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Voyager : prenons le ‘train de la mer’, au Kirghizistan

Issyk-Kul during the tourist season. Screenshot from video uploaded onto YouTube by Alexey Nikitin.

Le lac Issyk-Koul en haute saison touristique, capture d'écran d'une video téléchargée sur YouTube par Alexey Nikitin.

Autrefois, le lac Issyk-Koul était un lieu de repos pour les nomades d'Asie centrale. Il s'agit probablement de ce qui ressemble le plus à la mer en Asie centrale. Aujourd'hui, c'est une destination touristique prisée des touristes de l'ex Union Soviétique et au-delà. Mais avant d'admirer la beauté des eaux couleur saphir et des monts environnants constellés de neige, les visiteurs de “l'oeil de Tian Shan” doivent décider comment s'y rendre. 

Les cinq longues heures de trajet en train, de la capitale Bichkek à Balyktchy sur la rive ouest du lac, ont rendu le train moins fréquenté depuis la fin de l'Union soviétique. Beaucoup de personnes possèdent une voiture maintenant  – le trajet est plus court par la route  – et certaines craignent les risques éventuels d'un voyage en train, celui présenté par les passagers qui le prennent (des personnes qui ne possèdent pas de voiture) ou les vendeurs ambulants qui parcourent les couloirs du train pour vendre des snacks, des babioles et autres objets variés.

Mais le train a toujours des amateurs. Ils voient ce voyage comme une occasion de jouer aux cartes, de lire, d'apprécier un peu plus longtemps la vue des gorges de Boom, situées à mi-chemin entre le lac et la capitale, un moment de splendeur naturelle qui vient interrompre un paysage continu de steppes. 

The Boom Gorgeas seen from the Bishkek-Balykchy train. Photo by Zukhra Iakupbaeva.

Les gorges de  Boom vues du train  Bichkek-Balykchy. Photo Zukhra Iakupbaeva.

 Le train pour Balykchy part chaque jour à 6h40 du matin. Le voyage n'est pas aussi dangereux que certains le dépeignent, et il offre aussi une occasion rare d'observer un échantillon de la société kirghize, fuyant le stress de la ville pour les plaisirs du lac, des  familles avec chien et enfants jusqu'aux personnes âgées qui investissent une partie de leur modeste retraite dans ce pèlerinage estival.

A bord, le confort est minimal : un siège-couchette dur et une table partagée avec trois autres passagers. La chef de bord n'est pas seulement le point d'informations du train, mais s'improvise aussi médecin et peut distribuer des médicaments tirés d'un sac spécial en cas de besoin. Le train n'ayant pas de wagon restaurant, les passagers apportent leur propre pitance à bord, qui est souvent le classique menu post soviétique, graines de tournesol et bière. 

Quand on demande aux voyageurs pourquoi ils ont choisi ce moyen de transport pour se rendre au lac, la plupart mettent en avant le prix (un peu plus d'un dollar, comparé aux dix dollars US que coute un siège dans un taxi collectif) et le confort de l'espace que l'on a dans un train. 

The train to Issyk-Kul is a social experience.

Le “train lent” pour Issyk-Koul est une expérience de vie en société. Photo Zukhra Iakupbaeva.

Sur Facebook, Mara Bugatti Ekin Uulu, loue la ‘démocratie naturelle’ que l'on trouve à bord du train   Bichkek-Balykchy : 

Klassno) ya v 2011 godu s'ezdil s druzyami. Eto tema. Zahotel lejish, zahotel sobral rebyat I igru mojno zamutit). Da, vot 5 chasov dolgo ((( no nado otmetit v hotel kak raz i zaselites)))) obychno s obeda) vsem horoshego otdyha) hot’ odin raz poprobuite)

C'est formidable. Je l'ai pris avec des amis en 2011. Vraiment cool. Vous pouvez vous allonger sur l'un des lits si vous voulez ou jouer à des jeux avec les passagers. Bien sûr, 5 heures, ça peut paraitre long, mais nous sommes arrivés pile à temps pour nous installer dans notre hôtel à l'heure du déjeuner)))) Je vous souhaite à tous un bon repos à Issyk-Koul. Vous devriez essayer le train au moins une fois) 

Un autre usager du train, Sapar Ibraev, commente les paysages qu'il offre :

Нууу, да ты самое интересное пропустила))) Путь назад намного красивее – закат, ночные огни города, и потом приезжаешь в прохладный вечерний Бишкек)) И в поезде после 8 вечера такая тишина всегда, все спят…

Le trajet retour, Balykchy-Bichkek, est beaucoup plus beau : coucher de soleil, lumières des villes, et ensuite vous arrivez dans la nuit fraiche de  Bichkek)) Tout est calme après 20 heures dans le train, tout le monde dort…

Le train effectue plusieurs arrêts. Cette jeune famille est montée à bord dans un village juste avant les gorges et prenait le train pour la première fois.  Yulia (à gauche ) a dit :  “C'est assez pittoresque de voir la route à travers les gorges que nous prenons presque chaque jour de haut, depuis les montagnes.”

Train 1

Yulia et sa famille vivent dans un village entre Bichkek et Issyk-Koul. Photo  Zukhra Iakupbaeva.

La chef de bord, Zeine, 56 ans, travaille pour la compagnie nationale kirghize des chemins de fer depuis 33 ans. Quand on lui demande des anecdotes sur ses années passées dans les trains, elle se souvient de l'histoire d'une dame enceinte, qui s'était rendue en Russie dans l'unique but de toucher une allocation d'état de 286 621 roubles (5,512 dollars) réservée aux femmes qui donnaient naissance à leur troisième enfant. La femme a réussi à accoucher dans les toilettes d'un train, une fois en sécurité sur le territoire russe, avant de changer de train pour se rendre dans un hôpital local. Ce qu'elle ignorait, c'est que l'allocation russe pour le troisième enfant ne pouvait être touchée par des ressortissantes d'un pays étranger.

Monkeys, dans un post intitulé “Comment aller à Issyk-Kul à petit prix, et en colère” publié sur la plateforme de blogs Namba.kg, a calculé que sa journée de détente à Issyk-Koul lui avait couté moins de 300 soms (6 dollars US), somme comprenant le voyage aller-retour en train, une plongée dans l'un des  magasins de fripe suspects de la ville, une dégustation de Ashlan-Fu à déjeuner et l'accès à l'une des plages les plus agréables de la ville. 

Balykchy elle-même, ville post industrielle, est loin d'être une destination à la mode ou d'attirer par son aspect esthétique (voir le reportage de Ben Rich, qui fait autorité, Balykchy: Town on the Edge) dans le numéro 19 du magazine touristique de Bishkek, Le spectateur, pour quelques vues sinistres). Les touristes du lac qui arrivent par le train peuvent préférer prendre un bus ou un taxi vers un lieu plus agréable. La ville offre cependant de l'excellent poisson fumé.

Le train Bichkek-Balykchy repart de Balykchy tous les jours à 17 heures. 

Balykchy

Le train Bichkek-Balykchy repart vers Bichkek tous les jours à 17 heures. Zeine,la femme en uniforme bleu marine,  travaille pour les chemins de fer kirghizes depuis plus de trois décennies. Photo Zukhra Iukupbaeva.

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