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L'indépendantiste portoricain Oscar López Rivera, prisonnier politique depuis 33 ans

Le cartoonist Kike Estrada est l'un des artistes qui ont exprimé leur solidarité avec la lutte pour libérer Oscar. Image prise depuis sa page, Planeta Kike , utilisée avec permission. Il lit, "Nous le voudrions déjà à la maison!"

“Nous le voudrions déjà à la maison !” Le dessinateur Kike Estrada est l'un des artistes qui ont exprimé leur solidarité avec la lutte pour libérer Oscar. Image prise depuis sa page, Planeta Kike, utilisée avec permission.

La lutte pour libérer le militant indépendantiste portoricain Oscar López Rivera continue à prendre de l'ampleur.

M. López Rivera, âgé de 71 ans, a été emprisonné pendant 33 ans aux États-Unis, accusé de “conspiration séditieuse” et de “conspiration pour s'évader” motifs de sa peine de 70 ans. C'est un combattant pour l'indépendance de Porto Rico, une colonie des États-Unis. Des politiciens, des artistes, et de nombreux militants de différentes idéologies se sont unis pour demander au président américain Barack Obama de grâcier López Rivera, qui a été appelé le plus ancien prisonnier politique détenu dans l'hémisphère occidental.

Son cas a attiré l'attention au cours des dernières semaines dans divers médias et à l'Organisation des Nations Unies de la part de personnes qui soutiennent sa libération.

Dans une lettre au magazine numérique 80, le blogueur, poète et sociologue Guillermo Rebollo Gil a réagi à un éditorial publié en juin dans le journal le plus diffusé à Puerto Rico, El Nuevo Día (Le nouveau jour), critiquant la façon ce texte a essayé de dépolitiser l'emprisonnement de M. López Rivera. Le passage de l'éditorial que Rebollo Gil a trouvé répréhensible était le suivant :

Porque Oscar López Rivera, al margen de su ideología y de sus aspiraciones, es un ciudadano que dedicó dos años de su vida al servicio militar activo, en la guerra de Vietnam, y que se sacrificó duramente por el mismo Estados Unidos que ahora se empeña en mantenerlo aislado, tratando de acallar los reclamos para que lo excarcelen e intentando mantenerlo fuera del foco de la atención mundial.

Parce que Oscar López Rivero, quelles que soient son idéologie et aspirations, est un citoyen qui a consacré deux années de sa vie au service militaire actif lors de la guerre du Vietnam, et s'est durement sacrifié précisément pour les États-Unis qui insistent maintenant à le garder isolé, en essayant de réprimer les manifestations pour le libérer et de le garder hors de l'attention du monde entier.

Rebollo Gil a souligné l'importance du fait que le cas de López Rivera ne doit pas être seulement perçu comme une question humanitaire, et a exhorté l'opinion à se rappeler pourquoi il s'agit d'un prisonnier politique. El Nuevo Día, le journal conservateur appartenant à la famille Ferré Rangel, a publié [fr] une série de lettres de López Rivera depuis sa prison.

Que el Grupo Ferré Rangel, “al margen” de su ideología y sus intereses económicos, interese unirse al reclamo por la excarcelación de Oscar López Rivera, no le da la potestad para despolitizar la figura de Oscar. Su excarcelación no es un mero issue de interés humanitario. Oscar López Rivera es un prisionero político. Preso—es decir, marginado brutalmente—por “su ideología y sus aspiraciones.” Oscar es padre y abuelo y hermano, y escribe cartas preciosas. Es cierto. Son las cartas de un independentista puertorriqueño, injustamente encarcelado cuando era joven y bigotudo y pelú. Hoy es viejo y hermoso. Pero igualmente revolucionario. Sépase.

Même si le Groupe Ferré Rangel, “au-delà” de son idéologie et de ses intérêts économiques, était intéressé à se joindre à l'appel pour la libération d'Oscar López Rivera, cela ne lui donne pas le pouvoir de dépolitiser la personnalité d'Oscar. Sa libération n'est pas une simple question d'intérêt humanitaire. Oscar López Rivera est un prisonnier politique. Prisonnier – ce qui signifie brutalement marginalisé – “à cause de son idéologie et de ses aspirations”. Oscar est un père et grand-père et frère, et il a écrit de belles lettres. C'est vrai. Ce sont des lettres d'un Portoricain qui est pour l'indépendance, injustement emprisonné quand il était jeune, lorsqu'il avait une moustache et de longs cheveux. Maintenant, il est vieux et beau. Mais toujours le même révolutionnaire. Qu'on le sache.

