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Le président du Cameroun accuse Boko Haram d'attaquer pendant le sommeil des militaires

Dans la nuit du 16 mai 2014, des éléments de la secte islamiste nigériane Boko Haram ont pénétré dans le Cameroun voisin et attaqué un camp d'ouvriers chinois à Waza, tué une personne et enlevé dix autres. Que Boko Haram ait réussi à exécuter une attaque aussi audacieuse dans une zone soumise à un état d'urgence de fait et sillonnée par la Brigade d'Intervention Rapide (BIR) camerounaise, a largement choqué.

L'attaque de Waza est survenue la veille du Sommet de Paris sur la sécurité au Nigéria [anglais], réuni par le président français François Hollande avec la participation des chefs d'Etat du Nigéria et des pays voisins, dont le Cameroun. Que la rencontre ait lieu à Paris au lieu des capitales africaines d'Abuja, Yaoundé, Niamey ou N'djamena en a agacé beaucoup sur les médias sociaux.

Au sommet de Paris, les chefs d'Etat ont déclaré une guerre totale contre Boko Haram. Pendant la conférence de presse qui a suivi, le président camerounais Paul Biya a avancé sa justification pour la facilité avec laquelle Boko Haram a attaqué Waza :

Mais je dois dire tout simplement que Boko Haram utilise des tactiques assez différentes et assez pernicieuses. Généralement ils attaquent la nuit à partir de minuit et une heure du matin. Combien d’unités sont en éveil à ce moment-là? Et puis Ils profitent de la fluidité de la liberté dans le pays pour envoyer des observateurs le jour. Ils utilisent donc l'effet de surprise et la supériorité numérique. Là où vous avez 15 soldats, ils envoient 100 personnes avec un armement lourd.

Sans surprise, la réaction aux propos présidentiels n'a pas tardé en ligne. Ngum Ngafor questionne :

Vous vous rendez compte, M. le Président [Paul Biya], que vous venez de nous donner l'équivalent politique de “mon chien a mangé mon devoir” 

Dernier Pharaon Noir se demande :

Et le blogueur Florian Ngimbis de ricaner :

L'attaque de Waza

Explication du président mise à part, l'opération de Boko Haram à Waza a laissé les médias sociaux perplexes sur la façon dont les attaquants s'en sont tirés :

Comment #Boko Haram a pu se battre avec des soldats pendant plus de 3 heures sans que la police et l'armée soient capables d'envoyer des renforts et du soutien ?

Edouard Tamba a révélé une des raisons pour lesquelles Boko Haram a eu les coudées franches à Waza :

Une affirmation confirmée ultérieurement par un officiel camerounais de haut rang, qui a révélé à une agence de presse française que 

All the helicopters that might have been used to survey the border area and help with the search were in the capital Yaounde ahead of the 20 May National Day military parade.

Tous les hélicoptères qui auraient pu servir à surveiller la frontière et aider aux recherches étaient dans la capitale Yaoundé en vue du défilé militaire de la fête nationale le 20 mai.

Pareille erreur dans les priorités a conduit Jean Francis Ahanda à cette remarque ironique :

Les usagers des médias sociaux se sont aussi adressés à leurs dirigeants pour qu'ils justifient que le président français, et non un président africain, ait convoqué le sommet. Samuel Victor Iyabi a mis ses lecteurs au défi avec l'exercice suivant :

@africaninmotion a été bien plus direct :

Goodluck n'a pas pu inviter Paul Biya à la Villa Aso [bureaux et résidence du président du Nigéria] pour parler de Boko Haram autour d'un bol d'Egusi [une soupe spécialité du Nigéria] ? Il fallait Hollande ?

Cameroon Community n'a pas mâché ses mots à la vue du président français entouré par les chefs d'Etat africains lors de la conférence de presse d'après-sommet :

Une image qui vous dit toute la STUPIDITÉ de Paul Biya et des autres dirigeants d'Afrique centrale. Ça fait littéralement bouillir.

1 commentaire

  • […] La veille du sommet de Paris sur la sécurité au Nigéria, la secte Boko Haram a traversé la frontière camerounaise malgré une forte présence militaire.  […]

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