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Briser les tabous: Les Tunisiens s'expriment contre l'homophobie

De nombreux Tunisiens ont pris leur clavier pour se déchaîner contre l'homophobie après que la première conférence sur l'homosexualité organisée dans le pays, et qui s'est tenue vendredi 27 septembre 2013, au Ministère des droits de l'homme dans la capitale, Tunis. Elle était dirigée par des spécialistes en psychologie et un éminent sexologue tunisien, Haithem Sherif. Sur Twitter, le mot-dièse #TnGay était en tendance. Il s'est classé cinquième, deux places derrière Justin Bieber. C'était chaud.

A screenshot of Twitter trending topics on Sunday, 28th.

Une capture d'écran des sujets tendance sur Twitter le samedi 28 septembre

Ne pas confondre, le but de la conférence était d'étudier “les perspectives des familles en ce qui concerne l’homosexualité à un âge précoce.” Les organisateurs de la conférence ont affirmé que l'événement ne voulait pas manquer de respect envers l'homosexualité, mais plutôt ouvrir le débat. Les experts voulaient voir avec les participants si les familles jouent un rôle actif dans la détermination de l'orientation sexuelle de leurs jeunes enfants. Malheureusement, la page Facebook, mise en place pour l'événement et qui était rapidement remplie de commentaires et de messages sur le sujet, a été supprimée quelques heures après la fin de la conférence.

Cela n'a pas empêché les Tunisiens d'exprimer leur opinion sur le sujet. Beaucoup se sont tournés vers Twitter pour évacuer leur colère. La blogueuse Emna El Hammi tweete avec incrédulité :

@dahkys partage son opinion sur ce qui est “normal”:

Une autre utilisatrice de Twitter a un avis différent. Et Mocking Jay demande aux Tunisiens de se rappeler où ils sont:

La conférence a présenté une vidéo sur l'homosexualité à un âge précoce, avec le ministre tunisien des droits de l'homme et de la justice transitionnelle, Samir Dilou. Monia Ben Hamadi a cité Dilou en disant:

Dilou a réitéré son point de vue sur l'homosexualité. Au début de 2012 et quelques mois seulement après avoir été intronisé comme ministre, il a fait référence à l'homosexualité, dans une émission-débat tunisienne, comme “une perversité psychologique qui devrait être traitée.” Ces déclarations ont suscité l'indignation des groupes LGBT en Tunisie à l'époque.

D'autres utilisateurs de Twitter s'en sont pris aux dirigeants islamistes et leur position sur l'homosexualité. Morsi Chaari tweete :

La conférence a également contribué à la notoriété de quelques utilisateurs de Twitter défenseurs des droits des LGBT. @TNLGBT qui était également présent à la conférence n'a pas manqué l'occasion de réagir avec ceux qui s'intéressaient à la conférence ou avaient des opinions différentes. Ces utilisateurs de Twitter gardent encore leur anonymat en raison des pressions exercées par le public et du harcèlement de l’Etat envers les pratiques homosexuelles.

Il est difficile de récupérer la réaction globale sur les réseaux sociaux sur un tel sujet, qui est encore tabou en Tunisie. Global Voices Online a parlé avec la journaliste de Tunisia Live [anglais], Farah Samti, qui a assisté à la conférence, et qui écrit fréquemment sur le sujet. Nous lui avons demandé si la conférence est parvenue à susciter un débat constructif autour du sujet. Elle ne le pense pas.

“Je pense que le but derrière l'organisation d'une telle conférence était probablement pour essayer de montrer que le sujet est abordé et qu'il n'est plus un tabou. Mais elle n'était pas particulièrement efficace ou utile. C'était à sens unique et les intervenants n'ont pas répondu aux questions de ceux qui se sont opposés à leurs points de vue,” a-t-elle répondu sur Facebook.

On peut se demander si le sujet est suffisamment traité. Les réseaux sociaux peuvent-ils être des plateformes efficaces pour un tel débat?

“Absolument pas. Les gens ont manifestement encore peur. Et c'est pourquoi il est difficile de parler pour la communauté LGBT. Et, c'est pour cela que les réseaux sociaux sont le principal moyen d'exprimer leurs opinions,” affirme Samti.

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