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Netizen Report : édition consacrée à la lutte contre la surveillance #TheDayWeFightBack

Images from February 11, from top left: a mural by War Design art collective in Bogota, Colombia; a public protest in Manila, Philippines (photo by ; a public rally in San Francisco, US (photo by Ellery Biddle); an anti-surveillance cartoon by Egyptian cartoonist Doaa Eladl.

De gauche à droite, en haut: graffiti du collectif War Design art de Bogota, Colombie; manifestation à Manille, aux Philippines (photo @leannejazul) ; défilé à  San Francisco, US (photo Ellery Biddle); dessin anti-surveillance de l'artiste égyptien  Doaa Eladl.

Sonia Roubini, Bojan Perkov, Hae-in Lim, Ellery Roberts Biddle et Sarah Myers ont contribué à ce bulletin.

Le Netizen Report de Global Voices Advocacy présente un résumé des défis à relever, des victoires et des tendances émergentes en matière de libertés numériques dans le monde. Cette édition s’intéresse tout d’abord au mouvement de lutte contre la surveillance de masse organisé lundi 11 février sous le nom #thedaywefightback. Les citoyens sont descendus dans la rue et ont occupé le Web, au moyen de campagnes en ligne, en appelant leurs élus, en organisant des hackatons et des manifestations publiques. En outre, plus de 244 000 personnes ont signé les Treize principes concernant la surveillance des communications internationales, demandant aux gouvernements du monde entier de respecter les normes internationales relatives aux droits de l’homme concernant la confidentialité en ligne.

Le 11 février a également donné lieu à d’intéressantes discussions sur les différentes formes que prend la surveillance et sur les répercussions qu’elle a sur les citoyens aux quatre coins du monde. Sur Global Voices Advocacy, l’activiste et spécialiste yéménite Walid Al-Saqaf et la chercheuse irano-canadienne Mahsa Alimardani ont rédigé chacun un article pour différents pays du Moyen-Orient, où la surveillance est généralement habituelle, aussi bien en ligne que dans la vie quotidienne. À propos des groupes occidentaux de défense des libertés numériques qui concentrent désormais leurs efforts pour lutter contre la surveillance, Walid Al-Saqaf commente :

I cannot accept the idea that the fight has now moved to the area of surveillance and away from free speech. While this may be the case where censorship is limited or non-existent, it is certainly not applicable to many countries living under authoritarian rule.

Je ne peux pas me résoudre à accepter que la lutte se concentre désormais sur les questions de surveillance, laissant de côté la liberté d’expression. Si cela peut être compréhensible dans les régions où la censure est moindre ou inexistante, ce n’est pas possible dans de nombreux pays qui possèdent un régime autoritaire.

Liberté d‘expression : la Turquie utilise l’image d’une femme victime de violences dans une campagne contre les libertés numériques

La police antiémeute turque a fait usage de gaz lacrymogène et de canons à eau il y a un peu plus d’une semaine pour disperser plus de 2 000 manifestants qui protestaient contre la nouvelle législation relative à Internet. Les propositions de loi, approuvées le 6 février, obligent les fournisseurs d’accès à rendre les données concernant les internautes disponibles aux autorités et permettent à l’organisme en charge des télécommunications de bloquer l’accès à des sites, le tout sans autorisation administrative préalable.

Comme si sa position n’était pas encore assez claire, le gouvernement turc a lancé récemment une campagne de publicité présentant une femme avec un visage tuméfié et une légende suggérant que les internautes disposant d’une trop grande liberté en ligne, pourraient en abuser.

Violence : un journaliste azéri établi en Turquie en exil suite à des tweets

Mahir Zeynalov, journaliste pour le Today's Zaman, a été interdit d’entrée en Turquie après avoir publié plusieurs tweets considérés comme critiques envers des personnalités d’État de premier rang. Il a choisi de retourner en Azerbaïdjan, son pays d’origine, lorsque les autorités ont menacé de l’expulser en application d’un article de la loi 5651 qui autorise la déportation des étrangers dont la résidence en Turquie est considérée préjudiciable à la sécurité publique et aux exigences politiques et administratives.

