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Les leçons de Nelson Mandela pour les dirigeants d'Asie du Sud

Ce billet fait partie du dossier de Global Voices sur le souvenir de Nelson Mandela

Nelson Mandela 1918-2013. Cartoon by Bryant Arnold. Free for use.

Nelson Mandela 1918-2013. Dessin de Bryant Arnold. Libre de droits.

[Billet d'origine publié le 29 décembre – liens en anglais]

Nelson Mandela, héros anti-apartheid et premier président noir de l'Afrique du Sud, est décédé à l'âge de 95 ans, laissant derrière lui un monde en deuil. L'homme d'Etat tant aimé a aussi été commémoré dans les pays sud-asiatiques.

 Au Népal, après de longues années d'agitation politique, des élections ont pu être menées à terme, mais les compétences du gouvernement restent une source d'appréhension pour beaucoup. Guffadi, le blogueur satirique népalais a écrit :

Au cours de ces 60 dernières années, nous avons vu défiler des centaines de clowns à qui on a offert l'opportunité de gouverner notre pays. Mais ils se sont tous avérés être de faux prophètes cherchant seulement à s'enrichir au lieu d'aider les gens du peuple.

Combien de temps faudra-t-il encore attendre que des dirigeants honnêtes nous mènent vers la Terre Promise?

Nous attendons encore la mise en place de la Commision pour la Vérité et la Réconciliation. Pourquoi notre Empereur et ses courtisans ont-ils autant de mal à admettre publiquement leurs crimes et à demander pardon ? Il en est de même pour nos forces de sécurité.

Indra attire l'attention sur l'article de Gopi Chandra Kharel dans l'International Business Times, qui cherche à tracer un lien entre Mandela et le Népal, un pays situé à 9250 km de l'Afrique du Sud :

Les dirigeants népalais ont beaucoup à apprendre des qualités d'homme d'Etat, de l'intégrité et de l'absence d'ambition politique de Mandela. Sa capacité à prôner la coopération, même avec ses adversaires, représente un repère pour nous au cours du processus d'élaboration de la constitution –  Jayaraj Acharya ancien ambassadeur du Népal aux Nations Unies.

Le blogueur Passu du Bhoutan a comparé Mandela à Zhabdrung Rinpoche, fondateur de l'Etat du Bhoutan :

Zhabdrung a précédé Mandela de 400 ans et pourtant ces deux hommes ont beaucoup en commun –  Zhabdrung a unifié l'Etat-nation du Bhoutan, alors que Mandela a fédéré differentes races pour faire de l'Afrique du Sud une seule et unique nation forte. Zhabdrung a fui vers le Bhoutan pour éviter l'arrestation au Tibet où il était censé être le chef légitime, mais une fois au pouvoir au Bhoutan, il n'a jamais cherché à se venger du peuple tibétain qui lui avait causé préjudice, tout comme Mandela s'était réconcilié avec ceux qui l'avaient emprisonné pendant 27 ans.

 Aujourd'hui, lors du décès de Mandela, je pense à la mort de Zhabdrung.

 Du Sri Lanka, Asanga Welikala a partagé ceci sur Groundviews :

Tout au long de sa vie, sa conduite personelle ainsi que ses convictions politiques ont été imprégnées d'intrépidité, et c'est son aptitude au commandement qui a garanti une démocratie constitutionelle plurielle et inclusive au sein de sa mère patrie. Malheureusement, peu de dirigeants asiatiques et africains ont eu la volonté, la capacité, ou la force de caractère de suivre son exemple.

 Egalement sur Groundviews Sunanda Deshapriya a rédigé une lettre ouverte imaginaire de Mandela au président sri-lankais, Mahinda Rajapakse, au sujet de ce qui est attendu de lui :

Parfois je me demande ce que vous pourriez bien vouloir apprendre de nous, alors que vous êtes devenu fervent défenseur et ami intime du Président Mugabe du Zimbabwe, qui s'est proclamé président à vie. Sa voie était radicalement différente de la nôtre, et chargée de violence. Une autre nouvelle décevante est celle de votre rapport étroit avec le roi du Swaziland, l'un des pays les plus arriérés de l'Afrique.  Si vous avez choisi de suivre l'exemple donné par le Zimbabwe et le Swaziland, alors nous n'avons rien à vous offrir.

 Au Pakistan, Teeth Maestro pensait que bien peu de dirigeants ont la capacité de faire émerger la paix de l'adversité :

Etonnamment, tout comme les gens de droite ont étiqueté Mandela “le Terroriste Mandela”, les adversaires de Khan, majoritairement de gauche, l'ont surnommé “Taliban Khan”. A mon avis, ceci est tout simplement une réaction de la part de ses adversaires, voyant en ces pourparlers pour la paix une menace pour leur propre domination du Pakistan. L'injure n'entravera jamais des dirigeants authentiques, au contraire, c'est face à l'adversité qu'ils redoublent d'efforts dans la lutte pour obtenir ce qui est dans les meilleurs interêts de leur pays, à savoir, la paix.

En 1990, le gouvernement indien a accordé la plus haute décoration civile, la Bharat Ratna (Joyau de l'Inde), à Mandela. A l'occasion de son décès, l'Inde a déclaré cinq jours de deuil national. Il est largement admiré ici, mais il semblerait que d'aucuns n'ont jamais vu sa photo. Farrukh Hossaini, poète, blogueur et satiriste a tweeté :

Ce panneau d'affichage au Tamil Nadu rend hommage à Morgan Freeman à la place de Nelson Mandela

Ce billet fait partie du dossier de Global Voices sur le souvenir de Nelson Mandela

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