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Turquie : Après les attentats de Reyhanlı, les réfugiés syriens stigmatisés

Le 11 mai, Reyhanlı [anglais, comme les deux liens suivants], une petite ville turque frontalière de la Syrie, a été la cible d’attentats terroristes, les plus meurtriers en 90 ans d'histoire républicaine de la Turquie. Après les deux explosions, les forces de sécurité ont appréhendé neuf personnes. Les déclarations officielles ont indiqué que deux véhicules piégés ont été utilisés et qu'il y a eu 50 tués et au moins 100 blessés. Mais des rumeurs sur les médias sociaux chiffrent le nombre réel des morts à plus de 100.

Sur Twitter, shiny (@Idauk) écrit [turc] :

@Idauk Simdi Antakya'dan arkadasimla konustum.Olu sayisi 100'un uzerinde diyor.Reyhanli'da fiili sokaga cikma yasagi varmis.Hastahaneler perisan.

Je viens de parler à un ami d'Antakya. Il dit que le nombre de tués dépasse 100. Et il y a aussi un couvre-feu. Les hôpitaux sont tous débordés.

Immédiatement après l'attentat, les autorités turques ont édicté un silence des média [anglais] sur les explosions de Reyhanlı, ce qui a fait abondamment réagir les médias sociaux. L'utilisateur de Twitter denizatam (@denizatam) écrit :

@denizatam AKP çareyi buldu, Reyhanlı için yayın yasağı başladı! Ana akım medya yetmedi yerel basını sustur şimdi. http://haber.sol.org.tr/devlet-ve-siyaset/akp-careyi-buldu-reyhanli-icin-yayin-yasagi-basladi-haberi-72848 …

AKP (le parti Justice et Développement) a trouvé la solution ! un black-out des médias a été lancé sur les explosions ! Les médias généraux ne suffisaient pas, c'est au tour des médias locaux d'être réduits au silence.

Les journalistes ont protesté [anglais] contre l'interdiction. Türkmax l'a fait par l'ironie, dans son émission satirique “Heberler”. Le présentateur ouvre l'émission sur les explosions de Reyhanlı. A cause de l'interdiction aux médias d'en parler, il reste muet. Voici la vidéo [turc] :

A picture at bobiler.org on the blast media ban

Illustration sur bobiler.com du black-out des médias sur l'attentat

 

Le site viral turc de graphisme et de design bobiler.org a publié une image relative au black-out. L'utilisateur brewolve a élaboré une image, visible ici, sur la réaction des médias turcs à l'attentat de Reyhanlı, alors que ceux-ci se bornaient à poursuivre leurs programmes ordinaires.

Même si le black-out médiatique a été levé par les tribunaux turcs le 16 mai, une vidéo sur YouTube affirme qu'il a atteint son but. Sur cette vidéo, un journaliste interroge plusieurs personnes dans la rue et leur demande leur avis sur Reyhanlı. Les réponses choquent : une personne seulement avait connaissance de l'attentat, peu savaient où se trouve la ville, et le reste n'avait aucune idée d'où se trouve Reyhanlı, ou de ce qui s'y était passé, bien que la vidéo ait été tournée cinq jours à peine après l'événement. La voici :

On a aussi rapporté [turc] des agressions racistes contre des réfugiés syriens. Avec la guerre civile, réfugiés et révolutionnaires ont fui la Syrie pour Antakya [Antioche, encore appelée Hatay], ville proche de la frontière du côté turc, et sa voisine Reyhanlı. Depuis l'arrivée de ceux-ci [anglais] à Antakya, la tension est forte entre les habitants et les Syriens. L'article raconte :

“Suriyelilerin yaşadığı binalara topluca gidilmiş birçok ev yakılmaya çalışılmış, ele geçirilen kişiler darp edilmişlerdir. Aşırı milliyetçi/ulusalcı eğilimlere sahip partilere mensup fanatiklerinden olduğu söylenen ve her geçen gün sayıları artmakta olan bu gurup, yaşanan gelişmelerden Suriyelileri sorumlu tutmakta, Reyhanlı ilçe merkezinde devriye gezerek sıklıkla yol kesmekte, Suriyeli veya Suriye vatandaşı olduğunu zannettikleri kişileri linç etmeye çalışmaktadırlar”

Plusieurs individus se sont rendus dans les bâtiments habités par les Syriens, et ont rossé ceux qu'ils attrapaient. Comme déjà dit, ce sont des membres de partis ultra-nationalistes et leur nombre grandit, ils accusent les Syriens des explosions et patrouillent le centre de Reyhanli en agressant les Syriens ou ceux qui leurs ressemblent.

Sur les médias sociaux les Turcs ont réagi de diverses façons aux agressions de Syriens à Reyhanli.

Sur Twitter, T.C. Zehra Aydogan (@TurkKizi1919) est en colère contre les Syriens d'Antakya :

 @TurkKizi1919 Turkiye'ye yerlestirilmeye calistiklari Suriyeli Multeci dedikleri terorsitlerdir.

Les soi-disant réfugiés syriens qui disent vouloir s'installer en Turquie sont en réalité des terroristes.

Un autre utilisateur, T.C.Devrim #ATATÜRK (@saadet_karakus), reproche aux autorités d'en faire davantage pour les réfugiés que pour les locaux :

@saadet_karakus Suriyeli multeci icin milyar dolar harcayanlar,Reyhanlı esnafının vergi, sigorta borçlarını 1 yıl erteliyor.Silsene o borcu buyuk devlet!

Les mêmes qui dépensent des milliards de dollars pour les réfugiés syriens, accordent un an de moratoire de dettes aux commerçants de Reyhanli. Effacez donc ces dettes, super-gouvernants !

Sami Pelitli (@SamiPelitli) écrit sur Twitter :

@SamiPelitli Reyhanli'da patlayan bomba yuzunden multecileri suclamak, onlara saldirmak nasil bir vicdansizliktir? Bir de irkci degiliz dersiniz.

Quel acharnement est-ce là, d'accuser les réfugiés des explosions de Reyhanli, et de les agresser ? Et vous dites que vous n'êtes pas racistes.

Le journaliste Hayko Bağdat (@haykobagdat) tweete :

@haykobagdat ÖSO, cemaat, AKP'li filanlı olmaktan değil, tehcirin ne olduğunu bildiğimden Suriyeli mültecilere toz kondurmuyorum ben.

Je défends les réfugiés syriens, parce que je sais ce que c'est que l'émigration, et non parce que je suis fan de l'ASL (l'Armée Syrienne Libre), de l'AKP (le parti Justice et développement), ou d'une confrérie.

Après la mort de dizaines de personnes et des dizaines de bâtiments endommagés [anglais], la vie a repris son cours à Reyhanlı. Sur Twitter, Bünyamin Salmanyan (@bunyms) se souvient de Mustafa Ayaz [turc], tué par les explosions de Reyhanlı :

@bunyms Reyhanlı'daki saldırıda hayatını kaybeden 25 yaşındaki Mustafa Ayaz'ın eşi bugün doğum yapmış, adını Mustafa koymuşlar..

Mustafa Ayaz, 25 ans, a été tué dans l'explosion ; sa femme a donné naissance à son fils aujourd'hui, et on l'a appelé Mustafa…

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