Au Venezuela, les autorités chargées des télécommunications menacent d’infliger des amendes aux médias locaux qui couvrent les manifestations étudiantes. Ce mouvement de protestation [es] contre divers problèmes, allant de l’état des résidences universitaires aux réformes politiques nationales, s’est intensifié au cours des dernières semaines suite à l’arrestation de plusieurs étudiants pour « association » à des activités criminelles. Depuis Caracas, Marianne Diaz, collaboratrice de Global Voices et avocate, explique :

As opposition leaders summon rallies around the country, people are expected to turn to social media to learn about the development of the demonstrations, which likely will not be reported on any public or mainstream news platforms.

Alors que les leaders de l’opposition appellent à des rassemblements à travers tout le pays, les citoyens vont probablement se tourner vers les réseaux sociaux pour s’informer sur l’évolution de la situation, qui ne sera probablement pas couverte par les médias traditionnels.

Trois blogueurs kazakhs ont été condamnés à dix jours de prison pour « délits mineurs d’hooliganisme » après avoir été exclus d’un déjeuner de blogueurs organisé par le maire d’Almaty, la capitale kazakhe. L’événement a divisé la communauté de blogueurs de la ville. Certains, dont les trois personnes condamnées, ont décrit les invités comme étant corrompus et soumis.

En Indonésie, Benny Handoko, bien connu sur Twitter, a été déclaré coupable de diffamation et condamné à une année de prison avec sursis après avoir traité un ancien membre du Parti de la justice et de la prospérité d’escroc dans une série de tweets.

Secteur Internet : Facebook contre groupes de l’opposition syrienne

La récente décision prise par Facebook de supprimer les pages appartenant à l’opposition syrienne a porté un coup aux activistes qui utilisaient le réseau social pour communiquer et rapporter les horreurs de la guerre. Certains soupçonnent les défenseurs du régime de tirer profit de la possibilité offerte aux utilisateurs du site de dénoncer les pages qui, selon eux, enfreignent les conditions d’utilisation du service. S’il est possible que certaines pages présentant des images choquantes soient contraires à ces conditions, certaines personnes considèrent que la politique de Facebook devrait s’adapter à ce type de situation exceptionnelle où le réseau sert de plateforme centrale d’information et de documentation.

Twitter a publié son quatrième rapport de transparence, concernant la seconde moitié de l’année 2013. Le document indique une augmentation de 22 % des demandes de données d’utilisateurs par rapport à l’édition précédente. La société a reçu 1410 demandes de 46 pays. La plupart proviennent des États-Unis (59 %) et du Japon (15 %), viennent ensuite la France et le Royaume-Uni. Twitter n’a pas révélé toutes les informations concernant les requêtes faites par le gouvernement étasunien dans le cadre des lois  relatives à la sécurité nationale, y compris la FISA (Foreign Intelligence Surveillance Act).

Activisme en ligne : faire vivre #Euromaidan malgré le froid

En Ukraine, les activistes ont déployé de nombreux efforts pour soutenir le mouvement Euromaidan, au moyen de projets en ligne, d’information sur les réseaux sociaux et de projets artistiques. Les informations sont disponibles sur la page consacrée aux relations publiques du mouvement et sur le site Kraplya.com [uk].

L’European Digital Rights, une association regroupant 35 organisations européennes de défense des libertés numériques, a lancé Wepromise.eu, un site qui appelle les candidats politiques à signer une « Charte des droits numériques » promettant de respecter une série de principes à ce sujet s’ils sont élus. En échange, les électeurs s’engagent à voter pour les candidats qui signent la charte.

Actualité positive

La campagne The Web We Want a lancé un concours de BD pour soutenir la journée #TheDayWeFightBack. Le gagnant est Francisco Jaiver « Frankiano » Cardozo Baudry, un Paraguayéen de 17 ans, et sa création Do Not Fear, I care about you, qui montre les conséquences de la surveillance sur différents aspects de la vie des jeunes internautes d’aujourd’hui.

Publications et études

 

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