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Mexique : Une carte collaborative enregistre les personnes portées disparues

[Sauf mention contraire, les liens mènent à des pages en anglais.]

portodxslxsdesaparecidxs Un groupe de citoyens et d'activistes s'est réuni pour cartographier les 27 000 personnes portées disparues au Mexique sur une carte collaborative : #PorTodxsLxsDesaparecidxs – “Pour tous les disparus”.

À ce jour, 6 890 cas ont été cartographiés sur les 27 000 portés disparus par la Commission Nationale des Droits de l'Homme (CNDH) conséquents à l’offensive militaire contre les cartels de drogue lancée par l'ancien Président Felipe Calderón en 2006.

Le nombre officiel des personnes qui ont été portées disparues durant le mandat de six ans de Calderón s'élevait à 26 121 en février de cette année. Mais selon Manuel Robles, co-administrateur du site de la carte, de nombreuses disparitions ne sont pas signalées et le nombre de personnes disparues pourrait être de 30 000 ou plus.

“Les disparitions ont commencé sous le regard de Calderón, mais elles n'ont pas pris fin avec son mandat. Des milliers de ces disparus le sont encore. Les soldats et la police cachent la vérité sur leur sort. Et les familles des victimes continuent de souffrir de ne pas savoir ce qui est arrivé à leurs proches”, a déclaré José Miguel Vivanco, directeur pour les Amériques de Human Rights Watch, en février de cette année.

Manuel Robles explique que pour cartographier chaque cas ils utilisent une liste de personnes disparues communiquée par le Bureau du Procureur General (PGR), plus des listes communiquées par les bureaux des Procureurs d'État, et des signalements de citoyens. L'équipe derrière la carte vérifie les informations qu'elle reçoit des internautes, qui sont parfois incomplètes.

Les rapports incomplets sont publiés temporairement, qvec une note demandant à la personne qui a envoyé le signalement d'ajouter les informations manquantes. S'il n'y a pas de réponse après “un laps de temps raisonnable”, comme l'explique Robles, le rapport est retiré de la carte, mais le groupe conserve les informations sur sa base de données. portodxslxsdesaparecidxs Robles ajoute que depuis le lancement du site en juillet, des citoyens ont envoyé des rapports très complets. “Nous donnons aux citoyens les outils pour envoyer ces rapports, et nous sommes très attentifs avec ce que nous publions afin de ne pas discréditer la qualité des informations qui sont sur la carte”, souligne Robles.

Les rapports peuvent être classés en différentes catégories. Au moment où cet article a été écrit, 2 589 rapports ont été classés sous “Femmes et enfants,” 9 sous “Journalistes,” 160 sous “Disparitions forcées,” et 30 sous “Trouvés.”

“Le but ultime [de cette carte], même si nous savons que c'est irréaliste, est que les disparus réapparaissent, préférentiellement vivants, et que la justice soit utilisée pour tous les morts de cette guerre insensée,” dit Robles.

Néanmoins, Robles admet qu'un but plus réaliste serait de forcer les autorités à revoir leur stratégie dans la lutte contre le crime organisé, en particulier le narcotraffic. “Nous voulons que les [autorités] fassent leur travail. Nous voulons que l'État garantisse ce que les lois, et ce que notre constitution, établissent comme devoirs et obligations de l'État : protéger les citoyens. Ce n'est pas le cas”, explique Robles. “Si nous avons un vœu à faire concernant le résultat de ce travail que nous réalisons avec la carte des disparus, ce serait que l'État remplisse vraiment ses devoirs et obligations.”

Robles est direct dans sa critique de la stratégie du gouvernement mexicain dans la prétendue “guerre” contre les cartels de drogue et le crime organisé : “Avec cette carte des disparus, nous levons un tapis pour montrer la saleté derivée d'une politique d'État déficiente”. Des citoyens et activistes de différents origines et professions forment l'équipe derrière la carte. Le blog mexicain Nuestra Aparente Rendición [es] loue leur travail :

A pesar de tener ocupaciones como consultorías o atender a la familia, estos héroes del ciberespacio (algunos anónimos) hacen a un lado problemáticas de su vida cotidiana para dedicarse de lleno a una alerta ciudadana en pos del bien común. Entre los integrantes encontramos a (por su Twitter): @misspartes, @princesabathory, @mroblesmx, @cecy_er, @qual36 y Alberto Escoria de @YoSoyRed, quienes se reparten el trabajo que requiere administrar, depurar y cotejar la base de datos de los desaparecidos

Malgré le fait d'avoir des occupations comme conseiller et prendre soin de leur famille, ces héros du cyberspace (certains anonymes) laissent leurs problèmes quotidiens de côté pour se consacrer à une initiative citoyenne en vue du bien commun. Parmi les membres, nous trouvons (par leur pseudonyme Twitter): @misspartes, @princesabathory, @mroblesmx, @cecy_er, @qual36 et Alberto Escoria de @YoSoyRed, qui se partagent le travail pour gérer, organiser, et assembler les données sur les disparus.

Sur Twitter, le groupe utilise le hashtag #PorTodxsLxsDesaparecidxs pour promouvoir la carte et pour inviter d'autres citoyens à contribuer aux rapports. Lorsqu'on lui demande l'objectif final de cette carte, Manuel Robles conclut : “Nous savons que notre travail est juste un grain de sable sur la plage que nous devons édifier afin de changer cela. Ceci ne nous décourage pas. Nous savons que cela doit être fait, et nous savons que quelqu'un doit le faire. Nous ne savons pas si nous créerons un changement avec nos efforts, mais nous voulons que le Mexique soit un pays gouverné par l'État de droit, un État de droit qui n'existe pas aujourd'hui”.

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