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Lourdes Sada, auteur et traductrice à Global Voices, pour le plaisir

Lourdes in her "bunker." Photo used with permission.

Lourdes dans son “bunker.” Photo utilisée avec permission.

La dynamique du bénévolat, selon le domaine où il s'exerce,  peut être très mouvante, les bénévoles tâtent de voies diverses jusqu'à en trouver une ou deux où ils se trouvent bien et où ils resteront… jusqu'à ce qu'ils sentent des envies de changement et tout repart du début.

Lourdes Sada est arrivée à Global Voices en Espagnol il y a déjà plus de deux ans, et depuis elle a produit plus de 400 articles, comme traductrice ou auteur. Mais ce n'est pas sa seule activité, et nous avons voulu nous en entretenir avec elle.

Global Voices (GV) : Bonjour Lourdes, parle-nous de toi. Où habites-tu ? Que fais-tu ?

Lourdes Sada (LS): Soy española, de Aragón. En España he vivido en Valencia y en Euskadi, pero ya hace 22 años que vivo en Bruselas. Trabajo en casa, por eso tengo bastante tiempo para dedicarlo a lo que más me gusta hacer, voluntariado en línea.

Lourdes Sada (LS) : Je suis Espagnole, d'Aragón. En Espagne, j'ai vécu à Valence et au Pays Basque, mais je suis à Bruxelles depuis 22 ans. Je travaille chez moi, ce qui me laisse assez de temps à consacrer à mon activité préférée, le bénévolat en ligne.

GV : Qu'est-ce qui te plaît dans le bénévolat en ligne ? Quelles ont été tes expériences ?

LS: Empecé a hacer voluntario en línea cuando mis hijos comenzaron a ir a la escuela. Después de varios años ocupada con ellos, me encontré con unas horas libres durante el día que quería dedicar a algo que fuera útil para los demás y al mismo tiempo me enriqueciera. Como antes de instalarme en Bruselas había empezado la carrera de informática, aunque no pude acabarla por el traslado, el mundo de los ordenadores y de Internet no me era ajeno, y el voluntariado en línea me pareció ideal en mi situación, ya que podía aprovechar muy bien el tiempo mientras seguía cuidando de mi familia. Buscando por la red di con una web francesa que buscaba traductores voluntarios y ahí empezó todo.

LS : Je me suis mise au bénévolat en ligne quand mes fils ont commencé à aller à l'école. Après plusieurs années à m'occuper d'eux, je me suis retrouvée avec quelques heures libres dans la journée que j'ai voulu consacrer à quelque chose d'utile aux autres en même temps qu'enrichissant pour moi. Avant de m'installer à Bruxelles j'avais commencé des études d'informatique, mais si je n'ai pu les terminer à cause du déménagement, le monde des ordinateurs et de l'Internet ne m'était pas étranger, et le bénavolat en ligne me paraissait idéal dans ma situation, puisque je pouvais profiter de mon temps tout en prenant soin de ma famille. En cherchant sur le net je suis tombée sur un site français qui cherchait des traducteurs bénévoles et c'est comme ça que tout a commencé.

GV : Comment t'es-tu retrouvée sur Global Voices et qu'est-ce qui t'a fait y rester ?

LS: Encontré GV buscando en Internet proyectos que necesitaran traductores. Al principio dudaba si ofrecerme como voluntaria, pensé que era un entorno muy profesional, y yo no lo soy. Pero los editores de GV decidieron darme una oportunidad y espero no haberles decepcionado. La traducción para GV es un trabajo que me gusta mucho, porque tengo la oportunidad de traducir sobre temas muy variados. A menudo son noticias de países que no suelen aparecer en la prensa tradicional, otras veces son cosas cotidianas que tampoco llegan a las primeras planas de los periódicos. Todo eso me da una visión más amplia del mundo.

LS : J'ai trouvé GV en recherchant sur Internet des projets nécessitant des traducteurs. Au départ j'ai hésité à me présenter, je pensais que c'était un environnement très professionnel, ce que je ne suis pas. Mais les éditeurs de GV m'ont donné ma chance et j'espère ne les avoir avoir déçus. Traduire pour GV est un travail qui me plaît beaucoup, parce qu'il me donne la possibilité de le faire sur une grande variété de sujets. Tantôt ce sont des informations sur des pays habituellement absents de la presse traditionnelle, tantôt ce sont des choses de tous les jours qui n'arrivent pas non plus à la une des journaux. Tout cela élargit ma vision du monde.

