার হাতের খুন্তিটা দিয়েই সব ধসে পড়া ছাদগুলোকে আল্গি দিবে। কালকে ওখানে আমি দাঁড়িয়ে হঠাত্ শুনলাম, দমকলের এক কর্মীকে বলতে, “কেউ একটা ডাইলের চামচ দেন আমাকে… নিচে একজনকে দেখা যাচ্ছে… ওকে পানি খাওয়াতে হবে।”

La mère de Liton est arrivée la toute première, avec un khunti (une spatule de métal utilisée en cuisine pour retourner des aliments frits)… elle a accouru comme si elle allait déblayer tous les décombres avec son khunti. Hier, je me tenais à proximité d'elle lorsque je l'ai entendue dire à un pompier “Est-ce que quelqu'un peut me fournir une louche à daal (soupe de lentilles)?… On peut voir quelqu'un en dessous… Il faut lui faire boire de l'eau.”

A female worker is being pulled out by civilian volunteers and  members of armed forces. Image by Rehman Asad. Copyright Demotix (26/4/2013)

Une ouvrière est soulevée par des volontaires civils et des membres de forces armées. Photo Rehman Asad. Copyright Demotix (26/4/2013)

De nombreuses personnes sont venues de tout le pays pour se porter volontaires aux opérations de sauvetage. Le blogueur Arif Jebtik a partagé sur Facebook un récit personnel concernant deux personnes qui ont fait du stop avec lui jusqu'à Savar :

দুইজনের হাতে বড় দুই ঝোলা। এতরাতে এসব দেখে সন্দেহ হলো গাড়িতে বসা একজনের। সে সোজাসাপ্টা লোক। সোজা বলে বসলো, ‘ঝোলা দেখান, দেখি ঝোলাতে কী ঝনাত্ ঝনাত শব্দ করে। মাঝরাতে গাড়িতে তুলবো আর গলা কাইটা ফালায়া যাবেন, তা হবে না।’ ঝোলা পরীক্ষা করে দেখা গেল সেখানে ছেনি-বাটাল আরো কী কী দেশি যন্ত্রপাতি!
জানা গেল এরা পেশায় রাজমিস্ত্রি, তবে মূল কাজ পুরোনো ভবন ভেঙ্গে বিক্রি করা দলে শ্রম দেয়া। কাজ করছিলেন ভৈরবে, কিন্তু সাভারের খবর পেয়ে মন মানেনি, নিজেদের কাজ শেষ করে রওনা দিতে অনেক রাতই হয়েছিল, অন্যরুটের বাস ধরে আপাতত গাজীপুরের এই জংশনে নেমে পড়েছেন। সাভারের জন্য কোনো গণপরিবহনের অপেক্ষা করছেন। সাভারের এই কারখানাগুলোতে তাদের কেউ কাজ করে না, কিন্তু তারা এসেছেন বিবেকের দায়ে।
এদের মধ্যে প্রৌঢ়জন দাঁতমুখ শক্ত করে বললেন, ‘২১ বছর বিল্ডিং ভাঙ্গার কাম করি। এই বিপদে আমি না থাকলে কে থাকব কন?’

Tous les deux avaient de gros sacs dans les bras. L'un des passagers de la voiture est devenu méfiant en voyant ceci tard dans la nuit. C'est une personne franche. Il a donc demandé franchement “Montrez-nous ce que vous avez dans le sac. Il y a des bruits métalliques qui proviennent de vos sacs. On ne veut pas prendre d'inconnus dans notre voiture en plein milieu de la nuit qui nous égorgeraient.” En examinant leurs sacs, ils y ont trouvé différents outils de maçonnerie.

On a alors appris qu'ils étaient des maçons de briques, spécialisés dans la destruction de bâtiments et de vente de débris. Ils travaillent tous les deux à Bhairab, mais après avoir reçu la nouvelle de Savar, ils n'ont pas su patienter et à la fin de leur travail, le temps de se préparer et de se mettre en route, il était déjà tard dans la nuit. Ils ont pris un bus jusqu'à Gazipur avant d'arriver là. Depuis, ils attendaient de trouver un moyen de transport jusqu'à Savar. Ils n'avaient aucun parent employé dans les fabriques effondrées mais ils sont arrivés uniquement par sympathie.

Le plus âgé d'entre eux dit fermement, “Je démolis des bâtiments depuis 21 ans. Si je ne suis pas présent dans cette tragédie, qui le sera?”

