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Bangladesh : Le bilan écologique très lourd de la ville nouvelle de Purbachal à Gazipur

Tous les liens associés renvoient à des pages en anglais, sauf mention contraire.

Au Bangladesh, la dernière controverse sur la pression foncière a été soulevée par un projet immobilier du gouvernement appelé “Purbachal, ville nouvelle”, à proximité de Dacca. Les habitants locaux disent que ce projet d’expansion a détruit les espaces verts et l’écosystème de 1600 acres de terres cultivées, de forêts, de vergers et de plans d’eaux dans le centre du district de Gazipur, ignorant les recommandations du ministère de l’Environnement.

Dacca, la capitale du Bangladesh, est considérée comme l’une des mégapoles qui grandissent le plus rapidement au monde. Entre 1990 et 2005, la ville a doublé de taille, en passant de 6 à 12 millions d’habitants. D’ici 2025, les Nations Unies prédisent que Dacca abritera plus de 20 millions de personnes.

Les caractéristiques significatives de cette croissance comprennent une urbanisation rapide, une migration en masse depuis les régions rurales, les difficultés liées à la pollution, la surpopulation, la baisse du niveau d’eau dans les nappes phréatiques et un manque de services adaptés à une population en croissance. La mégapole ne peut soutenir un fardeau de 14,4 millions d’habitants sur ses 360 km2 de superficie.

Nearly 1600 acres to be flattened in government housing project. Image by Sanaul Haque. Copyright Demotix (5/8/2013)

Près de 1 600 acres de terre réquisitionnés pour le projet de ville nouvelle du gouvernement. Image par Sanaul Haque. Copyright Demotix (5/8/2013)

Le gouvernement a déjà présenté son projet d’extension de la ville de Dacca. Le projet incorporera les municipalités voisines de Narayanganj, Tongi, Gazipur, Savar, Kadamrasul, Siddhirganj et Tarabo dans celle de la ville de Dhaka. La ville de Dhaka a été divisée en deux – les zones Nord et Sud – pour une meilleure administration.

D’après les statistiques de la Banque Mondiale, la zone urbanisée de la ville de Dacca représente 48%, mais une grande partie est occupée par des installations rurales et des constructions éparpillées (18%) entourées de forêts d'arbres spécifiques. Quant à la zone non-urbanisée, une grande partie est dominée par des terres agricoles. Les forêts et les terres agricoles sont les victimes de cette urbanisation rapide.

Le site internet de Rajdhani Unnayan Kartripakkha (RAJUK), l’Autorité chargée du développement de la capitale du gouvernement du Bangladesh, a fourni des détails sur le projet “Purbachal, ville nouvelle” :

Il s’agit de la plus grande cité planifiée dans le pays. La zone concernée par ce projet s’étend sur 6 150 acres de terrain, localisés entre Shitalakhya et la rivière Balu, dans la zone d’autorité du commissariat de Rupgonj, district de Narayangonj, et celle du commissariat de Kaligonj, district de Gazipur, au nord-est de Dhaka. […]

Les travaux de développement se poursuivent sur 4500 acres (dans la partie de Narayangonj) depuis l’année fiscale 2002-2003 et sur les 1500 acres restants (dans la partie de Gazipur), les travaux ont débuté en janvier 2013.

 

Gazipur est un site remarquable avec sa forêt unique de Sals et abrite le Parc National Bhawal. Ce dernier est un site protégé par l’IUCN. Une étude de projet territorial menée par RAJUK rapporte que 42.46% de la zone est couverte de forêts, 39.47% de terres cultivables et 9.75% par des fermes. Les articles de journaux disent qu’une grande zone forestière contenant des arbres de Sals et une faune et flore très variées sera détruite dans le cadre des chantiers du projet “Purbachal, ville nouvelle”.

Le ministère de l’Environnement a demandé à RAJUK de construire des lotissements d’habitations en évitant la zone forestière, mais cela n’a pas été pris en compte. Outre les projets territoriaux, les forêts de Sals sont rasés pour de nombreuses autres raisons – pour construire un terrain d’exercices pour l’armée du Bangladesh, pour planter des espèces invasives transgéniques d’« acacias » dans le cadre d'un plan de foresterie sociale tout en déracinant les arbres existants, etc.

A man who lives on the land shouts at the governments decision to flatten the land destroying trees for a housing project. Image by Sanaul Haque. Copyright Demotix (5/8/2013)

Un habitant protestant contre la décision du gouvernement d'abattret les arbres, dans le cadre d'un projet de développement immobilier. Photo  Sanaul Haque. Copyright Demotix (5/8/2013)

Après son retour de Gazipur, Faisal Rahman a écrit sur UNB Connect, un site d’information en ligne :

Les populations des villages affectés par le développement territorial, dont les villages de Barcow, Bashabashi, Kalikuthi, Puba Talna et Parabarta, ont montré à notre équipe les signes d’abattages ou de déracinements massifs – notamment de jacquiers, de manguiers, de bambous et de plantations de Sals – dans la zone.

Environ 150 acres de rizières, situées à Padarir Beel, ont déjà été remplies de boue. La zone du Beel (étang) est constituée de 800 acres de terre, elle est une source naturelle de poissons en saison de pluie.

