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Yémen: Frappe d'un drone américain sur Dhamar

Tous les liens de cet article, sauf mention contraire, renvoient vers des pages en anglais.

Après trois mois d'arrêt des frappes aériennes américaines sur le Yémen, un drone a abattu cinq membres présumés d'Al-Qaïda, le 18 avril 2013. Selon le TBIJ (The Bureau of Investigative Journalism, agence du journalisme d'investigation), la dernière opération américaine du genre au Yémen avait eu lieu le 23 janvier, tuant sept activistes supposés. Deux jours auparavant, le 21 janvier, date de l'investiture du président Obama, trois frappes de drones américains ont touché le pays, provoquant la mort de quatre membres présumés d'Al-Qaïda.

Le 18 avril au soir, le journaliste et militant yéménite Farae Al-Muslimi, originaire du village de Wessab, dans la région de Dhamar, annonçait sur Twitter, la nouvelle de la reprise des frappes :

@almuslimi: An hourish ago while I was enjoying a friendly dinner with my American friends ( some r officials ) , US strike drone targeted my villag …

Il y a environ une heure, on mangeait tranquillement avec des amis américains (dont des officiels), quand un drone américain a pris mon village pour cible…

‏@almuslimi: I was so happy the last three months that US Strike drones were stopped in #Yemen. Didn't know they will relaunch to my village.!

J'étais si heureux ces trois derniers mois de l'arrêt des interventions des drones américains au #Yémen. Je n'imaginais pas qu'elles allaient reprendre sur mon village !

Selon l'agence de presse publique Saba, cette attaque a pris pour cible Hamid Radman Al-Manea, connu sous le nom d'Al-Radmi, et quatre de ses gardes, alors qu'ils rentraient chez lui. Ex-membre de la garde républicaine, une force armée d'élite anciennement dirigée par le fils aîné d'Ali Abdallah Saleh, l'ancien président du Yémen, il était également soupçonné d'entretenir des liens avec Al-Qaïda.

Al-Muslimi a rajouté :

@almuslimi: Al-radmi was away from wessab for years. last year he came back and became social figure known for solving social problems btwn ppl. #Drone

Al-Radmi n'habitait plus à Wessab depuis des années. Revenu l'an dernier, il était devenu un acteur local majeur, connu pour résoudre les problèmes entre habitants. #Drone

@almuslimi: Al-radmi was in continues contact with government officials, he prayed Maghrib wth th Gen secretary of the Local council tonight 1/2 #Drone

Al-Radmi fréquentait beaucoup les agents publics : il venait de faire la prière du soir avec le secrétaire général de l'assemblée locale 1/2 #Drone

@almuslimi: the car of th local council gen secretary was exactly behind Al-radmi's car as thy both were coming from place thy solved problem in. #Drone

La voiture du secrétaire général de l'assemblée locale se trouvait juste derrière celle d'Al-Radmi car ils revenaient ensemble d'un endroit où ils étaient allés résoudre un problème. #Drone

De nombreux Yéménites se sont demandé pourquoi les “membres présumés” d'organisations terroristes sont toujours tués par des drones américains : puisque l'on savait où se trouvaient les suspects, pourquoi les forces de police yéménites ne les ont pas plutôt capturés pour être ensuite interrogés et faire l'objet d'un procès s'ils étaient coupables ? Pourquoi Obama a-t-il une “liste de personnes à abattre” plutôt qu'une “liste de personnes à arrêter et interroger”? Quelle raison peut bien justifier leur exécution extrajudiciaire ? Les prétendus suspects complotaient-ils réellement contre les États-Unis ou avaient-ils des ennemis au Yémen ou en Arabie Saoudite qui souhaitaient leur mort ?

C'est ce qu'Al-Muslimi a suggéré dans certains de ses tweets :

@almuslimi: There was nothing easier than arresting Al-radmi if he is wanted. He was ACTUALLY with governmental official at the moment he was droned.!

Il n'y avait rien de plus facile qu'arrêter Al-Radmi s'il était recherché. En fait, il était avec des responsables publics au moment où il a été bombardé !