The crumbled roof of the factory. Many workers trapped in pockets inside. Image by Firoz Ahmed. Copyright Demotix (26/4/2013)

Les toits effondrés du bâtiment de neuf étages. De nombreux employés sont piégés à l'intérieur. Photo Firoz Ahmed. Copyright Demotix (26/4/2013)

Mohapurush Shoeb a partagé sur Facebook la photo d'un sauveteur nommé Babu. A lui seul, il a sauvé 30 personnes des décombres. Risquant sa vie, il est entré dans les gravats du bâtiment. Il a partagé son expérience :

ইটের স্তুপ সরিয়ে ৮ তলা থেকে একেবারে ৬ তলা পর্যন্ত নেমে আসি। সঙ্গে আরো দুজন ছিল। সেখানে ৫০ থেকে ৬০ জনের লাশ দেখতে পেলাম। লাশের স্তুপের মধ্যে থেকেই একজন হাত ধরে বললো, আমাকে বাঁচান। টেনে তাকে বাইরে বের করে নিয়ে আসি।

J'ai déplacé les gravats de briques et ainsi, je suis descendu du 8e étage au 6e. J'y ai aperçu 50 à 60 corps. Au milieu des cadavres, une personne a attrapé mon bras et m'a dit “Sauvez-moi”. Je l'ai tirée et sortie des décombres.

Babu est tombé malade au bout de quelques heures de travail. Après une pause, il est reparti rejoindre l'équipe de sauveteurs.

Le Centre Hospitalier Universitaire Enam à Savar a créé un exemple unique de soins médicaux (gratuits) pour autant de blessés admis immédiatement après l'effondrement. Maruf Raihan Khan, un étudiant de 3e année du centre hospitalier universitaire, était alors présent et a partagé son expérience sur la page Facebook ‘Doctors Cafe’ :

[…] অ্যাম্বুলেন্স করে এতো মানুষ আসছে কেন? কয়েকজনকে জিজ্ঞেস করতেই জানা গেল। কি অবস্থা একেকজন রোগীর! তাকানো যায় না! চোখে জল টলমল করা শুরু করলো।
এক অ্যাম্বুলেন্স থেকে রোগী নামাতে না নামাতেই চলে আসে আরেকটা। যারা উপস্থিত সকলে যেন দিশেহারা। এতো ট্রলি, এতো হুইল চেয়ার আন-নেয়ার লোক কোথায়? কর্মচারীদের সাথে হাত লাগালো এখানেও ছাত্ররা, আশেপাশের মানুষরাও।

[…] Pourquoi y a-t-il autant de personnes qui arrivent en ambulance ? ai-je demandé à plusieurs personnes et j'ai appris la nouvelle. Dans quel état étaient les blessés ! On pouvait à peine les regarder que les yeux devenaient tout de suite humides.

Avant même qu'un blessé descende d'une ambulance, un autre arrivait. Toutes les personnes présentes étaient désespérées. Où trouver autant de lits et de fauteuils roulants pour toutes les personnes ? Les internes sont venus prêter main forte au personnel hospitalier, ainsi que des personnes ordinaires.

Il a écrit à propos des dons de sang de la part de la population :

তখন রক্ত দরকার, প্রচুর, প্রচুর। একটা টেবিল আর টুল নিয়ে বাইরে বসা হয়েছে। যারা রক্ত দেবে তাদের তালিকা করা হচ্ছে। লিখে কূল পাচ্ছি না। পাশে থাকা আরো দুই লোক আমার সাথে লিখতে থাকলেন। শত শত মানুষ রক্ত দিতে চলে এসেছেন, শুধু সাভার থেকে নয়; বহু দূর-দূরান্ত থেকে। কার আগে কে রক্ত দেবেন, এই নিয়ে প্রতিযোগিতা।

Nous avions besoin de sang. De beaucoup, beaucoup de sang. On s'est installé à l'extérieur avec un tabouret et une table. On a préparé la liste des donneurs de sang. Je n'arrivais pas à me calmer en écrivant. Deux personnes se trouvaient avec moi pour préparer la liste des donneurs. Des centaines de personnes sont arrivées donner leur sang, et pas seulement de Savar mais aussi de régions très éloignées. Les gens rivalisaient pour donner leur sang en premier.

Every day there  new missing people information being added to this wall.

Tous les jours, de nouvelles informations sur des personnes disparues sont ajoutées à ce mur. Photo Shuvra Kanti Das. Copyright Demotix (30/4/2013)

De nombreuses personnes ont donné leur sang à Shahbag Gonojagoron Moncho. D'autres contributions étaient faites sous forme d'eau, d'eau saline et de médicaments pour les victimes blessées. Un pauvre homme a amené une seule bouteille d'eau, un paquet de biscuits et un sachet d'eau saline, mais au moins il se devait d'agir pour les blessés. Certains ont même proposé des appels gratuits aux personnes qui cherchaient des disparus.

Parvez Alam a écrit sur Facebook sur cette incroyable réaction de la population civile :

রাষ্ট্র যেমনি হউক আমাদের সমাজ পিছিয়ে নাই। এর প্রমাণ গতকালই হয়েছে যখন জনতা নিজ উদ্যোগে লাইন দিয়ে রক্ত দিয়েছে, ঝুঁকি নিয়ে উদ্ধার কাজে নেমে পড়েছে, নিজেরাই যে কয়জনকে সম্ভব বাঁচিয়েছে।

Peu importe comment se fait la gestion publique, notre peuple n'est pas resté en arrière. Pour preuve lorsque la population a elle-même pris l'initiative de faire la queue pour donner son sang, prendre des risques dans les opérations de sauvetage et avoir ainsi sauvé de nombreuses vies.

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