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Les “Sit-in pour la Liberté” des femmes saoudiennes

Sauf indication contraire les liens dirigent sur des pages en anglais.

Le 10 juin 2013, des petits groupes de femmes saoudiennes ont participé à des “sit-ins pour la liberté” dispersés dans les villes saoudiennes. L'événement était organisé par @almonaseron [les sympathisants], un groupe anonyme d'activistes, pour demander la relaxe des membres de leurs familles emprisonnées. A l'annonce des sit-in, plus de 140 manifestants, hommes et femmes, ont été arrêtés par les forces de l'ordre saoudiennes pendant les deux journées qui ont précédé l'évènement.

D'après des sources indépendantes de défense des droits humains, on compte plus de 30 000 personnes emprisonnées arbitrairement [arabe], dont la plupart ont été arrêtées massivement, lors de la “guerre contre le terrorisme” qui a suivi le 11 septembre. Les détenus ont été arrêtés sans mandat, n'ont pas accès à un avocat et n'ont pas été jugés. Toute manifestation est strictement interdite en Arabie Saoudite, et s'ils sont arrêtés les participants risquent de passer de longs mois en prison. Malgré tout, cela n'a pas empêché les familles des prisonniers de braver l'interdiction à plusieurs reprises par petits groupes au cours des deux dernières années.

A 16h55, heure locale, @almonaseron a annoncé le début du sit-in et twitté [arabe]

بدأ #اعتصام_الحرية نساء في عدة مناطق في آن واحد فعلى أهالي المعتقلين الإنضمام إليهم فوراً

@almonaseron: le Sit-in pour la Liberté vient de commencer : à différents endroits des femmes de partout [se réunissent] en même temps. Les familles des détenus devraient les rejoindre maintenant.

A Riyad, un groupe de femmes, dont plusieurs sont parentes de Suliman al-Roushodi, responsable de l'Association Saoudienne des Droits Civils et Politiques, s'est réuni devant la Société Nationale des Droits Humains, créée par le gouvernement, où elles avaient déjà manifesté en février dernier. L'une des manifestantes était sa fille, Bahia al-Roushodi, condamnée à 4 mois de prison avec sursis lors du précédent sit-in. Elles ont rapidement été entourées de plus de 30 voitures de police [arabe], leur chauffeur a été arrêté [arabe] et elles ont eu l'interdiction de bouger. King Fahd Road, une grande artère de Riyad, a été fermée par la police à une heure de pointe pour intervenir sur le sit-in. A 18h20, une manifestante, la femme de al-Roushodi, twittait:

تم اعتقالنا واعتقال اخي

@omamar1: Ils nous ont arrêtées, et ils ont arrêté mon frère.

Relatives of the arrested women protesters gathered in front of the prison where they were reportedly held. Photograph shared by @fatma_mesned on Twitter

Les parents des manifestantes arrêtées se réunissent devant la prison où elles sont supposées être détenues. Photo partagée par @fatma_mesned sur Twitter

A 23h44, les parents des manifestantes arrêtées se sont réunis devant la prison où elles étaient supposées être détenues. Fatima al-Mesned, la petite-fille de al-Roushodi twittait :

الآن مجتمعون امام سجن الملز قسم النساء لمن اراد المطالبه بمعتصمات #الرياض انصروا من نصر أسرانا

@fatma_mesned: A ceux qui veulent demander  [la relaxe] des manifestantes: nous sommes actuellement devant la prison al-Malez, secteur des femmes. Aidez celles qui ont aidé nos prisonniers.

A Buraydah, des femmes se sont réunies devant le Tribunal de la ville, bientôt rejointes par d'autres personnes et pas seulement des femmes. Vers 17h52, les forces de l'ordre saoudiennes ont encerclé les manifestants [arabe]. Quand un jeune homme a voulu donner de l'eau aux manifestantes, il a été poursuivi par les forces de l'ordre qui l'ont arrêté [arabe]. Des policiers en civil ont ordonné aux femmes de quitter les lieux et les ont menacées, mais elles ont refusé de partir si leurs demandes n'étaient pas satisfaites (vidéo [arabe]). Le nombre de manifestantes ne cessait d'augmenter jusqu'à ce qu'elles soient arrêtées de force. A 20h24, @almonaseron twittait:

الآن تم أركاب المعتصمات للباصات في بريدة بالقوة

@almonaseron: Les femmes ont été forcées de monter dans les bus [de la police].

Le lendemain, le 11 juin à 17h, un groupe d'hommes et de femmes s'est réuni pour manifester contre les arrestations de la veille. En quelques minutes, ils ont été encerclés par les forces de police [arabe], tabassés [arabe] et arrêtés.

 

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