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Evo Morales et Edward Snowden : Indignation des dirigeants d’Amérique latine

[Sauf mention contraire, les liens de ce billet renvoient vers des pages web en espagnol.]

La ville de Vienne fut hier le théâtre de l’une des scènes diplomatiques les plus compliquées des dernières années, lorsque l’avion du président bolivien, Evo Morales, a dû atterrir d’urgence après que l’Espagne, la France, le Portugal et l’Italie ont prétendument interdit l’entrée dans leur espace aérien, soupçonnant le président d’aider Edward Snowden à sortir de Russie.

Evo Morales revenait de Moscou où il avait participé au sommet du Forum des pays exportateurs de gaz.

Nous ne savons toujours pas de manière certaine la raison pour laquelle l’avion, qui se dirigeait vers l’Atlantique, a fait demi-tour pour atterrir à l’aéroport de Vienne. Les autorités boliviennes assurent que la France, le Portugal, l’Espagne et l’Italie ont annulé le permis autorisant l’avion a traversé leur espace aérien et leur ont empêché de faire le plein de combustible, car ils pensaient qu’Edward Snowden pouvait se trouver à bord.

Entre temps, les autorités françaises et espagnoles [EN] ont expliqué que l’avion était libre de passer par leur espace aérien. La controverse a enflé avec un enregistrement audio [EN] qui semblerait être une communication entre l’appareil et le personnel de contrôle aérien où nous pouvons entendre le pilote demander l’autorisation d’atterrir car il croit ne pas avoir assez de combustible.

Evo Morales. Foto de usuario de Flickr Alain Bachellier (CC BY-NC-ND 2.0)

Evo Morales. Photo de l’utilisateur de Flickr Alain Bachellier (CC BY-NC-ND 2.0)

Les chefs d’État de plusieurs nations latinoaméricaines ont immédiatement réagi. Plusieurs ont exprimé leur opinion via Twitter. La présidente argentine, Cristina Fernández (@CFKArgentina), a partagé ses conversations avec plusieurs homologues, y compris Evo Morales, sur son compte. Voici quelques-uns de ses tweets :

@CFKArgentina : Quoi ? Evo ? Evo Morales détenu ? Immédiatement, sa dernière photo en Russie me vient à l’esprit…

@CFKArgentina : Ils sont vraiment tous fous. Un chef d’État et son avion bénéficient d’une immunité totale. Ce degré d’impunité est impensable.

Dans le tweet suivant, elle fait référence à la réaction du président équatorien, Rafael Correa :

@CFKArgentina : Rafael me dit qu’il va appeler d’urgence Ollanta Humala pour réunir de manière extraordinaire l’UNASUR. [Union des nations sud-américaines].

À son tour, Rafael Correa s’est exprimé sur Twitter :

@MashiRafael : Incroyable ! Ils refusent l’entrée de l’avion d’Evo Morales dans leur espace aérien ! Ensuite, ils viennent nous parler de sommets Union européenne – Amérique latine ? Réagissons, grande patrie !

Puis, Cristina Fernández a commenté l’opinion du président uruguayen :

@CFKArgentina : Je suis en discussion avec Pepe (Mujica). Il est indigné. Il a raison. Tout ça est très humillant. Rafa [Rafael Correa] reprend contact avec moi.

Pour terminer, la présidente argentine a assuré que son homologue péruvien, Ollanta Humala, allait convoquer une réunion extraordinaire de l’UNASUR :

@CFKArgentina : Ollanta m’indique qu’il va convoquer une réunion de l’UNASUR. Il est 00 h 25. Demain va être une journée longue et difficile. Calme. Ils n’y arriveront pas.

Puis, le président Correa a indiqué :

@MashiRafael : L’UNASUR vit des heures décisives : soit nous gardons notre place de colonies, soit nous revendiquons notre indépendance, notre souveraineté et notre dignité. Tous avec la Bolivie !

Le président du Venezuela, Nicolás Maduro, a également commenté qu’il était en contact avec Evo Morales :

@NicolasMaduro : Je suis en contact avec Evo Morales. Toutes les immunités internationales protégeant les chefs d’État ont été violées au nom de l’obsession impérialiste.

Avant d’ajouter :

@NicolasMaduro : Je soutiens Evo Morales et depuis le Venezuela, avec dignité, nous répondrons à cette dangereuse agression, disproportionnée et innaceptable.

Selon un communiqué du ministère de l’Intérieur autrichien qui a qualifié l’incident d’« inspection de routine », une fois l’avion au sol, les autorités autrichiennes sont entrées dans l’aéronef [EN] à la recherche d’Edward Snowden et ont vérifié les passeports de tous les passagers, bien qu’Evo Morales avait commenté à son homologue argentine :

@CFKArgentina : « Je ne vais pas les laisser fouiller mon avion. Je ne suis pas un voleur. » Parfait. Tiens bon, Evo.

Après 13 heures d’arrêt en Autriche et un communiqué du gouvernement autrichien informant qu’Edward Snowden n’avait pas été localisé dans l’avion du président bolivien, les autorités locales ont autorisé Evo Morales à partir. Peu après, l’Espagne lui a ouvert son espace aérien afin que le président puisse faire escale aux Canaries avec de continuer sa route en direction de la Bolivie.

Toutefois, les autorités boliviennes nient la fouille complète de l’avion, comme l’a précisé le vice-président, Álvaro García Linera :

Nous n’avons pas accepté que l’avion présidentiel 001 soit fouillé, car cela ne se fait pas. Cet appareil bénéficie d’une immunité et conformément au droit international il ne peut être fouillé.

Concernant les fait, Evo Morales a conclu :

J’ai l’obligation de défendre la dignité et la souveraineté de ma fonction. Il ne s’agit pas d’une offense au président, mais à tout un peuble, à toute une région comme l’Amérique latine.

Enfin, le gouvernement bolivien a fait savoir qu’il allait convoquer de toute urgence les ambassadeurs de France et d’Italie ainsi que le consul du Portugal à La Paz, afin de recevoir des explications concernant les raisons pour lesquelles ces pays ont interdit le survol de leur territoire et l’aterrisage du président Evo Morales.

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