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Zimbabwe: Le président Mugabe fixe unilatéralement la date des élections

(Billet d'origine publié le 13 juin 2013 – Liens en anglais)

Ignorant les protestations de ses partenaires de la coalition et les citoyens du Zimbabwe, le Président Robert Mugabe a fixé unilatéralement la date du 31 juillet 2013 comme celle à laquelle le pays organisera des élections.

Le Premier ministre Morgan Tsvangirai, qui participe à un gouvernement de coalition avec le président Robert Mugabe depuis 2009, a dit qu'il n'accepterait pas cette date.

Les partis politiques ont fait pression pour une date ultérieure depuis le mois dernier, lorsque la Cour constitutionnelle a ordonné au Président Robert Mugabe d'organiser des élections avant le 31 juillet suite à une demande présentée par  Jealousy Mawarire, Directeur du Centre pour les élections et la démocratie en Afrique australe (CEDSA). Les cinq principaux partis d'opposition ont immédiatement rejeté le délai fixé par le tribunal en faisant valoir qu'il fallait plus de temps pour réaliser les importantes réformes électorales qui garantiraient une élection libre et équitable.

Le président Robert Mugabe sera le deuxième plus ancien candidat à la présidentielle en Afrique. Photo libérée dans le domaine public par le gouvernement fédéral américain.

Le président Robert Mugabe sera le deuxième plus ancien candidat à une présidentielle en Afrique. Photo dans le domaine public du gouvernement fédéral américain.

Cependant, un militant des droits civils, Nixon Nyikadzino, a déposé une requête auprès de la Cour constitutionnelle pour contraindre le président Robert Mugabe à proclamer une date des élections après avoir satisfait aux exigences constitutionnelles. Il fait valoir qu'il est juridiquement et constitutionnellement impossible d'organiser des élections avant le 31 juillet 2013, sans porter atteinte à ces droits.

Immédiatement après l'annonce, les Zimbabwéens ont commencé à exprimer leurs réactions surTwitter.

Conor Walsh (@ConorMWalsh) a souligné que c'était Mugabe qui “avait ordonné au tribunal d'ordonner” :

@ConorMWalsh: @Mavhure @DrMupakati Gushungo [Gushungo est le totem du président Mugabe] va appliquer l'ordre de la Cour, car les observateurs aguerris savent que c'est le Gushungo qui l'a ordonné à la Cour d'ordre.

Busie Bhebhe (@BusieBhebhe) a écrit:

@BusieBhebhe: @hoperuswa @zenzele J'espère qu'il va inventer une machine à voter qui ne puisse pas être manipulée comme il sera hors de la politique

Nqaba Matshazi (@nqabamatshazi) se demande:

@nqabamatshazi: La fixation de la date des élections par le Président Mugabe est-elle un acte de politique de la corde raide ou un risque calculé?

NewsDay Editor Consta Chimakure (@cchimakure) relève que M. Mugabe a contourné le parlement :

@cchimakure: Mugabe utilise les pouvoirs présidentiels pour modifier la loi électorale et choisir la date des élections en contournant le parlement

Crisis Coalition (@crisiscoalition) explique le fondement juridique de l'annonce :

@crisiscoalition: M. Mugabe a utilisé les pouvoirs provisoires présidentiels pour choisir une date, pouvoirs présidentiels (mesures temporaires amendement de la loi électorale) Règle 13

mandlenkosi mpofu (@mdutshwa) a demandé :

@mdutshwa: @nqabamatshazi @NcubeNjabulo est-ce un bluff ou bien est-il sérieux ? on ne peut pas dire si c'est de l'arrogance ou de la confiance

Stanley Kwenda (@stanleykwenda) a rapporté :

@stanleykwenda: PM (Le Premier Ministre Morgan) Tsvangirai va en justice pour réviser la décision de M. Mugabe et demander du soutien au Zimbabwéens

En conclusion, Marko Phiri, écrivant sur le blog Kubatana, demande “Démocratie, quelle démocratie?” :

Une chose est certaine à propos de cette dernière déclaration, c'est qu'elle enracine des attitudes apathiques devant les élections comme certains le disent si Mugabe peut unilatéralement décider de la date des élections, malgré une déclaration antérieure de M. Tsvangirai selon laquelle il détenait les clés des élections, pour l'empêcher (Mugabe) de se déclarer lui-même vainqueur aux élections, ou comme il le fit en 2008 refuser d'accepter sa défaite.

Pourtant, cela devrait être une motivation suffisante pour les Zimbabwéens qui ont répondu à l'appel pour s'inscrire et également vérifier l'enregistrement des électeurs pour exercer leur droit de vote au maximum et montrer aux partisans du pouvoir qui commande, ou encore pour tenter de donner un coup de pied au Zanu PF ce qui serait en pure perte.
Regardez qui rit maintenant. La démocratie, quelle démocratie?

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