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Une randonnée lyrique et visuelle à travers les ruelles d'Almaty, au Kazakhstan

Memorial plaques are just one of the many things in Almaty that Keen has documented.

Les plaques commémoratives sont quelques-uns des attraits d'Almaty recensés par Keen. Photo de Dennis Keen, utilisée avec autorisation.

Achetez le guide Lonely Planet consacré à l’Asie Centrale et rendez-vous au chapitre présentant la ville d’Almaty, au Kazakhstan. « La « liste des choses à voir » n’inclut certainement pas les pompes à mains, les panneaux rédigés à la main et les stations de chauffage. Mais alors, à quoi ressemble une ville sans toutes ses choses ?

Walking Almaty” n’est pas le premier blog de Dennis Keen que l'on consulte sur l’Asie Centrale. Il s’agirait plutôt de “KeenonKyrgyzstan“, qui constitue peut-être le blog anglophone sur la culture kirghize traditionnelle le plus divertissant qui soit. Entre ces deux blogs sont arrivés “EurasiaEurasia” et “Central Asian Falconry Project“, le premier étant un mélange d’histoire, d’anecdotes culturelles et de musique d’Asie Centrale, le second, une véritable archive de ressources pour quiconque souhaiterait voir des rapaces dans la région.

Mais après avoir flâné à travers plusieurs yourtes au Kirghizistan, réfléchi à la servilité du monde occidental face à la chasse au rapace au Kazakhstan et en Mongolie, et médité sur l’ascendance du reggae sur la dombra kazakh – un luth traditionnel – nous trouvons dorénavant Keen dans davantage de cadres urbains. Si vous pensiez ne jamais être exalté par les arrêts d’autobus et les cages d’escaliers datant de l’Union Soviétique, lisez ceci : Keen a rendu le banal admirable.

Sary the eagle hunter, who was regularly fetured in KeenonKyrgyzstan, holds a copy of the Spektator, a Bishkek-based tourism magazine.

Sary le chasseur à l'aigle était un personnage régulier et passionnant de “KeenonKyrgyzstan”. Photo issue du blog, utilisée avec autorisation. 

Almaty, qui abrite environ 1,5 million d’habitants, demeure la plus grande ville du Kazakhstan et change à vitesse grand V. Chaque jour, des gratte-ciels ressemblant à ceux de Dubaï sont construits grâce à la richesse bourgeonnante – en ressources naturelles – de la république. Quelques quartiers subissent une gentrification agressive tandis que d’autres sont totalement ignorés. Les bazars tentaculaires sont également menacés par l’accroissement des centres commerciaux.

Pendant qu’une nouvelle Almaty se fait connaître, l’ancienne éprouve un besoin désespéré d’être reconnue avant de disparaître. Armé d’un grand appareil photo et d’un cadeau pour l’aspect poétique, Keen n’est alors qu’une personne parmi d’autres.

De nombreuses visites relatées sur ce blog ont eu lieu hors des sentiers battus. Prenons ainsi la récente promenade de Keen à travers le quartier de Tatarka, à Almaty :

L’un des plus anciens quartiers d’Almaty est Tatarka, qui signifie “la femme Tatar”. Attendez, n’est-ce pas assez clair pour vous ? Si vous êtes Américain, vous devez ignorer que les Tatars [français] sont des Turcs musulmans qui vivent pour la majorité d’entre eux en Russie. Ne vous inquiétez pas, je suis sûr qu’ils vous pardonneront. Les Tatars résidaient essentiellement dans ce coin vallonné de la ville, au nord-est du centre, et y vivraient toujours selon certains. Actuellement, Tatarka est connue pour être l’une des quelques parties de la ville d’Almaty portant le nom d’un quartier, information connue de nombreuses personnes.

