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Visitez le Kosovo et oubliez les idées reçues

Un tour au Kosovo aujourd'hui convaincra chacun que ce pays, loin de sa réputation parfois négative, a certainement beaucoup à offrir. D'après les chiffres de la Banque Mondiale [anglais], plus de 70 % de la population du Kosovo a moins de 35 ans, ce qui explique sans doute que sur le vol pour Pristina qu'a pris l'auteur du présent billet, la moitié des passagers avait moins de 10 ans. Un bon début pour des vacances pleines de surprises !

Le jeunesse du Kosovo, bien qu'aux prises avec un effrayant taux de chômage de 55,3 %, réussit à dynamiser le pays et repousser toujours plus loin les souvenirs brutaux de la guerre. La blogueuse américaine Adventurous Kate décrit le sentiment de ceux qui viennent pour la première fois :

C’est ma première visite au Kosovo, et je ne sais pas à quoi m'attendre. Le seul nom de “Kosovo” en Amérique fait venir à l'esprit des images de guerre, de mort, de nettoyage ethnique, de bombes. Même si ça s'est passé il y a plus d'une décennie. Je me demande quelles sortes de cicatrices le pays va porter.

Au lieu de cicatrices, ce qui frappe le visiteur fraîchement arrivé, ce sont les extraordinaires cafés de Pristina. Il ne faut pas manquer d'expérimenter l'arôme d'un macchiato parfait à une terrasse ensoleillée et bien aménagée, tout en observant le ballet frénétique des passants affairés. Ce n'est sûrement pas une légende que le café ici est parfois même meilleur qu'en Italie – que nos amis italiens nous pardonnent, mais cela devait être dit !

Enjoying a latte macchiato at the Shipja e Vjetër café in Prishtina

Déguster un latte macchiato au café Shipja e Vjetër à Pristina

The Dit' e Nat' café celebrating the Irish poet Yeats

Le café Dit’ e Nat’ célèbre le poète irlandais Yeats

S'il est vrai que l'architecture de Pristina, avec ses bâtiments généralement gris et anarchiques, n'est pas son principal attrait, la ville est dynamique dans son attitude et son style. Ses murs sont pleins de tags et autres formes d'art urbain ; l'âme de la ville y apparaît comme un livre ouvert pour le visiteur.

"I love colors" and "I love flowers" appear very frequently on the walls of the city.

“J'aime la couleur” et “j'aime les fleurs” se lisent très souvent sur les murs de la ville, surtout dans les parties les plus tristes.

The claims not to forget the leaders of the Kosovo independance are visible here and there.

Les inscriptions murales exhortant à ne pas oublier les chefs de l'indépendance du Kosovo sont visibles ça et là.

Creative details are available on every corner.

Les détails créatifs abondent à tous les coins de rue au Kosovo.

Les Kosovars paraissent plus tournés vers l'avenir que collés au passé dans le culte des héros de guerre ou des icônes de paix qui ont jalonné la bataille du Kosovo pour se rendre indépendant de la Serbie, tel Ibrahim Rugova. Le Kosovo, à présent le pays le plus nouveau en Europe, faisait historiquement partie de la Serbie et de l'ex-Yougoslavie. La guerre du Kosovo de 1998-99 a opposé les forces de la République fédérale de Yougoslavie, composée à l'époque de la Serbie et du Monténégro, et le mouvement rebelle kosovar du nom d'Armée de Libération du Kosovo (UCK en albanais), avec l'appui aérien de l'OTAN, après 10 ans de résistance non-violente de la société civile du Kosovo [anglais].

Si les portraits d'Ibrahim Rugova, le premier président du Kosovo indépendant, comme ceux des chefs de la résistance armée sont visibles deci delà, l'impression générale pour le nouveau venu est que les acteurs d'aujourd'hui du Kosovo se construisent leurs propres modèles. Témoin des élections au Kosovo depuis Pristina en novembre 2013, Darmon Richter [anglais] analyse :

Les articles de journaux sur la police anti-émeutes et les agressions dans les bureaux de vote ne donnent en rien l'image du Kosovo d'aujourd'hui, sauf pour les quelques poches du pays qui restent en proie à la rivalité ethnique. Dans la ville de Pristina les gens sont avides de reconnaissance pour leur indépendance… mais l'un dans l'autre, c'est une ville à peu près aussi normale que n'importe quelle autre dans les Balkans.

