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Des milices féminines : la solution pour arrêter les viols en Inde ?

Billet d'origine publié le 24 août 2013 – Tous les liens associés renvoient à des pages en anglais, sauf mention contraire.

Une jeune fille de 22 ans, photo-journaliste stagiaire pour un magazine, a subi un viol collectif à Mumbai, en Inde, pendant son temps de travail le 22 août 2013.

La victime a dû être opérée suite à ses blessures et a mis plusieurs jours pour récupérer. (A la publication du billet le 24 août) Un seul des cinq suspects a été arrêté. Comme l'affaire du viol collectif de Delhi (voir le billet de Global Voices [fr]) en décembre 2012, l'incident ranime l'indignation nationale qu'elle avait suscitée et renouvelle la recherche de solutions.

Le courant populaire et les média sociaux débordent de discussions sur comment arrêter ces viols.

Neha Sanghvi (@nehasanghvi) exprimait son indignation :

Je me sens très mal en apprenant ce viol collectif répugnant dans la ville de Mumbai, en plein jour. Quelle honte !

Avinash Iyer (@IyerAvin) a tweeté:

D'après les rapports préliminaires, le viol de Mumbai est tellement similaire à l'affaire de Nirbhaya. Une femme, amie célibataire, amie brillante, femme violée.

Le scénariste et blogueur (@ajitjagtap) estime que l'impunité inspire d'autres crimes :

Viol collectif à Mumbai. Les violeurs sont inspirés par ceux qui n'ont pas été condamnés ni même arrêtés pour leurs obscénités.

Rabia sheikh (@Rabiasheikh7) était pessimiste quant à la découverte d'une solution :

Encore un viol collectif… Quelques manifestations de plus, rien ne changera ! L'Inde n'est pas un pays sûr pour les femmes. #Mumbai

Pourquoi cette frustration? D'après Catholic Online, les plaintes pour viol, décès pour des questions de dot, violences, harcèlements sexuels et autres crimes dirigés contre les femmes ont augmenté de 6.4% en 2012 par rapport à l'année précédente. Les statistiques ont montré que 244 270 crimes contre des femmes ont été rapportés à la police indienne en 2012, contre 228 650 crimes en 2011, selon le National Crimes Records Bureau (Bureau National des Affaires Criminelles). Le problème des viols en Inde a été décrit comme “assez préoccupant pour faire sauter d'une fenêtre” par le magazine The Atlantic, faisant référence à l'affaire où une touriste britannique avait sauté par la fenêtre en mars 2013 pour échapper aux avances indésirables du propriétaire de l'hôtel dans lequel elle résidait.

Vishal Bheeroo a identifié le problème :

Le problème principal est le manque de lois efficaces pour protéger les femmes et les commentaires sexistes prononcés au Parlement sont une telle honte!

Depuis le viol collectif de Delhi, le rapport juridique Verma a été soumis (en ayant toutefois été critiqué), et le projet de loi “contre les harcèlements sexuels subis par les femmes sur leur lieu de travail a été adopté. Cependant, les violences à l'égard des femmes persistent. Les représentants des mouvements de femmes, les activistes et les organisations des droits démocratiques et humains s'alarment des omissions majeures dans la protection législative actuelle pour les femmes, qui peuvent les laisser encore plus vulnérables.

Alors quels sont les meilleurs moyens pour faire cesser les affaires de viols qui semblent continuelles en Inde?

Pour beaucoup, il est clair que le viol est un problème en Inde, mais les réponses ont été variées. Des campagnes ont eu lieu pour armer les femmes de poivre et de couteauxpour leur donner des entraînements pour se défendre contre les hommes and pour changer les lois.

Les membres de Red Brigade (Brigade Rouge) d'un petit village de Lucknow [fr], la capitale de l'état d'Uttar Pradesh, prennent les choses en main en agissant directement contre les harcèlements sexuels. Dirigée par une formatrice de 25 ans, Usha Vishwakarma, la Brigade Rouge a été fondée en 2010, presque 4 ans après la création d'un groupe similaire, le Gulabi Gang.

Gulabi Gang. Image from Flickr by Lecerle.

Gulabi Gang. Image par Lecerle sur Flickr. CC BY-NC-SA 2.0

Le Gulabi Gang a été le sujet d'un film de 2010 intitulé Pink Sari's. La Red Brigade est une version plus jeune avec des filles dont l'âge est compris entre 11 et 25 ans. Comme l'a rapporté The Guardian, les membres de la Red Brigade ont pris :

une action directe contre leurs persécuteurs et maintenant, lorsqu'un homme franchit la ligne, il peut s'attendre à recevoir la visite du groupe.

The Red Brigade girls. Screenshot from Red Brigades Blog

Les filles de la Red Brigade. Capture d'écran du blog des Red Brigades

Habillées de salwaar kameez (habit traditionnel indien) rouges et noirs, de nombreuses filles ont été victimes de violence dans le passé. Elles prennent aujourd'hui des cours d'arts martiaux et participent aux manifestations.

Si un homme est surpris en train de harceler une fille, il lui est ordonné d'arrêter. Les conséquences peuvent empirer s'il ne s'arrête pas, il pourra être puni par des moqueries publiques ou de la violence, même si celle-ci n'a été utilisée qu'à une seule occasion.

Lorsqu'on lui demande d'où vient son courage, la meneuse du groupe, Usha Vishwakarma, répond :

Quand tu souffres, tu en tires du courage. Quand tu es victime, tu en tires du courage.

Les membres de la Red Brigade ne se contentent pas de se battre, elles poursuivent leurs études pour assurer leur carrière :

#NouvellesPositives de #ABPNews, rencontrez les filles de la Red Brigade à Lucknow qui travaillent pour devenir plus fortes. http://t.co/a2ppfNHz6e

Rencontrez les filles de la Red Brigade à Lucknow, elles protègent les femmes et les filles des violeurs!!! http://t.co/WogM9Cygyh

Comme le 23 août, les activistes et les journalistes se sont réunis à Hutatama Chowk au sud de Mumbai pour une manifestation silencieuse. Les partis d'opposition ont soulevé la question au Parlement et les organisations ont conduit des manifestations dans différentes villes. Ce qu'il leur faudrait, c'est peut-être plus de personnes déterminées comme ces groupes d'auto-défense.

Mise à jour : Le 25 août 2013, la police de Mumbai avait arrêté les cinq hommes qui étaient recherchés dans l'affaire du viol collectif de la photo-journaliste. Le plus âgé a 25 ans et le plus jeune est suspecté d'avoir 16 ans.

Image de vignette avec l'autorisation de la page Facebook de la Red Brigade. Avec des informations additionnelles de Rezwan.

1 commentaire

  • Bonjour,
    le travail de Red Brigade Lucknow ne s’arrête jamais.
    Aujourd’hui, comme tous les mois, le 29, Usha et les filles font un sit-in sous la statue de Gandhi à Lucknow, en mémoire de “Damini”, pour protester contre les violences faites aux femmes.
    ( Vous pouvez aider cette équipe grâce à paypal et leur blog, ou par le site en Français )

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