GV : Tu écris aussi tes propres articles. Est-ce quelque chose de nouveau pour toi ?

LS: Sí, nunca había escrito antes para ningún medio. A raíz de un incidente en el parlamento español que me indignó, como a muchas otras personas, me ofrecí para empezar a colaborar también escribiendo artículos en GV. Las cosas en España están bastante mal, pero el problema no es solo económico, también es muy doloroso ver la injusticia, la corrupción, la impunidad. Escribiendo artículos sobre todo esto intento que mi indignación se canalice de forma positiva, difundiendo estos hechos para que más gente tenga la información necesaria para tomar las decisiones más convenientes.

LS : Oui ! Je n'avais jamais écrit avant pour aucun média. A la suite d'un incident au parlement espagnol qui m'a indignée, comme beaucoup d'autres personnes, je me suis proposée pour contribuer également en écrivant des articles pour GV. Ça va assez mal en Espagne, mais le problème n'est pas qu'économique, c'est aussi très douloureux de voir l'injustice, la corruption, l'impunité. En écrivant des articles sur tout cela mon intention est de canaliser mon indignation de façon positive, en diffusant les faits pour que plus de gens aient l'information nécessaire pour prendre les décisions les plus adéquates.

GV : As-tu reçu des réactions à tes articles ?

LS: Sobre todo de compañeros de GV, de amigos y familiares que los leen. En general, creo que les gusta mi forma de escribir, y sobre todo aprecian el esfuerzo que hago para que los artículos resulten amenos y entretenidos. Cuando escribo intento ponerme en la piel del lector, creo que así el texto tiene más posibilidades de resultar interesante y agradable de leer. Ya que tienen la deferencia de leerme, lo menos que puedo hacer por ellos es no aburrirle

LS : Surtout de mes camarades de GV, des amis et de la famille qui les lisent. En général, je crois qu'ils aiment ma façon d'écrire, et surtout, qu'ils  apprécient mes efforts pour que les articles soient divertissants et prenants. Quand j'écris, je me mets à la place du lecteur, je crois qu'ainsi le texte aura plus de chances de devenir intéressant et agréable à lire. Si déjà on me fait l'honneur de me lire, je dois au moins ne pas être ennuyeuse.

GV : Quelle a été ta plus grande difficulté comme traductrice ? 

LS: Siempre he trabajado como voluntaria, por lo que en general las personas con las que he colaborado han tenido mucha paciencia y me han enseñado muchísimo. Mi primer webmaster me dio un cursillo rápido de html para que pudiera traducir directamente las páginas web, buscando todos los textos entre las etiquetas. Quizá el mayor apuro lo pasé con mi primer encargo, un “tocho” larguísimo que me enviaron con muy poco tiempo, tuve solo cuatro o cinco días para terminarlo y corregirlo. Casi no dormí, pero disfruté muchísimo. El trabajo más grande lo he hecho para Community Empowerment Collective, con los que he colaborado durante muchos años, como traductora, coordinadora y diseñadora web, y aún colaboro cuando me necesitan. No solo traduje más de 400 páginas al español, sino que también diseñé el nuevo formato de la web y convertí más de 4000 páginas en 30 idiomas distintos al nuevo diseño.

LS : J'ai toujours travaillé comme bénévole, et en général les personnes avec qui j'ai collaboré ont eu beaucoup de patience et m'ont énormément appris. Mon premier webmestre m'a donné une formation rapide de html pour me permettre de traduire rapidement les pages web, en cherchant tous les textes entre les balises. Le plus difficile a peut-être été ma première tâche, un énorme “pavé” qu”on m'a envoyé avec très peu de temps, j'avais seulement quatre ou cinq jours pour le finir et le corriger. Je n'ai presque pas dormi, mais j'ai adoré. Mon plus grand travail a été pour Community Empowerment Collective, avec qui j'ai collaboré pendant de nombreuses années comme traductrice coordinatrice et web designer, et je continue à travailler pour eux quand ils ont besoin de moi. Non seulement j'ai traduit plus de 400 pages en espagnol, j'ai aussi conçu le nouveau format du site et converti plus de 4.000 pages dans le nouveau format en 30 langues différentes.

GV : Que penses-tu de la situation actuelle des traducteurs indépendants dans l'Union européenne ?

LS: Tengo entendido que bastante mal. Nunca ha sido bueno, pero con la crisis, la situación va de mal en peor. Por ejemplo, muchos fabricantes recurren a traductores electrónicos para traducir las instrucciones de sus productos a otros idiomas, aunque resulte un batiburrillo ininteligible. Así, poco a poco se va reduciendo el campo en el que se mueven los freelancers. La mayoría de los traductores que conozco trabajan en las instituciones europeas, quizá sea más aburrido, pero elimina riesgos.