Le blogueur Biplob Biswash vit dans un des villages du site de développement. Il a décrit en bangla sur la platforme de blog Amar Blog  comment le projet d’acquisition des terres se fait au détriment des habitants, qui ont été évincés de force :

যেখানে এখন জমি দাম হচ্ছে বিঘা প্রতি ১ কোটি থেকে দেড় কোটি টাকা সেখানে রাজউক ৯৫ সালের ভুয়া দলিল অনুসারে জমির দাম দিচ্ছে মাত্র ১ লাখ টাকা বিঘা। শুধু কি তাই, কোন গ্রামবাসী যদি বিল আনতে যায়, সরকারি ও রাজউকের কর্মচারীরা ঘুষের জন্য প্রায় তার পুরো বিলের টাকাই রেখে দেয়। যদি সে বলে যে তাহলে আমি কি পেলাম?, আমার জমি-জমা, বাড়ি-ঘর সবই সরকার কে দিয়ে দিলাম, আমি তাহলে কি পেলাম?, আর আমি এখন কি নিয়ে থাকবো, আমার ভবিষ্যৎ চলবে কি করে?

Alors que le bigha (0.33 acre) vaut à cet endroit 1 million à 1.5 millions de takas, RAJUK utilise un décret de 1995 pour acheter le bigha à seulement 100 000 takas. De plus, si un habitant du village va chercher son dû, les employés corrompus de l’Etat et du RAJUK en conservent presque la totalité. Il peut alors se demander : Qu’ai-je donc obtenu ? J’ai perdu mon terrain, ma maison, je donne tout à l’Etat, mais moi qu’est-ce que j’obtiens ? Comment vais-je vivre maintenant ? Comment vivrai-je à l’avenir ?

Le blogueur écrit aussi que ceux qui refusent de quitter leur résidence sont harcelés par la police et les caïds locaux en étant poursuivis en justice par des faux chefs d’accusation.

Un recours a été déposé par l’Association des Avocats spécialisés dans l’Environnement au Bangladesh car le projet immobilier n’a aucun certificat environnemental valide délivré par le ministère de l’Environnement pour occuper des terrains et construire dans les zones de Borakau et Parabath à Gazipur.

Le 1e août 2013, la Haute Cour a ordonné aux autorités concernées de cesser leurs activités jusqu’à nouvel ordre dans le cadre du projet immobilier de Purbachar, à Gazipur.

Wetlands and fauna are filled with sand for land development for government housing project. Image by Sanaul Haque. Copyright Demotix (5/8/2013)

Les marécages et la faune sont repoussés par le sable amené pour l'extension des terres nécessitée par le projet immobilier du gouvernement. Photo Sanaul Haque. Copyright Demotix (5/8/2013)

Un certain nombre d’organisations dont Paribesh Bachao Andolon (Mouvement Sauver l’Environnement), Bangladesh Paribesh Andolon (Mouvement Environnement de Bangladesh) et l’Institut d’Architecture de Bangladesh ont visité les sites d'extension à Gazipur [bn] et réclamé les points suivants :

১. রাজউক এর পরিবেশ বিধ্বংশী কার্যক্রম অবিলম্বে সম্পূর্ণ বন্ধ করা।
২. পূর্বাচল প্রকল্পের নামে পরিবেশ বিধবংশী কর্মকান্ডের ক্ষতি নিরূপণ করতে একটি তদন্ত কমিটি গঠন করা।
৩. পূর্বাচল প্রকল্পের নামে এরূপ বিধবংশী এবং অমানবিক কর্মকান্ডের জড়িত রাজউকের কর্মকর্তাকে দৃষ্টান্তমূলক শান্তি প্রদান করা।
৪. নিরীহ এলাকাবাসীর বিরুদ্ধে মিথ্যা হয়রানিমূলক মামলা নি:শর্তভাবে প্রত্যাহার করা।

1. Faire entièrement cesser les activités d'extension de RAJUK, qui détruisent l’environnement.

2. Constituer un commission d’enquête pour établir et réparer les torts causés par les activités destructrices commises au nom du projet Purbachal.

3. Condamner de manière exemplaire les employés de RAJUK impliqués dans ces activités destructrices et inhumaines commises au nom du projet Purbachal.

4. Abandonner, sans aucune condition préalable, les plaintes lancées  contre les habitants innocents de la zone.

Le blogueur Biplob Biswash a écrit dans un autre post :

বাহিরের মানুষ সবাই খুব মজা পাচ্ছে এখানে পৃথিবীর আধুনিকতম শহর হবে, সেই শহরে বসবাস করবে অতি সুখের সাথে। কিন্তু তারা কি একবারও সেই মানুষ গুলির অনোভূতি টুকু অনুভব করেছেন, যাদের চৌদ্দ পুরুষের সঞ্চিত শেষ সম্বলটুকু জোর করে কেড়ে নিয়ে এই শহর বানানো হচ্ছে, যে মানুষ গুলির শিকড় উপড়ে তুলে আস্তাকুড়ে ছুড়ে মারা হচ্ছে, যে মানুষ গুলিকে সর্বস্য হারিয়ে খোলা আকাশের নিচে গিয়ে দাড়াতে হবে। জানি না, কেউ তাঁদের এই কষ্টের সামান্যতম অংশও অনুভব করতে পেরেছেন কি না।

De l’extérieur, les gens se réjouissent qu’une ville moderne soit construite à cet endroit où pourront vivre heureux. Mais ont-ils une seule fois pensé à ce que peuvent ressentir les personnes qui sont dépossédées de force de la terre que leur a laissé leurs ancêtres et sur laquelle est construite la nouvelle ville ? Les personnes déracinées et jetées dans l’oubli ? Les personnes qui perdent leur abri et qui devront survivre sans toit ? Je ne sais pas si les gens ont pu ressentir ne serait-ce qu’une infime partie même de leur détresse.

Dans le monde, la proportion moyenne des zones forestières d’un pays est de 26% alors que le Bangladesh n’en a que 18% [bn]. Si les zones forestières qui restent ne sont pas protégées, le pays devra faire face à des conséquences sévères sur l’environnement, à l'avenir.

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