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Face à l'échec des politiques d’austérité, quelles solutions pour l’Europe ?

L’Europe s'enfonce dans une crise profonde et rien ne semble être mis en place pour en sortir. Entre le gouvernement allemand prônant une politique d'austérité dangereuse et des autorités européennes qui n’ont rien d’autre à proposer, il est clair que la crise de 2008 n’est plus seule responsable de la descente aux enfers du vieux continent.

Les PIB des pays européens chutent radicalement, de 5,3 % pour la Grèce, 3,9 % pour le Portugal, 4,1 % pour Chypre, 2,3 % pour l’Italie, 2 % pour l’Espagne, ceci sans parler de la récession dans laquelle est entrée la France. L’économie de l’Union européenne a rétréci de 0,7 % durant le premier trimestre de cette année, 1 % si l’on ne considère que la zone euro. Aucun doute n’est possible, l’Europe traverse une crise majeure et pas seulement économique.

Si la seule responsable de tout ceci était la crise économique de 2008, l’Europe ne serait pas une des seules à tant souffrir. Les États-Unis par exemple, berceau de cette crise, ont enregistré un saut de 1,9 % de leur économie tandis que le taux de chômage du pays n’a jamais été aussi bas depuis quatre ans.

L’Europe qui a pendant si longtemps toisé les États-Unis et vanté sa croissance se retrouve aujourd’hui complètement perdue entre des politiques incohérentes et des disputes inter-nations.

Une des raisons principales du malaise européen actuel est l’échec flagrant des autorités politiques européennes dont la logique des propositions paraît plus qu’énigmatique. L’autre poids de taille qui accélère ostensiblement la chute de l’Europe est la politique d’austérité bornée à laquelle se livrent la plupart des pays de l’Union. Il serait plus sage et plus logique pour l’Europe de s’inspirer du pays qui s’en sort, les États-Unis, et donc de stimuler le marché plutôt que de ne penser qu’à réduire le déficit.

Le taux de chômage des jeunes en Europe de 2005-13 via Les crises, domaine public

Le taux de chômage des jeunes en Europe de 2005-13 via Les Crises – domaine public

Le plus frustrant dans cette affaire est que la plupart des dirigeants européens s’accordent sur ce point, mais aucun n’ose affronter le défendeur de toujours de l’austérité, aussi appelée « Sparkurs », le géant allemand et son intransigeante chancelière, Angela Merkel. Les critiques sont aussi du côté allemand « Il y a eu un raté », reconnaissait la semaine dernière, auprès de l’Agence France presse, Gilles Moëc, l’économiste en chef de la Deutsche Bank.

Ce n’est pourtant pas comme si la méthode Merkel avait fait ses preuves, loin de là. Le Portugal par exemple, ne s’est jamais porté aussi mal que depuis qu’il subit la politique européenne d’austérité. En deux ans, son taux de chômage a augmenté de 5,3 %, son déficit budgétaire de 1,1 %. Sa dette publique est 123 % supérieure à son PIB.

Pour Julio Salazar Moreno, secrétaire général de l’USO, le syndicat des travailleurs espagnols, les pays de l’Union européenne (UE) doivent arrêter avec la politique d’austérité [pt]:

Os países da União Europeia (UE) têm de parar “de uma vez por todas” com a aplicação de medidas recessivas, porque os cidadãos, alerta, estão a viver no limite dos sacrifícios

Les pays de l'Union européenne (UE) doivent cesser “une fois pour toutes” avec l'application des politiques d’austérité  parce que les citoyens, sur le qui-vive, survivent déjà à l'extrême limite des sacrifices possibles.

Le remède de cheval est tout aussi inefficace pour la Grèce, comme le reconnaît Gregor Gyzi, un président du groupe parlementaire (Bundestag) de La Gauche en Allemagne en s'adressant aux lecteurs grecs de news247 [gr]:

οι επιβληθείσες, κυρίως από την γερμανική κυβέρνηση, περικοπές σε μισθούς και συντάξεις, οι απολύσεις και οι ιδιωτικοποιήσεις, όχι μόνο ώθησαν την Ελλάδα σε βαθιά ύφεση και κοινωνικά προβλήματα, αλλά κατέστησαν και αδύνατη την επιστροφή των δανείων στο εγγύς μέλλον

Imposées principalement par le gouvernement allemand, les coupes dans les salaires et les retraites, les licenciements et les privatisations, vont non seulement pousser la Grèce dans une profonde récession et des problèmes sociaux, mais vont rendre également impossible le remboursement des prêts.

Les chiffres d’émigration en Europe sont ainsi loin d’être surprenants. En deux ans, 2,5 % de la population portugaise a quitté le pays. Qui aurait dit il y a une dizaine d’années que la population européenne partirait aujourd’hui massivement travailler dans des pays comme le Brésil ou l’Angola ?

Face à ce constat alarmant, il est encore plus déprimant d’entendre les réponses proposées par certains, comme celle du premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, également ancien dirigeant de l’eurogroupe, qui s’est récemment exprimé sur la crise européenne et a conclut que ce qu’il faudrait à l’Europe, c’est une « calinothérapie », déclaration qui se passe de commentaire.

 

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