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Porto-Rico : Julia de Burgos, une voix qui ouvre des chemins

Le 17 février dernier, jour anniversaire de sa naissance, nous avons célébré la poètesse portoricaine Julia de Burgos (1914-1953) dans un forum destiné à promouvoir la liberté d'expression dans le monde.

Toute personne ayant lu sa poésie ou sa prose se rend compte que cette voix est née au-delà de toute convention. En voici un exemple : 

 

Yo misma fui mi ruta                                              

J'ai été mon propre chemin

Yo quise ser como los hombres quisieron que yo fuese: 

J'ai tenté d'être comme les hommes voulaient que je sois

un intento de vida;                                            

 Une expérience de vie 

un juego al escondite con mi ser.                  

 Un jeu de cache-cache avec moi      

Pero yo estaba hecha de présentes,                

J”étais là, forgée dans mon présent

y mis pies planos sobre la tierra promisoria

Et mes pieds bien à plat sur la terre promise

no resistían caminar hacia atrás,  

 Se refusant à marcher en arrière

y seguían adelante, adulante,                  

 Allaient, toujours, toujours plus en avant                                           

burlando las cenizas para alcanzar el beso

 Se moquant des cendres pour, enfin

de los senderos nuevos.  

 Embrasser des chemins nouveaux.

 

A cada paso adelantado en mi ruta hacia el frente , 

A chaque nouveau pas sur ma route 

rasgaba mis espaldas el aleteo desperado 

Les coups désespéré des vieux troncs 

de los troncos viejos.                                  

 Déchiraient mon dos.

 Pero la rama estaba desprendida para semper,

 Mais leur ramure s'en était allé pour toujours,

y a cada nuevo azote la mirada mía          

 Chaque peine nouvelle détachait mon regard

se separaba más y más y más de los lejanos       

Chaque fois toujours plus                     

horizontes aprendidos:                                       

Des horizons appris.

mi rostro iba tomando la expresión que le venía de adentro

Mon visage devint semblable à ce qu'il était en dedans, 

la expresión definida que asomaba un sentimiento

 image d'une libération intimement profonde

de liberación íntima;                                

 Fruit d'un nouvel équilibre

 entre ma vie

un sentimiento que surgía                                

Et la vérité du baiser des chemins nouveaux.

del equilibrio sostenido entre mi vida

y la verdad del beso de los senderos nuevos.

 Ya definido mi rumbo en el presente,        

 Une fois défini le cours de mon présent

me sentí brote de todos los suelos de la tierra,  

J'ai senti germer en moi tous les sols de la terre

de los suelos sin historia,                        

Les sols sans histoire, les sols sans avenir,

de los suelos sin porvenir,                      

Les sols, simplement sols, sans berges où accoster

del suelo siempre suelo sin oreilles 

 Ceux des hommes de toutes les époques.

de todos los hombres y de todas las épocas.

 Y fui toda en mí como fue en mí la vida…  

Et je fus toute en moi comme en moi fut la vie

 Si Julia de Burgos était encore en vie, son travail comme écrivain, journaliste, et militante sociale, réalisé depuis son espace sans frontières mieux connu sous le nom de diáspora boricua (originaires de Porto-Rico), aurait atteint des buts insoupçonnés. Julia a  bien connu l'expérience de la migration, elle a vécu brièvement à Cuba et ensuite elle s'est intégré dans l'activité culturelle et politique de la diaspora. Portoricaine et latino-américaine de New York. si elle vivait encore, son visage n'illuminerait pas le timbre postal de 26 cents [en] de la série Arts littéraire du service postal des États-Unis. Des milliers de lettres n'auraient pas réveillé la curiosité poétique de milliers de lectrices et lecteurs.

Libby Juliá Vázquez l'exprime bien dans  Being Latino Online Magazine [en anglais]:

La réputation et la gloire de Julia de Burgos sont arrivés à titre posthume, comme cela se produit habituellement pour les esprits les plus créateurs en ce monde…. 

Ainsi va la mort, elle arrive pour transformer certains en mythes immenses et impalpables. Et parce que Julia a été géniale, parce que sa poésie en est la confirmation, son histoire mythique est inépuisable.

Je termine avec  son “Poema para mi muerte” ( Poème sur ma mort), lu par sa nièce: Consuelo Sáez de Burgos. ¡Gracias Julia !

Que nadie me profane la muerte con sollozos

Que personne ne profane ma mort avec des sanglots

Ni me arropen por siempre con inocente tierra

Ni me  revêtisse pour toujours d'une terre innocente

Que en el libre momento me dejen libremente

Qu'au moment de liberté on me laisse librement

De disponer de la única libertad del planeta

Disposer de l'unique liberté de notre planète

Julia de Burgos

A partir de maintenant,  je partagerai les informations concernant l'imaginaire spécifique qui  se manifeste dans la diáspora de Porto-Rico, celle qui fertilise les arts visuels, l'écriture et tous les projets innovants qui aident à maintenir ‘l'équilibre intime du monde’.

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