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Chili : le décret d'interdiction de chauffage au bois enflamme la ville de Temuco

Entonnant des slogans tels que “Tout le monde ou personne”, “Réveille-toi Temuco!”, “Ministre, j'ai froid”, parmi d'autres, des centaines d'habitants de la côte ouest de la ville de Temuco ont investi les rues pour manifester contre le décret interdisant l'usage du chauffage au bois dans la ville. Le décret a été publié par les autorités nationales et régionales de la santé et de l'environnement.

Durant l'hiver austral, au Chili, le bois est le principal combustible car on en trouve facilement et c'est économique. Cependant, c'est aussi le combustible le pus polluant. Les niveaux de pollution élevés émis dans la ville ont conduit les autorités à restreindre son usage.

Temuco est la capitale de la Province de Cautin et se trouve à 691 km de Santiago, dans la région de Araucania. Cette région est l'une des plus pauvres du pays, d'après l'étude nationale sur la pauvreté de CASEN en 2011 [es]. Temuco se trouve dans la région centrale sud du Chili, une aire avec de fortes amplitudes de conditions météorologiques et de températures qui vont de -5° C (juin) à 36° C (février).

Contaminación en Temuco. Foto de Carlos Riquelme en Flickr (CC BY-NC-SA 2.0)

Pollution à Temuco. Photo de Carlos Riquelme sur Flickr (CC BY-NC-SA 2.0)

Le dénommé “séisme noir“[es] une couche de fumée noire qui recouvre Temuco, (le mot “séisme”est  employé pour associer les conséquences désastreuses de la pollution aux conséquences des forts tremblements de terre dans le pays), a pris un tour critique en Juin cette année et suscité différentes réactions de la part des résidents de la ville.

Depuis Temuco, Manuel Lazo (@mlazogutierrez) [es] faisait allusion à la mauvaise qualité de l'air, la décrivant comme un mélange de fumée irrespirable :

en ce moment à #Temuco, il y a 10% de nuage et 90% de pollution.Ll'air est encore irrespirable. pic.twitter.com/di0jJZ9LsM

Constanza Manosalva (@ConiManosalva) [es], utilisait le mot-dièse #TemucoIrrespirable (#TemucoIrrespirable) pour commenter :

Ce graphique dit beaucoup. A #Temuco nous sommes en train d'être empoisonnés. c'est absolument ECOEURANT. #TemucoIrrespirable pic.twitter.com/q44JTt3OJz

Au fil des jours, la situation est devenue encore plus critique. L'alerte environnementale a été déclenchée dans la ville. Luis Diaz Robles (@luisdiazrobles) [es], Directeur de l'Ecole d'ingénierie environnementale de l'Université catholique de Temuco (UCT, son acronyme espagnol, déclarait ce qui suit :

Plus de 2 jours avec #EmergenciaAmbiental (Urgence environnementale) à cause de  PM2.5   à Temuco #TerremotoNegro (Séisme noir)

Un autre, Alberto Lagos (@RNE_20_TEMUCO) [es] décrivait l'effet que la qualité de l'air avait sur la santé de la population :

Les enfants toussent, et en portant des masques, ils suffoquaient. Les plus âgés se sentent mal dans les centres publics de santé du fait de la mauvaise qualité de l'air #NoMásHumo (Arrêtez la fumée)

Sur YouTube clave9cl a partagé cette vidéo illustrant un “cacerolazo” (forme de protestation populaire pendant la dictature chilienne, où les manifestants tapaient pacifiquement sur des pots et des casseroles) contre l'interdiction d'utiliser du bois à Temuco :

Bien que l'interdiction a contribué à améliorer la qualité de l'air, il y a eu une controverse sur la centralisation et les décisions des autorités nationales. Selon les citoyens, ils ont ignoré la réalité locale. C'était le cas de Nestor Contreras F (@Nestorbox) [es], qui suggérait :

Le problème de la centralisation est la volonté politique. Ceux prenant les décisions sont à Santiago et ils pensent que le pays fonctionne de la même manière partout

Sur sa page Facebook, Bernardita Ruffinelli, journaliste et blogueuse, publiait [es] :

… ¿quién prohíbe ese uso sin considerar subvención de otros tipos de combustible en una ciudad donde hay invierno al menos 7 meses al año? se les olvida parece, que es la región más pobre del país, que la leña es la forma más económica de calentar sus hogares; pero les prohibimos comprarla y no les rebajamos los costos prohibitivos de los otros medios. Yo me sigo preguntando muy en serio, quién está tomando las decisiones políticas que atan de manos a los temuquenses?…

Qui interdit l'usage [de bois] sans envisager une subvention pour les autres types de combustibles dans une ville où l'hiver dure au moins 7 mois de l'année ? Ils ont oublié que c'est la région la plus pauvre du pays ; ce bois est le moyen le moins cher de chauffer les maisons, mais l'on interdit son usage sans diminuer les coûts des autres combustibles. Je continue à me demander – très sérieusement – qui prend ces décisions politiques qui lient les mains des résidents de Temuco ?

