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Netizen Report : censure et escalade de la violence au Venezuela

Cet article, publié en anglais le 19 février, a été écrit de manière collaborative par Ellery Roberts Biddle, Mohamed ElGohary, Lisa Ferguson, Hae-in Lim, Sarah Myers, Bojan Perkov, et Sonia Roubini.

[Sauf mentions contraires, les liens mènent vers des contenus en anglais.]

Les bulletins de veille Netizen Report de Global Voices Advocacy proposent un aperçu international des problèmes, réussites et tendances émergentes en matière de libertés numériques dans le monde. Ce bulletin hebdomadaire de veille s'ouvre avec le Venezuela, où une vague de manifestations, dénonçant l'insécurité alimentaire et la sécurité publique, s'est ensuite rapidement déployée sous la forme d'un soulèvement populaire dans tout le pays après l’arrestation de plusieurs étudiants la semaine dernière.

Les manifestants affluent dans les rues de Cachao, quartier de Caracas (Venezuela). Photo publiée par @Pedro_Alvarez_ sur Twtitter.

Les manifestants affluent dans les rues de Cachao, quartier de Caracas (Venezuela). Photo publiée par @Pedro_Alvarez_ sur Twtitter.

Les autorités gouvernementales et ses partisans ont qualifié les manifestants de “néo-fascistes” et ont accusé les dirigeants américains de conduire [le mouvement d’]opposition. Les autorités ont arrêté au moins cent personnes, dont le leader de l'opposition Leopoldo Lopez, qui devrait répondre, entre autre, d'accusation d’incitation au terrorisme. Les médias cherchant à suivre les manifestations ont été menacés de devoir payer des amendes d'après une loi “interdisant les médias dont le contenu propage des discours de haine ou de violence”. La chaîne câblée du réseau colombien NTN24 a été retiré des antennes vénézuéliennes le 12 février en raison de son traitement des manifestations.

Sur Twitter et Herdict [plateforme indépendante dont les données, fournies par les internautes, permettent d'identifier en temps réel le blocage ou le filtrage de sites], certains utilisateurs ont signalé que de nombreux blogs indépendants favorables à l'opposition et des sites d'actualité étaient devenus inaccessibles [en français] s'ils étaient consultés depuis CANTV, le fournisseur d'accès internet public appartenant à l'Etat venezuelien, qui possède un quasimonopole sur le secteur des télécoms du pays. Activistes et journalistes ont recouru aux réseaux sociaux pour suivre les manifestations et se sont heurtés à de sérieux obstacles. Le 12 et 13 février, les utilisateurs [vénézuéliens] de Twtitter ne pouvaient ni envoyer ni recevoir de messages [sur la plateforme] en raison, semble-t-il, des tentatives du gouvernement pour bloquer [l'accès] aux serveurs multimédia de Twitter. Ces derniers jours, beaucoup d'entre-eux ont signalé que la police et des officiers de la Garde Nationale avaient saisi les téléphones portables de manifestants, fouillé dans leurs informations personnelles et effacé les photos des manifestations. Les auteurs de Global Voices au Venezuela suivent les manifestations en cours dans cette rubrique dédiée.

Liberté d'expression : la récente loi sur la diffamation aux Philippines ramène la législation sur les médias “un siècle en arrière”

La Cour suprême des Philippines a ratifié la constitutionnalité des éléments de la constitution concernant la diffamation en ligne présents dans une loi sur internet controversée, intitulée “Cyber Loi Martiale“, qui a déclenché une polémique dès son introduction en 2012. L'Union nationale des journalistes des Philippines a décrit le jugement rendu par la Cour comme “un demi-centimètre en avant, mais un siècle en arrière” pour qualifier l'évolution de la liberté des médias dans le pays.

