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Un juge saoudien : “Avez-vous besoin d'un avocat ? N'êtes-vous pas un homme ?”

Catégories: Afrique du Nord et Moyen-Orient, Arabie Saoudite, Cyber-activisme, Droit, Droits humains, Femmes et genre, Liberté d'expression, Médias citoyens

Ce billet fait partie de notre dossier spécial: Les réformistes jugés en Arabie Saoudite [1]

La troisième audience du procès d'Omar Al-Saeed a eu lieu hier [18 Août] à Buraydah, Arabie Saoudite. Umar Al-Saeed [2], un membre de l’Association pour les droits civiques et politiques  [3](ACPRA), a été arrêté le 28 avril [4] pour avoir refusé de subir un interrogatoire sans son avocat.

Comme lors de la deuxième audience [5], Omar Al-Saeed a été maintenu menotté. Il s'est plaint de la douleur causée par les menottes, mais le juge, Eisa Al-Matroudi, a refusé de les lui faire enlever.

Lorsque le public a commencé à entrer dans la salle d'audience, le juge a ordonné aux agents d'entourer Al-Saeed et a refusé que ses défenseur, Abdullah Al-Saeed et Eisa Al-Hamed, s'assoient à côté de lui. En outre, il a refusé que ses avocats s'assoient l'un à côté de l'autre.

Le juge a interrogé à Al-Saeed, le plus jeune membre de ACPRA arrêté à ce jour, à propos d'une des accusations, “critiquer les dirigeants”, Omar Al-Saeed a essayé de s'entretenir avec ses défenseurs.”Pourquoi avez-vous besoin de l'aide de vos avocats pour répondre ? N’êtes-vous pas un homme? ” le juge lui a demandé [6] de manière provocante. Umar a alors refusé de répondre, exigeant la fin des mauvais traitements. Umar Al-Saeed s'était plaint auparavant de mauvais traitements [7] lors de son interrogatoire.

Au cours du procès, quelqu'un du public, Mohammad Al-Rabiah [@mohad_f [8]], a rappelé au juge qu'il était illégal d'empecher l'accusé et ses défenseurs de conférer. Le juge a invité Al-Rabiah à aller s'asseoir près de lui et lui a donné le code des procédures pénales lui demandant de repérer les articles qui empêcheraient le juge de le faire.

Un autre participant, Muhammad Al-Ahmad, a été expulsé:

Dans le procès d'Omar Al-Saeed, le juge m'a chassé à cause d'un chewing-gum! Étrangement, il ne me l'a pas dit directement, mais un agent m'a dit que c'était l'ordre du juge.

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Mesdames Bayan Al-Bjadi [@Urooobh_ [12]] et Jinan Al-Ghaith [@JMNG6 [13]] n'ont pas été autorisées à assister au procès. Les policiers leur ont dit que les juges n'autorisaient pas les femmes dans la salle d'audience et ont essayé de les convaincre de rentrer chez elles. Les femmes ont refusé et ont attendu à l'extérieur jusqu'à la fin du procès.

Bayan a tweeté:

Même si nous ne pouvions pas entrer dans la salle, c'est comme si nous l'avions fait. Et je participerai encore et encore tant qu'ils nous le permetteront.

Ce n'est pas la première fois [16] que les juges interdisent aux femmes d'assister aux procès. Certains utilisateurs de Twitter considèrent cette attitude comme une discrimination systématique contre les femmes par le système judiciaire:

Persister; c'est quand les femmes de mon pays vont aux procès, sachant qu'elles ne seront pas autorisées à entrer à cause de la discrimination de la magistrature contre elles.

Selon un membre du public [19], le juge a demandé aux avocats d'exiger son remplacement en disant qu'il voulait abandonner cette affaire. Il était tellement irrité qu'il n'a pas fixé de date pour la prochaine audience. Aucun procès-verbal n'a été signé par l'accusé et ses défenseurs.

Six autres membres de l'Association des droits civiques et politiques sont en prison en Arabie Saoudite. L'un d'eux, Mohammad Al-Bjadi [20], a été libéré le 6 août [21] puis arrêté le 14 août sans aucune raison apparente.

Ce billet fait partie de notre dossier central en anglais : Les réformistes jugés en Arabie Saoudite [22]