Les maisons sont décorées de lambris, de corniches sculptées, et d’embrasures sophistiquées. De nombreuses poubelles improvisées jonchent les lieux, probablement en raison des terrains vallonnés qui laissent les routes hors du trajet des collectes. Je n’étais qu’à vingt minutes à pied du centre, mais j’avais le sentiment d’être dans un village lointain. Alors que j’achetais une petite bouteille de limonade russe dans une supérette, l’absence de prétention du propriétaire semblait caractéristique de la petite ville. « Nous avons seulement cela aujourd’hui ! » me dit-il tandis que la conversation se dirigeait peu à peu vers la chute de l’empire américain. « Si vous cherchez un contradicteur », me prévient-il, « vous vous adressez à la mauvaise personne. Je suis un migrant au Kazakhstan avec un penchant pour le soda russe ». 

Le  bout Keen pour les corniches sculptées constitue un thème récurrent de Walking Almaty, mais il se montre en revanche très critique envers d’autres caractéristiques du paysage urbain. Dans cet extrait, il lance une diatribe contre les façades en aluminium :

La tendance architecturale la plus malheureuse de ces dix dernières années pourrait être la façade en aluminium. Les panneaux en métal [металлокассеты; metallokassety] sont censés être futuristes et recouvrir des murs en bétons vieillissants par un composant du XXIème siècle. Mais dans les faits, ils déforment, tâchent et ont l’air sales.   

D’autres objets de la vie quotidienne, ni beaux ni vulgaires, mais qui racontent tous une histoire, sont sous la surveillance de Walking Almaty :

A l’instar des pavés, les plaques d’égout sont l’illustration parfaite des infrastructures délaissées ;  nous leur marchons littéralement dessus sans même nous en rendre compte. Plutôt que de regarder les filles ou de vous souvenir avec tendresse de votre déjeuner, que diriez-vous de visualiser le sol et de prendre quelques notes ?  Vous pourriez voir une plaque en fonte, vestige d’un passé révolu, ou agrémentée d’agréables motifs, ou bien encore marquée d’un mystérieux code. Le pouvoir de l’observation peut vous ouvrir des mondes dont vous ignoriez l’existence.      

Les visiteurs de Walking Almaty peuvent retrouver les promenades urbaines de Keen grâce à l’application mapmywalk.

Ci-dessous, une sélection de photos du blog Walking Almaty:

Communist-era mosaics are still everywhere in Almaty and other post-Soviet cities.

Des mosaïques de l'ère communiste sont présentes dans tout Almaty, ainsi que dans d'autres villes post-soviétiques. Photo de Dennis Keen, utilisée avec autorisation. 

Doorbells on houses in Almaty are sheltered from the elements by cut-off plastic bottles.

Les sonnettes des maisons d'Almaty sont à l'abri des intempéries grâce aux bouteilles en plastiques coupées qui les recouvrent. Photo de Dennis Keen, utilisée avec autorisation.

Shoe repair shops are familiar to anyone who has travelled through post-Soviet Central Asia.

Les cordonneries, omniprésentes, accompagnent quiconque voyage à travers l'Asie Centrale post-soviétique. Photo de Dennis Keen, utilisée avec autorisation.

Josef Stalin's taste for architecture was better than that of his successors.

Le goût en matière d'architecture de Joseph Staline était bien meilleur que celui de ses successeurs. Photo de Dennis Keen, utilisée avec autorisation.

A house in Kökzhiek, an Almaty suburb.

Une maison à Kökzhiek, une banlieue d'Almaty. Photo de Dennis Keen, utilisée avec autorisation.

Smashed blue ceramic  adds color to a wait for the bus.

Des morceaux de céramique bleue ajoutent de la couleur à un arrêt de bus. Photo de Dennis Keen, utilisée avec autorisation.

Central Asian cemetries are aesthetically impressive by day, eery by night.

Les cimetières d'Asie Centrale sont impressionnants le jour, et angoissants la nuit. Photo de Dennis Keen, utilisée avec autorisation.

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