LS : Je peux dire qu'elle est plutôt mauvaise. Elle n'a jamais été bonne, mais avec la crise, c'est de mal en pis. Par exemple, beaucoup de fabricants recourent à des traducteurs électroniques pour traduire en d'autres langues le mode d'emploi de leurs produits, même si le résultat est un fouillis incompréhensible. Ainsi peu à peu se rétrécit le terrain des traducteurs freelance. La majorité des traducteurs que je connais travaillent pour les institutions européennes, c'est peut-être plus ennuyeux, mais ça élimine les risques.

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Lourdes avec l'auteur, Juan Arellano, à Bruxelles. Photo utilisée avec permission.

GV : Que conseillerais-tu à ceux qui se lancent dans le monde de la traduction ?

LS: Algo muy simple: que lean sus traducciones. En mi humilde opinión, hay una regla básica para que una traducción cumpla con su cometido: que no se note que es una traducción. Por otro lado, que tengan paciencia, que por mal que estén las cosas tarde o temprano tendrán que ir a mejor. Además, como han hecho otros profesionales, los traductores deberían plantearse luchar contra el intrusismo y empezar a exigir que se proteja su campo profesional de personas no cualificadas y sobre todo, de máquinas. Si lo logran, todos saldremos ganando.

LS : Une chose très simple : lire leurs traductions. A mon humble avis, il y a une règle de base pour qu'une traduction atteigne son but : on ne doit pas remarquer que c'est une traduction. Par ailleurs, être patient, même si cela va mal, tôt ou tard les choses s'amélioreront. Enfin, comme l'ont fait d'autres professionnels, les traducteurs doivent se décider à lutter contre les intrusions et commencer à exiger la protection de leur domaine professionnel contre les personnes non qualifiées, et par-dessus tout, contre les machines. S'ils y réussissent, nous serons tous gagnants.

GV : Si tu le pouvais, que voudrais-tu changer ou développer dans Global Voices ? 

LS: La verdad es que me gusta tal cual está, y aún más con el nuevo diseño. Yo creo que en este caso lo mejor es aplicar la primera ley de la mecánica: si funciona, no lo toques.

LS : La vérité est que cela me plaît comme c'est, et encore plus avec le nouveau design. Je crois que dans ce cas il faut appliquer la première loi de la mécanique : si ça marche, n'y touchons pas.

GV : Parle-nous d'un trait de ta personnalité qui te définit particulièrement.

LS: Si hay algo que creo que se me da muy bien es moverme por la Red, encontrar cosas en Internet, ya sea información, aplicaciones, programas, objetos en venta… no sé si será por paciencia, por intuición o por simple terquedad, pero rara vez no acabo encontrando lo que necesito. Tanto así, que mis amigos me llaman en broma “yopreguntoaLourdes.com”.

En otro orden de cosas, hace unos años, Phil Bartle, autor del CEC, y John Petroff, administrador del PEOI, con quien también colaboré varios años, me nominaron para el premio “Voluntarios del Año” que concede el servicio de voluntarios en línea de Naciones Unidas. Este premio me dio una gran alegría, no solo porque dejó claro cuánto apreciaban ambos mi trabajo, sino por constatar qué buenos amigos he ido haciendo por el camino.

LS : S'il y a quelque chose que je pense savoir très bien faire, c'est naviguer sur le net, trouver des choses sur l'Internet, que ce soit de l'information, des applis, des programmes, des choses à vendre… je ne sais pas si c'est la patience, l'intuition ou le simple entêtement, mais c'est rare que je ne finisse pas par trouver ce que je cherche. Au point que mes amis me taquinent en m'appelant “jedemandeàLourdes.com.”

Dans un autre ordre de choses, il y a quelques années, Phil Bartle, auteur du CEC, et John Petroff, administrateur du PEOI, avec qui j'ai aussi collaboré plusieurs années, m'ont proposée au prix du “Bénévole de l'année” décerné par le service des volontaires en ligne des Nations Unies. Ce prix m'a donné une grande joie, pas seulement parce qu'ils appréciaient manifestement tous deux mon travail, mais aussi par la constatation qu'en chemin je me suis fait d'excellents amis. 

Retrouvez les traductions et articles de Lourdes ici, et suivez-la sur Twitter @LulesSada.

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