Le poète Manuel Martínez Maldonado a analysé dans un article pour le magazine “Cruce” l'injustice d'avoir quelqu'un en prison aussi longtemps pour “conspiration séditieuse”, une accusation que le gouvernement américain a toujours utilisée pour infliger de mauvais traitements à quiconque est en désaccord avec leur discours :

Es difícil ver, cuando no hay una guerra que represente el famoso “clear and present danger”, cómo abogar por la autonomía o independencia de Puerto Rico puede representar un riesgo a la estabilidad de los Estados Unidos. En el caso particular de Oscar López Rivera, encarcelado en 1981, sin haber sido acusado o convicto de ningún delito de violencia, el cargo de conspiración sediciosa es particularmente difícil de entender. […] ¿Cómo puede ser una amenaza contra el gobierno y sus armas un hombre anónimo y envejecido, no importa lo que diga o lo que piense?

C'est difficile de voir, alors qu'il n'y a pas de guerre, ce que veut dire le fameux “danger immédiat“, comment plaider pour l'autonomie ou l'indépendance de Porto Rico pourrait présenter un risque pour la stabilité des États-Unis. Dans le cas particulier d'Oscar López Rivera, emprisonné en 1981, sans avoir été accusé ou reconnu coupable d'un crime, la charge de conspiration séditieuse est particulièrement difficile à comprendre. […] Comment un homme anonyme et âgé, peu importe ce qu'il dit ou pense, pourrait-il présenter une menace pour un gouvernement et son armée?

Devant le siège des Nations Unies, il y avait des manifestations pour la libération de López Rivera pendant que le Comité de la décolonisation tenait sa réunion annuelle. A l'intérieur, Eduardo Villanueva Muñoz, porte-parole du Comité des droits humains de Porto Rico, a consacré son exposé à López Rivera dans un discours devant le Comité, qui examine le cas de Porto Rico chaque année depuis 1972 :

Oscar López ha cumplido ejemplarmente su rol de ser símbolo de resistencia y lucha para su pueblo. Por eso sus ideales se mantienen vigentes y en mi país hay lucha comunitaria, lucha ambiental, lucha contra el racismo y la discriminación, lucha por mejores empleos y salarios justos, lucha en defensa del idioma vernáculo (el español) y la cultura que nos distingue como nación. Mil años de encierro no pueden servir para destruir esos ideales que son consustanciales a la naturaleza de las naciones, que aunque no tengan soberanía, culturalmente son naciones claramente diferenciables en el concierto de naciones del mundo. Mantener a Oscar López preso no sirve para disuadir a los que creen en sus ideales, al contrario son un estímulo para continuar la lucha y mantener sus ideales vigentes.

Oscar López a rempli son rôle de symbole de la résistance et de la lutte pour son peuple d'une manière exemplaire. Ses idéaux sont toujours valables et dans mon pays ce sont des luttes communautaires, les luttes environnementales, la lutte contre le racisme et la discrimination, la lutte pour de meilleurs emplois et salaires, la lutte pour la défense de la langue vernaculaire (espagnol) et de la culture qui nous distinguent en tant que nation. Même un millier d'années de détention ne pourront pas détruire les idéaux qui sont inhérents à la nature des nations, qui sont, même sans la souveraineté, clairement des pays culturellement différents dans le concert des nations du monde. Garder Oscar López prisonnier n'a pas d'effet dissuasif sur ceux qui croient en ses idéaux, mais au contraire les encourage à continuer la lutte et maintenir vivants ses idéaux

On peut s'attendre à une augmentation de l'activité en faveur de la libération de López Rivera après les élections au Congrès américain en novembre, puisque le président Barack Obama, maintenant à la fin de son dernier mandat, sera en mesure de prendre plus de décisions sans avoir à tenir compte de leur possible coût politique. Pendant ce temps, des gens, à travers le monde, continuent à veiller à ce que le cas de López Rivera ne tombe pas dans l'oubli.

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