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Les villes péruviennes commémorent ceux qui sont morts en défendant le droit à l'eau

[Liens vers des pages en espagnol, sauf indication contraire.]

Un an après les protestations contre l'exploitation minière dans la région de Cajamarca [en] au nord du Pérou, les responsables de la mort de cinq civils au cours des confrontations entre les manifestants et la police n'ont toujours pas été identifiés.

Le 3 juillet 2012, la ville de Celendín était au 33ème jour d'arrêt du travail et comptait parmi l'une des mesures de protestation organisées contre le projet minier Conga [en] dans différentes villes à travers Cajamarca.

Ce jour-là un groupe de personnes a bloqué l'hôtel de ville de Celendín, ce qui a entraîné des affrontements entre les manifestants et la police. Au début, il n'était fait état que de deux agents de police blessés, ce que le Ministre de l'Intérieur a qualifié d’ “actes criminels” commis par de “mauvais meneurs” d'après les propos du Premier Ministre Óscar Valdéz.

Cependant, on a appris plus tard que les confrontations [en] avaient fait trois morts et près de 30 blessés du côté des civils ainsi que deux agents de police et trois membres de l'armée blessés du côté de l'ordre public.

Suite à la dégradation des bureaux du Gouvernement et du Procureur et de propriétés privées l'état d'urgence a été décrété dans les provinces de Celendín, Cajamarca et Hualgayoc durant deux mois entiers.

Eleuterio García Rojas, César Medina Aguilar, José Faustino Silva Sánchez et José Antonio Sánchez Huamán sont morts le 3 juillet 2012 à Celendín ; le jour suivant Joselito Vásquez Jambo est mort dans la ville de Bambamarca. A ce jour [de la rédaction du billet en espagnol], les responsables n'ont pas été retrouvés et justice n'a pas été rendue.

Un an depuis les morts de Celendín

En ce premier anniversaire, la communauté de Celendín s'est rassemblée dans les rues pour commémorer pacifiquement la date du 3 juillet, désormais désignée comme le “Jour de résistance et de dignité à Celendín”.

Manifestación pacífica en Celendín el 3 de julio, 2013. Foto de Jorge Chávez, usada con permiso.

Manifestations pacifiques à Celendín le 3 juillet 2013. Photo publiée avec l'autorisation de Jorge Chávez.

Près d'un millier de ronderos [membres de patrouilles d’îlotage] ont marché dans les rues de Celendín “en demandant au gouvernement fédéral et à la compagnie minière Yanacocha de  témpogner plus de respect aux populations locales qui ne veulent pas d'activité minière et qu'il enquête et punissent par des moyens légaux ceux qui sont réellement responsables des meurtres de quatre citoyens de Celendín,” d’ après le site Cajamarca Global.

Un certain nombre d'organisations européennes qui soutiennent la manifestation de Cajamarca contre le projet minier Conga ont publié une déclaration exprimant leur inquiétude au sujet de ce qu'il s'est passé et de la situation en cours :

Visto que el proyecto Conga no tiene la licencia social del pueblo de Cajamarca, estamos muy preocupados por la criminalización de la protesta social en Cajamarca. Condenamos el uso desproporcionado de la fuerza por parte de la policía y las fuerzas armadas, condenamos la estrategia de criminalización por medio de la cual los ciudadanos son detenidos arbitrariamente y procesados. El pueblo tiene el derecho a manifestarse y pronunciarse. Por eso insistimos que el Estado peruano garantice estos derechos.

Etant donné que le projet Conga ne trouve pas le soutien de la population de Cajamarca, nous sommes très préoccupés par la criminalisation des manifestations publiques à Cajamarca. Nous condamnons l'usage disproportionné de la force par la police et les forces de sécurité ; nous condamnation la stratégie de criminalisation par laquelle les citoyens ordinaires sont arrêtés et accusés de manière arbitraire. Les gens ont le droit de protester et de faire entendre leur voix. Pour cette raison, nous insistons sur le fait que le Gouvernement du Pérou doit garantir de tels droits.

Wilder Sánchez Sánchez rappelle ce qui s'est produit dans le blog Punto de Vista y Propuesta, à travers un résumé des activités organisées par différents groupes dans les villes de Celendín, Hualgayoc et Cajamarca :

El miércoles 3 de julio se cumple un año de la masacre en la ciudad de Celendín y el jueves 4 un año de la masacre perpetrada en Bambamarca por las fuerzas combinadas del Ejército, de la Policía “Nacional” convertida por el Gobierno Central en fuerza mercenaria al servicio de Yanacocha y por los propias fuerzas de seguridad de la minera (infiltrados en) y camuflados de policías. Como se recuerda, el 3 de julio del 2012 fueron acribillados por disparos de balas de largo alcance cuatro celendinos, además de numerosos heridos, golpeados, detenidos, perseguidos y judicializados.

Mercredi 3 juillet était le premier anniversaire du massacre survenu dans la ville de Celendín ; et jeudi 4 juillet, un an près le massacre de Bambamarca commis par l'armée, la police fédérale —transformée en milice mercenaire au service de Yanacocha par le gouvernement fédéral— et les propres forces de sécurité de la compagnie minière (infiltrées) qui s'étaient déguisées  en policiers. Nous commémorons le 3 juillet 2012 lorsque quatre Celendinos ont été atteints par des armes longue portée, en pus des autres qui ont été blessés, frappés, arrêtés, persécutés et traînés devant les tribunaux.

