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Journée mondiale de la liberté de la presse au Mexique : La liberté d'expression, un droit qui conditionne tous les autres

Asamblea General

L'assemblée générale des Nations Unies. Photo sur Flickr de dnotivol. CC BY-NC-SA 2.0.

Lorsqu'en 1993 et sur recommandation de l'UNESCO, les Nations Unies ont proclamé le 3 mai Journée mondiale de la liberté de la presse, il s'est agi de reconnaître qu'une presse libre, pluraliste et indépendante était un composante essentielle de toute société démocratique.

Que cela signifie-t-il au juste ?

Simplement, comme Ban Ki-moon [anglais], le secrétaire général des Nations Unies, le fait remarquer, que le journalisme est à la base de débats d'intérêt général d'où découlent des décisions qui influencent la vie de chaque citoyen. Quand une opinion est réprimée ou censurée, la société dans son ensemble perd une version des faits, ainsi qu'une perspective, pourtant nécessaires pour la résolution des problèmes auxquels elle est confrontée. Ceci explique que la limite à la libre expression dirigée contre une personne se répercute sur le droit à l'information de l'ensemble de la population. De plus, Ban Ki-moon indique qu'il ne peut y avoir qu'un bon gouvernement là les journalistes sont libres d'examiner minutieusement et de critiquer. La liberté de la presse n'est pas un privilège, c'est un droit fondamental issu de la Déclaration Universelle des Droits de l'homme, dont chacun d'entre nous est le destinataire.

Le problème avec le fait d'attaquer la presse, c'est que cela nous laisse sans information.

A cela s'ajoute qu'en s'exprimant, chacun d'entre nous peut montrer au monde son indignation ou alerter l'opinion d'un fait inacceptable. Nous sommes donc en face d'un droit qui rend l'exercice de tous les autres possibles [espagnol]. A ce titre, la défense des droits de l'homme passe de manière indispensable par une presse libre.

Reste qu'aujourd'hui cette liberté subit un environnement trouble de violences, de censure et d'attaques frontales de la liberté d'expression, à l'encontre de tous les citoyens en général et du milieu journalistique en particulier. Dans beaucoup de pays, des journaux sont toujours censurés ou réprimés, la parution peut y être suspendue, quand il n'y pas carrément fermeture de l'entreprise éditrice. Journalistes, hommes comme femmes, rédacteurs en chef et employés de presse sont aussi harcelés, attaqués, arrêtés voire tués.

Pour conserver notre droit à l'information. Respecter la vie des journalistes [ne tirez pas sur le presse]

Début mai 2014, le Mexique était répertorié comme “Pays peu sûr pour les journalistes” [espagnol] par la Freedom House. Des organisations telles que l'Association Inter-américaine de la Presse, Reporters Sans Frontières, Article 19 ainsi que beaucoup d'autres membres de la société civile ont attribué à l'année 2013 le titre d'année la plus dangereuse pour les journalistes. Rapportant 330 cas d'attaques contre la presse et le décès de 76 journalistes, ainsi que 16 disparitions entre 2000 et 2013, l'année 2013 est en effet celle comptant le plus d'agressions contre les journalistes-reporters, les photographes et les médias. Cela doit s'ajouter à l'actuelle menace d'une censure d'internet, que l'on peut rattacher à une attaque contre la liberté de la presse en train d'être démantelée par le texte de droit dérivé sur les télécommunications, qui devrait bientôt entrer en vigueur dans le courant de l'année.

Le directeur général de #PeriódicoNoroeste [Journal du Nord Ouest] est tué par balles.

La nuit dernière, des journalistes de “Noroeste” (journal) ont subi des menaces à Mazatlán.

Goyo, un journaliste, a été kidnappé il y a quelques heures. Il pourrait être encore en vie [#jusqu'à l'apparition de Goyo].

Veracruz aux actualités une fois de plus, de nouvelles attaques à la liberté d'expression contre des stations de radios communautaires.

Bien que le Mexique dispose de différents systèmes et mécanismes pour protéger le droit des journalistes tels que la Loi pour la protection des Journalistes, le Dispositif de Protection des journalistes et la Commission nationale des droits de l'homme (CNDH), les violences continuent et ont suscité la réactions et les critiques de la communauté internationale. Un an après sa mise en place, les ONG s'accordent pour juger le Dispositif Fédéral pour la protection des journalistes comme peu digne de confiance. Elles dressent le même constat du Procureur Général pour les actes commis à l'encontre de la liberté de la presse (FEADLE).

Des appels à la réforme du Dispositif de protection des journalistes.

Elles mettent au jour les 17 recommandations sur la liberté de la presse adressées au Mexique en octobre 2013 lors du second tour de l'Examen périodique universel que l'ONU encadre.

Voici les 17 recommandations sur la liberté d'expression adressées au Mexique et acceptées par lui, durant l'Examen périodique universel.

Sans le moindre doute, la censure et de l'autocensure qu'imposent les attaques à l'encontre de la liberté d'expression conduisent à un déficit d'information. Mettons à profit ce jour pour remercier ceux qui courageusement nous permettent de pouvoir continuer à nous tenir informés des différents aspects d'un réel qui nous concerne tous, et pour réfléchir sur les apports de la liberté d'expression et le sens qu'elle a pour nous. Jusqu'où sommes nous libres ? Qu'arriverait-il si personne n'était là pour nous alerter des dangers pour la santé que comportent certains produits, du risque environnemental de certaines technologies et des risques socioéconomiques d'adopter telle ou telle politique ? Le journalisme est certes une profession, mais la communication, elle, est notre bien à tous. Dans quelle mesure, en tant que blogueurs, utilisateurs de Twitter et des réseaux sociaux, sommes-nous aussi des journalistes ? Comment faire usage de ma liberté d'expression et comment permettre aux autres de faire de même ?

La liberté d'expression n'est pas la chose de la presse, elle concerne tout le monde. Nous devrions tous en faire usage sans peur. J'essaie chaque jour, et vous ?

Ceux d'entre nous qui sommes journalistes n'attendent pas qu'on les félicite, simplement qu'on les respecte à chaque instant.

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