Cet avis est partagé, en partie, par le mouvement “+deFumée” (#nomashumno) [es]. Bien que le mouvement soit contre l'usage de poêles à bois comme moyens de chauffage, ils suggère l'emploi de sources de chauffage qui polluent le moins. De plus, ils suggèrent une subvention du gouvernement pour l'achat de ces combustibles. Le mouvement No+Humo a lancé une pétition [es] au cours d'un défilé à travers les rues de la ville le 8 juin 2013.

Carolina Aedo, une psychologue travaillant dans le secteur de la santé et partisan du mouvement “No+Humo”, disaient [es] ce qui suit au sujet des interdictions sur son mur Facebook :

Apagar las estufas en forma impositiva no es la respuesta a nuestros problemas de contaminación. No estoy de acuerdo con estas medidas autoritarias impositivas que una vez más quieren tapar el sol con un dedo, sin ni siquiera sentarse a dialogar soluciones que sí pueden ser plausibles Hay muchas otras medidas que tomar.

Eteindre les poêles de manière obligatoire n'est pas une réponse à nos problèmes de pollution. Je ne suis pas d'accord avec ces solutions autoritaires, imposées qui ne résolvent pas le problème, sans même permettre la discussion des solutions qui sont en effet plausibles. Il y a beaucoup d'autres mesures qui doivent être prises.

Bien qu'au cours des dernières semaines les niveaux de pollution dans la ville ont considérablement baissé (dû à l'effet combiné de l'interdiction de l'usage de poêle à bois et une pluie intense et des tempêtes de vent dans la région), il y a un appel citoyen demandant des solutions concrètes de la part des autorités. Les solutions semblent liées à la continuation et la hausse des subventions pour l'achat de bois de chauffage certifié, aussi bien que sur des formes de chauffage innovantes et alternatives et des subventions pour les financer à moyen et long termes.

Aire Sur Chile (@Aire_Sur_Chile) [es], un usager de Twitter dont l'objectif est de fournir des informations concernant les mesures pour réduire la pollution atmosphérique dans le sud du Chili, s'adressait aux autorités pour leur demander des solutions au-delà des réponses immédiates à l'urgence actuelle :

@Aire_Sur_Chile: #Temuco une solution définitive à la pollution de la part des autorités est de la plus haute importance, pas seulement gérer l'urgence.

Alors qu'un débat en ligne s'est déployé au sujet de l'augmentation de la pollution après quelques jours pluvieux, Danterana (@Danterana) [es] disait être favorable aux subventions car trouver une solution est un problème devant être résolu par l'Etat :

…l'Etat est le seul qui doit résoudre le problème. Ils doivent fournir des subventions par charité

Un point de vue similaire était celui partagé par Marcela Farias (@lamarcefarias) [es], qui exprimait son désaccord avec les restrictions qu'elle considérait arbitraires :

Trouvons de réelles solutions : subventions pour les systèmes de chauffage, éduquer, mais ne pas restreindre de manière arbitraire à #Temuco

Sur son compte Twitter officiel, le parti écologiste (@ecologistachile) [es] soulignait les formes alternatives de chauffage qui s'avèrent être plus efficaces :

Les puits d'énergie géothermique au Chili peuvent fournir en énergie 280 mille foyers – l'équivalent [des villes de] Valdivia et Temuco rassemblées #NCRE [énergie renouvelable non conventionnelle]

Le journaliste Mauricio Hoffman (@mauriciohoffman) [es] mettait en avant une solution alternative proposée par le candidat présidentiel et gestionnaire d'affaire Franco Paris :

Depuis Temuco, Franco Parisi parle de l'urgence environnementale et des mesures prises. [Il] propose d'apporter le gaz naturel jusqu'à la région @OasisFMChile

Le délégué Germán Becker (@gbeckera) [es], représentant du 50ème district (incluant Temuco et Padre las Casas), disait -sans fournir de plus amples détails- qu'ils travaillent actuellement sur des formes de chauffage alternatives et moins chères :

Nous travaillons à acquérir d'autres formes de chauffage qui sont similaires au plan calorifique au feu de bois. Bientôt de nouvelles informations !!! #Temuco

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