@almuslimi: 3- Al-radmi was in a continues meetings with local council leadership and attended their meetings to solve problems and raise peoples needs

3- Al-Radmi passait son temps à rencontrer les dirigeants locaux et participait à leurs réunions pour résoudre les problèmes des gens et parler de leurs besoins

‏@almuslimi:5- No one ever [knew} even the security leaders, th governor, or anyone he was in the killing list.! a security source jst told me in the phone:1/2

5- Personne, ni même les chefs de la sécurité ou le gouverneur, n'a jamais su qu'il était sur la liste des personnes à tuer ! Une source des renseignements m'a dit au téléphone : 1/2

@almuslimi: ” i wld have arrested him myself wn i jst saw him less than a week ago or even sent my weakest soldier to do so”. 2/2 #Yemen #Drones

“j'aurais pu l'arrêter moi-même quand on s'est vus il y a moins d'une semaine, ou même envoyer le plus faible de mes soldats pour le faire”. 2/2 #Yemen #Drones

Al-Muslimi, comme beaucoup de Yéménites qui sont déjà allés aux États-Unis ou qui y ont étudié a été bouleversé en apprenant que son pays était la cible de nouvelles frappes américaines, et cette fois, dans son paisible village. Il a déclaré sur Tweeter :

@almuslimi
Wessab, my village, is no doubt th most peaceful ppls and one of th poorest areas in Yemen. congrats, u jst made violence attractive to them

Wessab, mon village, a sans nul doute les habitants les plus paisibles mais aussi parmi les plus pauvres du Yémen. Bravo, vous venez de leur donner des envies de violence

@almuslimi: #USA taught me English 1 day & took my life frm super miserable 2 very promising. 2day, it droned my village. The most divided feeling ever

les #USA m'ont appris l'anglais un jour et ont apporté des perspectives engageantes à ma vie auparavant misérable. Aujourd'hui, ils ont attaqué mon village. Que de sentiments opposés !

‏@almuslimi: I never thought perhaps at the moment i was cheering the glass with my close american buddy in Sana'a, his govt was droning my village.!

Je n'aurais jamais pensé qu'au moment même où je trinquais avec mon cher ami américain à Sana'a, son gouvernement était en train d'envoyer un drone sur mon village !

A protester in the US holding a sign condemning President Obama's policies, including the use of predator drones.

Un manifestant aux USA avec une pancarte condamnant la politique du président Obama, notamment l'utilisation des drones Predator.

La politique anti-terroriste américaine actuelle, qui s'appuie sur des frappes de drones, inadaptée, a fait l'objet de nombreuses critiques et manifestations de grande ampleur aux États-Unis début avril.  Au Yémen, il est certain qu'elle suscite une animosité accrue envers le gouvernement américain, y compris parmi les jeunes qui y ont étudié, comme Al-Muslimi, lequel a écrit un article percutant à ce sujet.

This policy, instituted by President Barack Obama, has allegedly resulted in the deaths of hundreds of innocent Yemenis, and unfortunately it does not differentiate among militants, ordinary Yemenis and US radio reporters.
Since the policy took effect, AQAP has been successful as never before. Those who have lost relatives to drone fire make up a whole new generation of AQAP recruits.
The drones have made it difficult, shameful and even dangerous to say “America can be befriended”, or “America is not an enemy”.

Cette politique, instituée par le président Barack Obama, serait à l'origine de la mort de centaines de Yéménites innocents, et elle ne sait malheureusement pas distinguer les militants des Yéménites ordinaires ou des radio-correspondants américains.

Depuis que cette politique est appliquée, AQAP [Al-Qaïda dans la péninsule arabique] est plus populaire que jamais. Ceux qui ont perdu des proches tués par des drones forment une toute nouvelle génération de recrues pour AQAP. Avec les drones, il est devenu difficile, honteux voire dangereux de dire “on peut être ami avec l'Amérique” ou “l'Amérique n'est pas notre ennemi”.

Le président du Yémen, Abd Rabu Mansour Hadi, a exprimé son approbation des frappes en septembre dernier, lors d'une visite aux États-Unis.

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