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Afrique : le nouveau vivier des médias francophones ?

Bangui, Central African Republic. The French language retains some of its former influence in the former French colonies in Africa.

Bangui, République Centrafrique. Le français maintient une partie de son influence dans les anciennes colonies françaises en Afrique. Photo tirée de Wikimedia Commons.

Lors d’un point presse organisé à Paris, Bertrant Méheut, le président de Canal +, a annoncé que le groupe lancerait une nouvelle chaîne de divertissement destinée à l’Afrique Francophone. Il faut bien dire que ce n’est pas dû au hasard, avec une perspective de 85 % des francophones rassemblés en Afrique en 2050, le marché s’annonce des plus florissants.

L’OIF annonce 750 millions de francophones en 2050

Avis aux plus audacieux, les médias français tels qu’on les connaît risquent de connaître de forts bouleversements dans les années à venir, et ce n’est que pour le meilleur. Si on compte aujourd’hui près de 215 millions de francophones dans le monde, ce chiffre pourrait être multiplié par trois à l’horizon 2050 avec 750 millions de personnes parlant le français. Ce pronostique a certes été établi en 2010 par l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie), mais cette année, celle-ci confirme la tendance. Des chiffres vertigineux qui donnent à réfléchir quant à la nouvelle place des médias français dans le paysage mondial, et plus particulièrement en Afrique.

Répartitions des locuteurs par langue - via OIF

Répartitions des locuteurs par langue – via OIF

Ce sont 85 % des francophones qui seront rassemblés en Afrique en 2050 et pour cause, le continent jouira d’une formidable croissance démographique. La langue française boudée à tort pourra profiter de cet essor, qui fera d’elle l’une des premières langues parlées dans le monde, pour retrouver ses lettres de noblesse. Beau revers de médaille pour les mauvaises langues qui la croyaient déjà presque morte, aujourd’hui, la langue française et les médias français font l’objet d’une spéculation qui ne cesse de croître. Un rapport de recherche de la banque internationale de financement Natixis a d’ailleurs été intitulé « la francophonie, une opportunité de marché majeure ». La banque dans une note d’analyse a souligné que « cette perspective constitue une opportunité de marché majeure pour l’industrie des médias français ». Un secteur pris très au sérieux, puisque Jacques Attali devra prochainement remettre au gouvernement un rapport sur « la dimension économique de la francophonie ».

La fin de l’ère monopolistique

Il faut dire que jusqu’ici, la diffusion de la culture francophone n’a pas été des plus diversifiées, c’est la chaîne TV5 monde qui détenait l’essentiel de ce monopole avec une réception de 257 millions de foyers dans le monde (dont 12 millions en Afrique). Pourtant, avec la digitalisation africaine, cette propension devrait laisser place à une nouvelle tendance.

« Tout semble se mettre en place : émergence d’une classe moyenne, implantations de multiplexes, équipements structurels de haut débit pour diffuser vidéo et télévision »,

rapporte le groupe de travail sur la francophonie d’UniFrance, une association chargée de la promotion du cinéma français à l’international.
Un développement qui en attire plus d’un d’autant plus que les coûts de production restent modestes. Une série peut être produite pour quelques milliers d’euros par épisodes, cela va jusqu’à 40 000 euros pour celles tournées en Afrique du Sud.

Euronews a prévu de lancer pour 2015 Africanews, une chaîne panafricaine et multilingue qui émettra depuis Congo-Brazzaville. Vivendi entend également se faire une place et à l’initiative de Canal +, une chaîne familiale présentera un talent show baptisé « Island Africa Talent », un concours de cuisine africaine « Starchef », des magazines de mode « Blackamorphe » ou encore un concours de coiffure. Le groupe Lagardère a également choisi de se lancer dans l’aventure en proposant sa chaîne Gulli en 2015. Le groupe est d’ailleurs en pleine réflexion pour s’étendre à d’autres médias, notamment avec le lancement de nouvelles radios.  La presse écrite n’est pas en reste. Là encore, beaucoup ont imaginé la presse écrite à l’article de la mort.  Et pourtant, la langue française est en train de trouver un nouveau lectorat. Des journaux français comme « Le Point », « Le Monde » ou encore « Le Figaro » ont décidé de lancer des initiatives en créant des sites Internet, ou encore des sites mobiles.

La seule ombre au tableau ? Le concurrent chinois qui n’est pas des moindres.

  Les groupes chinois apportent simultanément des financements, la construction des réseaux et des opérateurs de contenus, alors que les sociétés de l’Hexagone se présentent en ordre dispersé

constate un observateur. Néanmoins, la francophonie est prête à livrer bataille et à se faire une place de choix pour faire de cette croissance démographique, une croissance économique dont les Africains seront les essentiels bénéficiaires. Formation de main-d’œuvre et créations d’emplois sont en effet des perspectives non négligeables.

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