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Un Syrien de 18 ans, photographe de guerre indépendant pour Reuters, tué lors d'un combat à Alep

[Liens en anglais] Molhem Barakat, un photographe indépendant travaillant pour Reuters aurait été tué alors qu'il couvrait un combat opposant les forces de Bashar Al-Assad et celles des rebelles près de l'hôpital Al-Kindi à Alep le 20 décembre 2013.

Hassoun Abu Faisal du Centre des médias d'Alep a déclaré à l'agence Associated Press que Barakat était mort  dans une fabrique de tapis près de l'hôpital, avec son frère, un combattant de l'Armée syrienne libre. Sa caméra ensanglantée a été découverte près de la scène :

Mulhem Barakat, un jeune photographe qui travaillait pour Reuters et @aleppomediacent a été tué alors qu'il couvrait une bataille à Alep

Abu Faisal a également signalé que Barakat n'avait commencé à couvrir la guerre qu'il y a quelques mois avec ses débuts de pigiste pour Reuters au mois de mai dernier.

L'adolescent syrien, qui est né le 8 mars 1995 selon son profil Facebook, a déclaré lors d'une rencontre avec le photojournaliste Stanislav Krupar, basé à Prague, que Reuters le payait 100 dollars US pour 10 photos par jour et un extra de 50 à 100 dollars si le blog Lens du New York Times en choisissait une ou plusieurs pour la section ‘Photo du jour’.

Alors que Krupar a déclaré qu'il pensait que Reuters fournissait à Barakat l'équipement photographique nécessaire, il indiquait que Barakat n'avait pas de “protection balistique – ni de veste, ni de casque.”

Rapportant sa mort, la journaliste Randa Habib d'Amman a dit :

Le jeune photographe Molhem Barakat a été tué en #Syrie. Les médias devraient arrêter d'utiliser de jeunes correspondants qui mettent leur vie en danger.

Faisant écho à cette opinion, le responsable affaires internationales de la BBC, Stuart Hughes a écrit sur Twitter que Reuters avait répondu de manière nonchalante à ses questions qui concernaient l'âge et l'inexpérience de Barakat. Il a posé à Reuters les questions suivantes :

- Il y a des déclarations contradictoires concernant l'âge de Molhem qui aurait entre 17 et 19 ans. Êtes-vous capable de clarifier ?

- Si non, quelle est la réponse de Reuters face à ceux qui prétendent que Molhem avait 17 ans, et donc qu'il était mineur en vertu de la loi au Royaume-Uni et aux États-Unis ?

- Quelles sont les vérifications qui sont faites par Reuters pour contrôler l'âge des jeunes pigistes qui travaillent dans des environnements hostiles ?

- Est-ce que Reuters sait si Molhem Barakat avait effectué un entraînement pour travailler dans un environnement hostile ou s'il avait suivi une formation de premiers soins ? Possédait-il un équipement de protection personnel ou une trousse de premiers soins ?

- Quelle est la politique actuelle de Reuters concernant l'achat de matériel pour les pigistes en Syrie ?

Ce à quoi Reuters a répondu :

Nous sommes profondément attristés par l'annonce de la mort de Molhem Barakat, qui a vendu des photos à Reuters en tant que travailleur indépendant. Afin de protéger les nombreux journalistes qui sont sur le terrain en zones de guerre dangereuses et volatiles, nous pensons qu'il est inapproprié de commenter davantage sur la situation à ce moment-ci.

Corey Pein, un écrivain américain qui vit au Royaume-Uni, ajoute que si Reuters a peut-être aidé Barakat a se mettre à l'abri, ils ne peuvent pas éviter les questions concernant sa mort :

Je sais aussi que les guerres sont dangereuses, et si Molhem n'avait pas pris de photos, il aurait peut-être pris les armes. L'équipe de Reuters en Syrie a peut-être pensé qu'elle lui faisait une faveur et d'une certaine façon, je suis convaincu qu'il en était ainsi.

Cela ne veut pas dire que l'entreprise puisse balayer du revers de la main les questions entourant les circonstances qui ont mené à la mort du jeune homme.

La journaliste et photographe britannique Hannah Lucinda Smith, qui a interviewé Barakat en mai pour le quotidien pan-arabe Asharq al-Awsat, a publié une entrée sur son blog qui affirmait que Barakat était confus puisqu'il était auparavant “un heureux adolescent qui était devenu un jeune homme dérangé qui, a un certain moment, était convaincu qu'il voulait joindre al-Qaida [en tant que kamikaze mais] qu'il avait commencé à travailler en tant que photographe dans l'espoir d'émuler certains des journalistes qu'il côtoyait.”

Molhem Barakat, self portrait, taken February 14, 2013 [photo source: Barakat's Facebook profile]

Molhem Barakat, auto-portrait pris le 14 février 2013 [Source: Profil Facebook de Barakat]

Lucinda Smith a aussi affirmé que cette confusion provenait peut-être de son incapacité à quitter Alep :

Dans de longues conversations sur Facebook j'ai essayé de le persuader de quitter Alep et de venir en Turquie. Il a refusé. Il n'avait pas de passeport et pas d'argent. Sa famille et ses amis étaient en Syrie et il ne voulait pas les abandonner.

Par contre, elle concluait qu'elle espérait que Reuters honorerait la mort de Barakat en prenait ses responsabilité pour celle-ci :

J'espère qu'ils ont assumé leur responsabilité envers lui d'une manière dont je ne pouvais pas, et j'espère que s'il est mort en train de prendre des photos qu'il espérait vendre à l'agence, qu'ils assumeront aussi leur responsabilité face à la mort de Barakat à présent.

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