De fait, avec une participation électorale évaluée à 60 % pour tout le pays, la démocratie semble presque marcher mieux ici qu'au Royaume Uni.

In the center of Prishtina, Rugova is still there, but the colors are washed out.

Dans le centre de Pristina, une peinture murale représentant le premier Président du Kosovo Ibrahim Rugova est toujours là, mais les couleurs sont délavées.

Sous certains aspects, Pristina a des airs de “mini-Istanbul” en ce sens qu'elle a trouvé un équilibre entre les cultures post-ottomane et d'Europe occidentale. Kim's travel blog [anglais], un blog de voyage à point de vue américain et coréen, souligne la surprenante atmosphère cosmopolite de la “ville de l'amour” :

Après avoir visité Pristina, j'ai vraiment compris pourquoi on a dit que Kosovo que c'est un pays à développement rapide, et plein d'énergie. On voyait les nouveaux bâtiments sortir partout de terre, et les visiteurs étrangers (en majorité Européens) à travers la ville et il y avait beaucoup de super restaurants, pas seulement de cuisine balkanique (…). Même si je n'ai vu absolument aucun Asiatique, un de mes amis m'a informée qu'il avait vu quatre Japonais faire du tourisme dans la ville. J'aurais voulu voir les ASIATIQUES se promener à travers la ville, ç'aurait été trop drôle. On aurait probablement échangé des regards bizarres en pensant “mais qu'est-ce que vous faites donc ici …?” haha

Ce qui en résulte, tout comme dans la ville turque des merveilles, c'est un mélange fascinant d'échoppes d'orfèvrerie traditionnelle, de nouveaux cafés ultra-modernes, d'une multitude de boulangeries, de quelques mosquées en cours de restauration, et d'églises tombant en ruine. On trouve dans le centre des bâtiments incroyables comme la bibliothèque de l'Université de Pristina qui semble presque un ovni au milieu de l'architecture communiste qui peuple le reste du quartier. Kim's travel blog mentionne également ce bâtiment :

Il y avait beaucoup de bâtiments historiques à voir dans la ville, et les Kosovars en étaient visiblement très fiers. L'Université de Pristina, la meilleure du Kosovo, était agréablement structurée. Et à droite de l'université, il y a la Bibliothèque Nationale de Pristina, très impressionnante et à l'architecture bizarre. Mon ami qui travaille en ce moment à l'Université de Pristina m'avait expliqué sur quoi étaient basées la structure et la conception, mais … évidemment, tête de linotte que je suis, j'avais oublié. Je vais peut-être la googler et Wikipedier plus tard.

Le magazine Kosovo 2.0, qui existe en anglais, albanais et serbe, est la nouvelle marque de cette société éduquée, mondaine, multilingue et très ouverte. Couvrant politique, arts, modes, débats de société, femmes et genre, sujets sur le Kosovo et sur le monde, le magazine est disponible sur papier et en ligne. Kosovo 2.0 propose aussi une sélection des sons les plus récents de production locale, pour la plupart dans le genre électro, qu'on peut trouver en ligne : http://www.kosovotwopointzero.com/player. Bonne ballade musicale !

The flashy colors of a new way of life can not be ignored on the Pristhina walls.

Les couleurs voyantes d'un nouveau mode de vie ne passent pas inaperçues sur les murs de Pristina.

Pristina regorge de surprises pour les visiteurs de toute origine. Mais comme le Kosovo est jeune, il mûrit et change très rapidement. Alors ne perdez plus de temps et, si vous pouvez, sautez dans le prochain avion ou voiture et prenez un moment pour découvrir cette ville prometteuse et ses contradictions réjouissantes. Si vous êtes assez rapide, il restera peut-être un morceau de pâtisserie pour vous !

Tasty and creamy! Almost too much but not quite.

Goûteux et crémeux ! Presque trop, encore que…

Toutes les photos de ce billet sont de l'auteur Marie Bohner.

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