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Second voyage de Barack Obama en Afrique : pour rattraper la Chine ?

Le Président Obama effectue une tournée en Afrique du 26 juin au 3 juillet. Il est actuellement en Afrique de Sud après avoir visité le Sénégal. Il se rendra ensuite en Tanzanie.

Pour beaucoup de commentateurs cette visite est une session de rattrapage. Les États-Unis tentant ainsi de riposter à la percée économique chinoise en Afrique subsaharienne. La Chine est depuis 2010 le premier partenaire commercial en Afrique alors qu'il y a 4 ans (lors de la visite de Barack Obama au Ghana) c’était les USA.

Le discours de Barack Obama au Ghana avait laissé beaucoup d’Africains sceptiques et il n’arrive pas en terrain conquis.

Dans la vidéo ci-dessous Abel Asrat un des contributeurs de Global Voices en Amharique donne son point de vue [Anglais] :

Sur Twitter, les doutes sur les raisons de la venue d'Obama en Afrique sont reflétés dans l'apparition du mot-clic en Wolof   #ObamaTakh- qui se traduit aussi bien par « c'est à cause d'Obama » que « c’est grâce à Obama » – apparu quelques jours avant son arrivée à Dakar.

Jusqu'à son arrivée sur le sol sénégalais c’est la première acceptation du mot qui prévalut sur les réseaux sociaux. Puis comme le souligne sur Twitter @LebouPrincess, l'humeur change :

Plus impressionnant que l'arrivée du Air Force One c'est le revirement des #kebetu (Twittos en Wolof] lol guemoulene dara [vous êtes versatiles] #ObamaTakh

Le lendemain Barack Obama mettra les Sénégalais un peu plus dans sa poche lorsque dans son résumé de ses discussions avec le président Macky Sall il mentionne la lutte sénégalaise et place quelques mots de Wolof : « Nio Far (nous sommes partenaires) ; « Teranga » (hospitalité) et « Jerejef » (merci).

Au centre des discussions entre les deux présidents, le conflit au Mali, le trafic de drogues et les questions économiques :

Le président américain Barack Obama a annoncé, jeudi à Dakar, que son administration était en train de « chercher des modalités de reconduction » de l’AGOA [African Growth and Opportunity Act], la Loi américaine sur la croissance et les opportunités en Afrique.
S'exprimant au cours d'une conférence de presse conjointe avec son homologue sénégalais Macky Sall, au lendemain de son arrivée au Sénégal pour une visite officielle de trois jours, le chef de l'Etat américain a indiqué avoir demandé à son administration de travailler pour arriver à une reconduction de l'AGOA.
L'AGOA est un programme unilatéral de préférence commerciale signé par le Congrès des États-Unis et permettant l'exemption de taxes et l'accès à un quota libre pour plus de 6 400 produits provenant des pays éligibles de l'Afrique sub-saharienne.
Le président Obama a par ailleurs réaffirmé la volonté de son administration de travailler à développer les relations commerciales entre son pays et le Sénégal.

Le point de la conférence de presse des deux présidents qui est le plus commenté aussi bien au Sénégal qu'à l’étranger fut lorsque Barack Obama aborda volontairement et certainement avec l’aval de son homologue sénégalais les droits des homosexuels en Afrique :

Les questions des quelque 300 journalistes présents ne pouvaient pas être posées librement, mais avaient été sélectionnées à l’avance. Ce processus a permis à seulement deux journalistes sénégalais et deux journalistes américains de poser quelques salves de questions chacun.

La réponse de Macky Sall ne déçut pas les plus traditionalistes des Sénégalais :

Fondamentalement, c’est une question de société. Il ne saurait y avoir un modèle fixe dans tous les pays. Les cultures sont différentes, tout comme les religions et les traditions.
Même dans les pays où il y a dépénalisation de l’homosexualité, les avis ne sont pas partagés. Le Sénégal est un pays tolérant : on ne dit pas à quelqu’un qu’il n’aura pas de travail parce qu’il est homosexuel. Mais on n’est pas prêt à dépénaliser l’homosexualité. C’est l’option pour le moment, tout en respectant les droits des homosexuels.
Nous ne sommes pas homophobes au Sénégal. La société doit prendre le temps de traiter ces questions sans pression.

Aux Etats-Unis, Kimberly McCarthy avait été exécutée la veille au Texas, et sa pique sur la peine de mort a fait la même l’unanimité : le président sénégalais fit remarquer à son interlocuteur que certains pays appliquent toujours la peine de mort – sans nommer les Etats-Unis – alors qu’elle est abolie au Sénégal (la dernière exécution capitale date de 1967) qui en revanche se garde de faire la leçon aux autres.

Comme le remarquent @hpenot_lequipe :

Très intéressant échange entre Obama et Macky Sall. Pour une fois, un président africain ne s'est pas écrasé devant E-U. Respect.

et @Toutankhaton :

Bravo à @macky_sall pour sa réponse cash à @BarackObama ! Peine de mort vs mariage gay! #obamatakh

http://youtu.be/W_O4ay69OFg

Sur l'agenda du président Obama, il y avait aussi une réunion avec des représentants de la société civile.

Les photos de la visite de Barack Obama sur la page Facebook de Dakar Echo.

En Afrique du Sud, l’accueil a semblé un peu moins cordial [anglais].

 

 

 

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