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En Thaïlande, “liker” sur Facebook peut vous mener en prison

La semaine dernière en Thaïlande, les utilisateurs de téléphones mobiles ont exprimé haut et fort leur opposition aux projets du gouvernement de surveiller les conversations échangées sur LINE, une application de messagerie très utilisée. Le Premier Ministre Thaïlandais, Yingluck Shinawatr, a répondu en assurant à ses électeurs que les libertés individuelles seraient respectées et en promettant de suivre soigneusement la proposition de contrôle soumise par Division de la Suppression de la Criminalité Technologique (TCSD).

Pour dissiper l'idée que son gouvernement tente de restreindre la liberté en ligne, Yingluck devrait demander au Général en Chef de la Police Pisit Pao-in, responsable de la Division de la Suppression de la Criminalité Technologique, de s'abstenir de menacer les utilisateurs d'internet.

Lors d'une interview avec les journalistes de The Nation, un quotidien thaïlandais, Pisit a averti les utilisateurs de Facebook qu'ils pourraient être arrêtés s'ils ‘aimaient’ un article qui menaçait la sécurité nationale :

[Vous pourriez être arrêté] si vous ‘aimez’ un message estimé contraire à la sécurité nationale. Si vous cliquez sur ‘j'aime’, c'est que vous acceptez le message, ce qui veut dire que vous le cautionnez. En faisant cela vous participez à donner plus de crédibilité au message et ainsi votre responsabilité est engagée.

Je ne vous interdit pas de cliquer sur ‘j'aime’. Mais si vous ‘aimez’ ce genre de message vous serez arrêté.

Il a ensuite ajouté que ‘partager’ des articles subversifs était aussi un crime :

Si vous partagez pour soutenir le message original, ce n'est pas bien. Mais si vous faites un commentaire contre le message, c'est correct.

Il a répondu que ce n'est “que pour le maintien de la paix sociale” que ses services ont convoqué quatre utilisateurs de Facebook pour avoir publié des messages qui informaient sur des menaces de coup d'état.

Pisit a oublié de précisé que les rumeurs de coup d'état ont été sans doute déclenchées par la présence inhabituelle de chars militaires à Bangkok, la capitale du pays. De plus, des discussions houleuses sont en cours au Parlement sur la proposition d'une Loi d'amnistie qui divise le pays depuis maintenant plusieurs mois. Etant donné le contexte et le fait que les coups d'état se sont succédé dans l'histoire récente du pays, les discussions en ligne sur l'éventualité d'un coup d'état ne sont pas surprenantes.

Certaines autorités ont averti les utilisateurs d'internet de ne pas soutenir des déclarations qui menacent la sécurité nationale, mais la définition du gouvernement de ce que sont la rébellion, la subversion et la sécurité nationale est vague et contestable. On peut trouver de nombreux commentaires absolument pas menaçants ou des plaisanteries qui pourraient être interprétés comme tels. Dans une autre interview, Pisit avoue que ses services surveillent déjà les activités des internautes à l'aide de logiciels “qui identifient les mots qui menacent la sécurité nationale, comme coup d'état, monarchie, lèse majesté, drogues, contrefaçon et prostitution”.

C'est un aveu exceptionnel de la part du gouvernement. Il est aussi étonnant que la prostitution soit considérée comme une menace pour la sécurité nationale. L'intention cachée de Pisit est peut-être d'éviter que les Thaïlandais ne discutent ouvertement de problèmes politiques qui pourraient ternir l'image et la popularité des responsables politiques.

Pisit devrait écouter les conseils de Mme Surangkana, la responsable du ministère de l'Information qui a rédigé le projet de loi sur la criminalité informatique, et qui dit que la loi ne donne pas tous les pouvoirs aux autorités pour surveiller l'activité des internautes thaïlandais.

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