Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

Australie : Tempête sécuritaire autour d'un demandeur d'asile égyptien supposé terroriste

Des accusations de ‘terrorisme djihadiste’ à l'encontre d'un demandeur d'asile égyptien alimentent une échauffourée politique dans la perspective des élections australiennes du 14 septembre 2013. Sayed Abdellatif est maintenu depuis près d'un an en détention de basse sécurité, en dépit d'une alerte rouge Interpol sur les condamnations sous le régime Moubarak en 1999.

Parmi les promesses électorales des partis de l'opposition, il y a le refoulement des bateaux de réfugiés et l'accroissement des crédits pour les services de renseignement et de sécurité. La Premier Ministre Julia Gillard a répliqué en ouvrant une enquête interne sur l'apparente faille de sécurité.

Beaucoup de choses ont été écrites sur le terroriste supposé Sayed Ahmed Maksoud Abdellatif. Entre autres, des accusations d'implication dans le financement d'Al-Qaida.

Mais il existe aussi un angle plus positif. Le 14 février 2012, IRIN, une agence d'information à but non lucratif financée par le Bureau de l'ONU pour la coordination des affaires humanitaires a tracé un portrait bien plus héroïque de ce réfugié, se péparant en Indonésie à s'embarquer pour une traversée périlleuse :

Sayed Ahmed Abdellatif, demandeur d'asile égyptien, marié, père de six enfants, dit qu'il est prêt à tout risquer pour atteindre l'Australie, et même sa famille.

…pour Abdellatif, 41 ans, qui encourt une possible extradition et une peine de 15 ans de travaux forcés en Egypte pour son appartenance religieuse, le risque en vaut la peine.

Le correspondant de Reuters pour la région Australie/Pacifique Rob Taylor a tweeté :

‏@ReutersTaylor: L'Egyptien Sayed Ahmed Abdellatif était si “dangereux” que son cas a été décrit par l'ONU comme une histoire de malchance ! http://www.irinnews.org/report/94852/i

Ian Rintoul de la Refugee Action Coalition Sydney conteste également le dossier Abdellatif :

Un défenseur des réfugiés a appelé le chargé de l'Immigration de l'opposition Scott Morrison à cesser sa chasse aux sorcières du “terrorisme”, et le gouvernement à enquêter sur la divulgation d'informations par la police fédérale australienne.

Affirmer que ‘un assassin condamné’ a été en rétention dans des installations de basse sécurité de l'immigration est une contre-vérité pure et simple. Ce demandeur d'asile n'a jamais été condamné pour meurtre ni pour aucune charge particulière de terrorisme.

La vendetta de Scott Morrison contre l'ASIO et le gouvernement travailliste conduit au ‘procès médiatique’ d'un demandeur d'asile égyptien dont le droit à protection n'a pas encore été examiné par le département de l'Immigration.

A l'inverse, le blog du vétéran du Vietnam Kev Gillett y va de sa mise en garde d'ancien militaire qu'il faut défendre les frontières :

Tous ceux qui y jouent leur peau ou ont un intérêt dans la sécurité de l'Australie clament unanimement que laisser entrer dans le pays les gens qui arrivent par bateaux et ont détruit leurs papiers d'identité en cours de route est dangereux. Ces ‘boat people’ ne sont pas tous ce qu'ils veulent faire croire.

La twittersphère australienne a relevé le gant. Après avoir lu Doutes sur les condamnations d'un demandeur d'asile égyptien au coeur d'une tempête politique par le nouveau Guardian Australia le 7 juin, Andrew Watson a accusé le chef de l'Opposition Tony Abbott et son Parti libéral :

‏@Andy_Downunda: #auspol On peut raisonnablement penser que Sayed Abdellatif est un #patsy [victime] de Hosni Moubarak. http://www.guardian.co.uk/world/2013/jun/07/conviction-egyptian-asylum-seeker?CMP=twt_gu@TonyAbbottMHR #myliberal

Une attaque qui a laissé froid Todd Kirby :

‏@toddkirby: oh là là pourquoi tous les gauchistes s'excitent sur cet article du Guardian à propos de Sayed Abdellatif ? http://m.guardian.co.uk/world/2013/jun/07/conviction-egyptian-asylum-seeker?CMP=twt_gu

En attendant, c'est l'impasse pour les demandeurs d'asile exaucés en Australie qui n'obtiennent pas l'autorisation de sécurité de l'ASIO (l'Australian Security and Intelligence Organisation, l'Agence australienne de sécurité et de renseignement)

Amnesty International expliquait en 2012 :

…ils doivent passer une évaluation de sécurité de l'ASIO, mais cette procédure est problématique. L'ASIO est notoirement cachottière sur ses conclusions, et les réfugiés avec une évaluation de sécurité négative n'ont aucune possibilité de la contester.

Que se passe-t-il pour ceux qui ne se voient pas accorder l'autorisation de sécurité ?

C'est très simple : ils sont bloqués en détention, et ce peut être à perpétuité. L'administration australienne ne peut pas les renvoyer chez eux à cause de leur statut de réfugié, et ils ne peuvent entrer en Australie.

Comme l'indiquait Amnesty, il existe à présent une procédure indépendante d'examen, mais si celle-ci échoue, les réfugiés sont maintenus indéfiniment en détention de sécurité.

Rally to support refugees

Manifestation de solidarité avec les réfugiés
Photo avec la permission d'Indymedia licence CC BY-NC-SA

L'inévitable absence de transparence qui enveloppe le travail des services de renseignement et de sécurité s'applique au réexamen par un ancien juge du tribunal fédéral. Takver s'est joint en avril 2013 à la critique permanente sur Indymedia :

55 demandeurs d'asile ont le statut de réfugiés mais sont dans les limbes de l'immigration à cause d'évaluations de sécurité négatives par l'ASIO sans droit de faire appel ni possibilité de contester les sources de l'ASIO.

Commentez

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français
Non merci, je veux accéder au site