Jorge Chávez Ortíz, un étudiant venant de Celendín, traitait sur le blog Mi mina corrupta (Ma mine corrompue) de la veillée qui s'est tenue le 2 juillet pour honorer les disparus :

En la vigilia se hizo la presentación del corto documental “La Tierra clama Justicia” elaborado por la PDTG con el apoyo de DOCUPERU y ACSUR Las Segovias, como también se presentó un vídeo elaborado con los diferentes mensajes enviados de varias partes del mundo solidarizándose con el pueblo de Cajamarca, se contó con la participaron varios artistas celendinos del campo y la ciudad.

Au cours de la veillée, le court-métrage “La Tierra clama Justicia” (la Terre demande justice) réalisé par le PDTG avec le soutien de DOCUPERU et ACSUR Las Segovias a été présenté avec une vidéo des divers messages envoyés du monde entier en solidarité avec la population de Cajamarca et la participation de divers artistes Celendino du pays et de la ville.

Foto de Jorge Chávez, usada con permiso.

Veillée à Celendín le 2 juillet 2013. Photo publiée avec l'autorisation de Jorge Chávez.

Sur le blog Celendín Libre, Jorge Chávez raconte la façon dont le 3 juillet à été commémoré à Celendín :

ese día de recuerdo inicio con una misa en la iglesia matriz de dicha ciudad, esta misa fue en honor a los fallecidos del 3 de julio de 2012, la iglesia estuvo a su máxima capacidad, mientras la gente esperaba en la plaza de armar. Luego de la misa se realizó una movilización, iniciando con un plantón en la municipalidad de Celendín, donde la madre de José Sánchez Human, increpo a los policías que custodiaban el inmueble, mientras les enseñaba la foto de su hijo. Luego la movilización recorrió las calles de la ciudad rumbo al cementerio general “Sagrada Familia”, donde se encuentran las tumbas de las 4 personas.

le jour de commémoration a débuté par un rassemblement dans la principale église de la ville ; ce rassemblement était en l'honneur des trois victimes du 3 juillet 2012 ; l'église était bondée, tandis que les gens attendaient sur la place centrale. Par la suite une manifestation a eu lieu, commençant par une protestation dans la ville de Celendín, où la mère de José Sánchez Human a réprimandé les soldats gardant le bâtiment, leur montrant une photographie de son fils. Plus tard la manifestation s'est déplacée à travers les rues de la ville en direction du cimetière “Sagrada Familia”, où les quatre personnes sont enterrées.

Celendín el 3 de julio, 2013. Foto de Jorge Chávez, usada con permiso.

Celendín, 3 juillet 2013. Photo publiée avec l'autorisation de Jorge Chávez.

Quelques jours auparavant,  GeneroyMineriaPeru téléchargeait une vidéo de plusieurs femmes qui ont pris part aux protestations contre Conga en Cajamarca, chacune à sa manière :

Blanca nos presenta la vida campesina en Cajamarca desde su comunidad, desde su ser rondera y amante de su territorio, bañándose con Aguas de Libertad. Amalia, desde la ciudad, nos trae Memorias de Fuego caminando por los recuerdos de la lucha que unió a diferentes provincias alrededor de las ollas comunes en defensa de sus lagunas. Keyth se levanta por una Tierra que clama Justicia recorriendo las calles de Celendín, rastreando respuestas, combatiendo la impunidad.

Blanca nous montre la vie rurale en Cajamarca depuis sa communauté, où une rondera et une amoureuse de sa région, elle beigne dans les Aguas de Libertad [eaux de la liberté]. Amalia, venant de la ville, nous apporte les Memorias de Fuego [souvenirs du feu] errant à travers les mémoires de la lutte qui a unie différentes provinces autour de marmites communes en défense de leurs lacs. Keyth prend position pour une Tierra [Terre] qui demande justice alors qu'elle déambule dans les rues de Celendín, cherchant des réponses, se battant contre l'impunité.

La Plataforma Institucional Celendina (PIC) a publié un manifeste appelant à une journée de la dignité pour Celendín, qui a été reproduit sur le blog Sin Patrones. Le manifeste se termine par le serment suivant :

Juramos por la sangre de nuestros hermanos caídos y las lágrimas de nuestras madres y nuestros padres, por la tierra que nos vio nacer y donde descansan nuestros muertos, por las aguas y las plantas y los animales que nos acompañan y con los que vivimos, por el aire que respiramos y por el país grande en que vivimos que es el Perú pero es también el mundo, que vamos a resistir ante el invasor sin usar violencia pero con toda firmeza hasta que la amenaza sobre nuestras vidas y la de nuestros hijos e hijas y contra el futuro que anhelamos, ya no exista más.

Nous jurons par le sang de nos frères disparus et les larmes de nos mères et pères, par la terre qui nous a donné la vie et le repos de notre mort, par les eaux et les plantes et les animaux qui nous entourent et avec lesquels nous vivons, par l'air que nous respirons et par le grand pays dans lequel nous vivons, le pays du Pérou mais aussi le monde, que nous résisterons à l'envahisseur sans recourir à la violence mais avec une détermination absolue jusqu'à ce que la menace pesant sur nos vies et celles de nos fils et filles et l'avenir nous avons très envie que cela n'existe plus.

A la fin se trouve le témoignage émouvant de Mme Adelaida Tabaco, veuve de Eleuterio García Rojas, sur la manière dont elle a vécu ces terribles moments il y a un an et comment sa vie a été altérée depuis lors.

Billet original publié sur le blog Globalizado de Juan Arellano.

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