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Les médecins de Panama en grève contre une loi qui autorise le recrutement d'étrangers

Esperando en un hospital en Calidonia, Panamá. Foto de ORBIS UK en Flickr (CC BY-ND 2.0)

Salle d'attente dans un hôpital de Calidonia, Panamá. Photo de ORBIS UK sur Flickr (CC BY-ND 2.0)

[Tous les liens dirigent sur des pages en espagnol]

Un groupe de médecins panaméens a lancé une grève illimitée après l'approbation en seconde lecture par l'Assemblée Nationale d'une loi qui autorise le recrutement et l'emploi de personnel médical étranger.

La grève illimitée, qui a débuté le 27 septembre, est la deuxième de la sorte en 2013. La grève a été annoncée par la Commission Panaméenne Nationale pour les Négociations Médicales (Comisión Médica Negociadora Nacional, ou COMENENAL).

La profession médicale prétend que la Loi 611 cherche à privatiser la santé. Cependant, le Ministre de la Santé Javier Díaz a clairement indiqué que l'intention de la loi était de donner accès aux services de santé aux régions les plus reculées et aux personnes les plus démunies pour leur éviter d'avoir recours aux cliniques privées. La Estrella de Panamá cite Diaz: “Quand quelqu'un ne peut pas consulter un spécialiste, la seule solution qui lui reste est d'aller dans une clinique privée ou déménager dans la capitale. Je ne comprends pas que la COMENAL souhaite empêcher l'application de cette loi et laisser les gens se déplacer pour aller consulter dans les cliniques privées.”

De son côté, Mauro Zuñiga, porte-parole de la profession médicale, a fait une déclaration à Telemetro, où il explique que “les médecins, les infirmier(e)s, les techniciens et les professionnels de santé ne sont absolument pas protégés par cette loi et perdent la stabilité de leurs emplois.”

La COMENENAL  précise également que loin de s'opposer à la loi en elle-même, c'est l'approche du gouvernement qu'elle récuse. La Prensa cite le président de la COMENENAL : “Nous sommes contre le processus de recrutement, contre le manque de contrôles, la flexibilité excessive, et c'est pour cela que nous nous battons. J'estime que nous avons déjà les moyens de résoudre la situation. Cependant, le manque de créativité et d'initiative, les réticences, tout cela nous a amenés à la situation que nous connaissons”, fait-il remarquer.

La profession médicale est devenue tout à fait impopulaire aux yeux des citoyens en raison de ses exigences et ses grèves récurrentes. L'un des reproches concerne certains médecins qui travaillent à la fois dans le secteur public et dans le secteur privé et qui privilégient leurs cliniques privées. Avec cette grève, ils vont perdre de la rémunération et des consultations qui prendront des mois à être reprogrammées.

Les Panaméens expriment sur Twitter leur rejet de l'action des médecins.

A Panama il y a une pénurie de plus de 6000 professionnels de santé comme le fait remarquer Soraya Castellano :

grève des personnels de santé à cause du vote d'une loi qui permet le recrutement de médecins étrangers. Pénurie de plus de 6.000 personnels de santé.

Julio R. Gatica souligne le cas de médecins qui ferment des cliniques publiques pour garder ouvertes leurs cliniques privées :

Nous sommes en grève des soins illimitée, mais nous continuons à vous soigner dans nos cliniques privées.. Salutations, COMENENAL non?

Francisco Alvarez critique la décision des médecins qui ne touche que les patients et rejette la responsabilité des conséquences sur le Ministère de la Santé :

Il est regrettable de voir comment cette grève des services de santé illogique et démagogique affecte les patients. Quand les responsabilités sont clairement expliquées, les citoyens savent à qui s'en prendre. @minsa_panama

D'autres Panaméens, comme José Gutierrez, accueillent la manifestation des personnels de santé avec sympathie et considèrent que la nouvelle loi pourrait marquer le début d'une vague d'importation de main d'oeuvre :

Aujourd'hui ils veulent voter une loi qui autorise l'importation de médecins, demain ce seront des infirmières, des professeurs, des avocats, des ingénieurs, des transporteurs, des ouvriers et autres.

Une chose est sûre: ni le gouvernement ni les médecins ne semblent prêts à céder dans une crise qui reflète la manière de diriger de l'actuel gouvernement et les abus du corps médical envers les usagers. La grève illimitée va se poursuivre et ce sont les patients qui vont en pâtir.

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