Greatfire.org, qui assure une veille en temps réel sur la censure en Chine, a indiqué que Bing, le moteur de recherche de Microsoft, procéderait à un filtrage des résultats de recherche en chinois simplifié, non seulement en Chine mais dans sa version internationale. Affichant de façon aléatoire les résultats censurés, il est difficile de déterminer si le retrait des résultats du moteur de recherche émane ou non d'une demande de l'Etat chinois. Rebecca MacKinnon soupçonne que cela vient du fait que Microsoft “applique des algorythmes apolitiques à des contenus web manipulés et censurés”. Engadget a fait savoir que le directeur général [de Bing] Stefan Weitz avait “affirmé catégoriquement” que Microsoft n'avait aucun lien avec la censure politique et assuré que Bing “s'emploie à corriger ce problème”.

Surveillance : des journalistes éthiopiens cibles de spywares italiens

Le Citizen Lab de l'université de Toronto a dévoilé l'utilisation de spywares commerciaux pour surveiller des journalistes éthiopiens travaillant aux Etats-Unis. Créé par la société milanaise Hacking Team, le spyware est capable de voler documents et carnets d'adresses, de lire les emails et d'activer à distance les micros et les caméras. En l'occurrence, son utilisation visait ici les journalistes travaillant pour [l'entreprise de télécommunication] Ethiopian Satellite Television Service, un site d'information installé aux Etats-Unis et souvent critique à l'égard du gouvernement éthiopien.

Les chercheurs du Citizen Lab indiquent avoir trouvé des preuves de l'utilisation de ce spyware dans 21 pays dont l'Egypte, la Corée, le Mexique, l'Arabie Saudite, le Soudan, la Thaïlande et la Turquie. Bien que la société Hacking Team affirme dans sa charte ne vendre qu'aux gouvernements, elle n'a pas confirmé que l'Ethiopie figurait parmi ses clients.

Après que la police chinoise ait exercé une répression massive contre la prostitution dans le sud de la ville de Dongguan, à la suite d'un reportage sur ce sujet diffusé par [la télévision d'Etat] China Central Television, Sina Weibo a sorti une cartographie montrant les flux de populations fuyants les raids de police. Générée à partir d'un recueil de données géolocalisées par Baidu, la carte révèle l'ampleur des moyens des systèmes de surveillance [en français] en Chine pour traquer les mouvements de masse de population au sein du pays.

Gouvernance d'Internet : deux millions de cartes SIM désactivées en Zambie

L'autorité des technologies de l'information et de la communication en Zambie (ZICTA, Zambia Information and Communication Technology Authority) a désactivé les cartes SIM de plus de deux millions d'utilisateurs de téléphone portable n'ayant pas déclaré, comme le veut la nouvelle législation, leur carte SIM sous leur véritable nom. L'ancien vice-président du Zambie, le général Godfrey Miyanda, actuel leader du parti d'opposition, s'est insurgé contre cette mesure qu'il considère comme une menace à la liberté privée et à la liberté d'expression.

La chancelière allemande Angela Merkel confirme sa proposition visant à créer un réseau européen permettant aux données et communication de circuler au sein même du territoire européen. L'Allemagne entend s'associer à la France dans cet effort conjoint.

Démocratie ouverte (Open Government)

Le sénateur pakistanais Osman Saifullah Khan propose une plateforme en ligne pour permettre aux électeurs d'y déposer leurs doléances. Saifullah est le représentant du district d'Islamabad, dont le taux moyen d'alphabétisation et le degré de pénétration d'Internet sont les plus élevés.

Activisme et netcitoyens : manifestation pacifique en soutien à un détenu du Darfour

Les militants des droits de l'homme ont tenu un sit-in pacifique devant la commission des droits de l'homme à Khartoum, au Soudan, demandant la libération de Tajeldin Arja, le blogueur et militant du Darfour détenu depuis fin 2013 sans motif d'inculpation. Arja a été arrêté après avoir critiqué deux chefs d'état lors d'une conférence de presse.

La manifestation siliencieuse devant la Commission des droits de l'homme exigeant la libération de Tajeldin Arja était bonne. Un rapport a été remis à l'UNHCR (l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés).

Publications et rapports 

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