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Indonésie : Une affaire de diffamation par Twitter jette l'ombre sur le paysage médiatique

Screenshot of @benhan Twitter page

La page Twitter de @benhan – Capture d'écran

Le célèbre utilisateur de Twitter indonésien Benny Handoko, @benhan [bahasa indonésien] sur Twitter, a été condamné à un an de prison avec sursis la semaine dernière, après avoir été reconnu coupable de diffamation envers un ancien politicien.

Benny a tweeté le 7 décembre 2012 que l'ancien membre du Parti de la justice et de la prospérité fr, Mukhamad Misbakhun (@ misbakhun) [bahasa] était un escroc qui avait volé à la Banque Century, l'institution financière qui fut au centre d'un scandale en 2008 [en anglais, comme dans tout le reste du texte à moins que ce soit autrement indiqué] dans lequel les législateurs ont considéré que certaines banques avaient bénéficié de fonds de sauvetage excessifs  dans le cadre d'un plan plus vaste de profits illégaux. Benny s'est signalé sur Twitter par ses commentaires sarcastiques sur le scandale.

En 2010, Misbakhun a été condamné à deux ans de prison pour falsification de documents en vue d'obtenir un prêt de la banque. Il a peu après démissionné de son parti et a finalement perdu son siège au Congrès. Mais en juillet 2012, la Cour suprême a annulé la condamnation de 2010.

Misbakhun a menacé que si Benny ne s'excusait pas pour ses tweets le traitant d'escroc, il le poursuivrait en justice pour diffamation. Mais la célébrité de Twitter a refusé de s'excuser, arguant qu'il a fondé ses observations sur des informations publiées dans les médias.

Misbakhun a plus tard déposé une plainte à la police contre Benny, ce qui a finalement abouti à l'ouverture d'une affaire judiciaire contre ce dernier. Dans l'évaluation des charges, le procureur a cité la loi controversée n ° 11/2008 sur l'information et les transactions électroniques (ITE).

De nombreux Indonésiens, surtout les accros des médias sociaux, expriment leur soutien à Benny. Ses supporters considèrent son cas comme le signe d'une régulation de l'Internet et de la censure en croissance dans le pays.

Les défenseurs de la liberté des médias depuis longtemps font pression pour le réexamen voire l'abrogation de la loi ITE, souvent utilisée par les politiciens pour faire taire les critiques. Ils soulignent en particulier l'article 27, paragraphe 3 de la loi qui donne à toute personne ou autorité le droit de porter plainte pour diffamation contre une personne ou entité si elle se sent insultée ou humiliée par une publication, en particulier sous le contrôle de cette entité.

Après l'annonce du verdict concernant Benny, les Indonésiens intéressés ont immédiatement exprimé leur crainte que cela aurait un impact négatif sur la liberté d'expression dans le pays. Ils ont ajouté que cela pourrait décourager les lanceurs d'alerte de s'exprimer pour dénoncer les pratiques de corruption au sein du gouvernement et de la société.

Pour sa part, Misbakhun a conseillé aux internautes retenir la leçon de l'affaire Benny pour être plus prudents et responsables avant de poster des messages en ligne. Il a rappelé qu'on ne doit pas abuser de la liberté d'expression en lançant des accusations injustes et malveillantes à l'encontre d'autres personnes.

Benny n'a pas encore décidé s'il allait faire appel.

Au-delà du contentieux juridique entre Benny et Misbakhun, l'affaire pourrait marquer un tournant dans l'avenir de la liberté des médias en Indonésie. Tant que la loi draconienne de l'ITE existera, elle restera une menace pernicieuse à la démocratie indonésienne. Il est temps pour l'Indonésie d'envisager sérieusement d'abandonner cette loi pour adopter une législation sur Internet qui respecte la doctrine internationale des droits de l'homme.

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