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Keiko Tsuyama, journaliste japonaise, correspondante pionnière aux Etats Unis

La journaliste japonaise Keiko Tsuyama dans la Ville de New York. Image authorisée.

La journaliste Keiko Tsuyama dans la Ville de New York. Photo authorisée.

La reporter Keiko Tsuyama s'est bâtie une respectable carrière du Japon aux Etats Unis. Originaire du Japon où d'habitude moins de 3 pour cent des postes de direction du monde des affaires sont occupés par des femmes et qui ne sont que 15 pour cent des journalistes travaillant à temps complet,  il convient de remarquer que Tsuyama a été la première à travailler comme chroniqueuse économique pour Kyodo,le plus important organe de presse

Et au Japon, un pays où relativement peu de personnes parlent bien une langue étrangère, sa parfaite compréhension du français et de l’ anglais lui permet de mieux refléter les perspectives du monde en dehors du Japon. Ancienne chroniqueuse du Wall Street Journal Japon, Tsuyama est maintenant une rédactrice d'AERA, une des revues hebdomadaires les plus lues au Japon.

J'ai eu un entretien avec Tsuyama, qui est installée à New York, sur sa carrière, son pays d'origine et son interview de Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook .

Nevin Thompson (NT): Voulez-vous nous parler de vous?

Keiko Tsuyama (KT): Je suis journaliste, écrivaine, auteure, et photographe, et je suis la Correspondante de Paix de la Ville de Nagasaki. Je vis à New York, et j'écris ainsi pour les lecteurs japonais qui s'intéressent aux Etats Unis.

Mes centres d'intérêt sont les récits des personnes,les faits, la technologie, et le paysage médiatique.

NT: Vous êtes originaire du Japon. Comment êtes-vous devenue une collaboratrice free-lance basée à New York City?

KT: Je travaillais pour Kyodo News, le plus important organe de presse japonais avec environ 900 employés. De 2003 à 2006 j'étais la correspondante de presse de Kyodo à New York. En fait, je ne voulais pas du tout être envoyée à New York en 2003 – c'était juste après que le Président Bush ait lancé son offensive contre l'Iraq. Mais une fois que j'ai atterri à New York City, j'ai vraiment aimé y vivre.

NT: Vous avez finalement abandonné votre carrière chez Kyodo pour travailler comme collaboratrice free-lance. Pourquoi?

KT: Je suis restée à New York City comme collaboratrice free-lance car j'avais quelques idées de sujets sur lesquels je voulais écrire. Comme journaliste rattachée au journal, il y a toujours des délais à respecter et vous n'avez pas suffisamment de temps pour écrire des articles longs.

Bien qu'ayant écrit beaucoup d'articles lorsque j'étais pour Kyodo à New York, je voulais toujours en écrire plus.

Ainsi, en 2006 lorsque Kyodo m'a affectée de nouveau à Tokyo et qu'il a fallu quitter New York City, j'ai décidé de rester et continuer à explorer d'autres pistes d'articles.

NT: a-t-il été facile de passer du temps complet  au freelancing ?

KT: je ne connaissais pas les éditorialistes japonais, et d'ailleurs la première commande que j'ai obtenue fut avec Newsday à New York. C'était un article en anglais sur la guerre en Iraq, à mes débuts de free-lance.

Petit à petit, j'ai été présentée à des éditorialistes japonais et à des directeurs d'émissions de radio à travers mon réseau (on me demandait souvent de venir commenter à la radio), et ensuite, j'ai travaillé pour AERA.

NT: Qu'est-ce qu'AERA?

KT: AERA est l'équivalent japonais de la revue New York Times Magazine. C'est un hebdomadaire publié par Asahi, un des plus importants groupes de presse au Japon.

NT: Se voir confier des missions par AERA a dû vous pousser à devenir collaboratrice free-lance.

KT: Tous les éditeurs veulent quelqu'un qui peut utiliser son expérience professionnelle et sa formation pour relater une “vraie histoire.” AERA m'a dit, “Vous êtes formidable, car les noms des entreprises et des personnes n'ont jamais besoin d'être corrigés dans vos articles.”

NT: quelle mission importante avez-eu pour l'instant dans votre carrière freelance ?

KT: j'ai intervewé Mark Zuckerberg il y a quelques années. C'est venu de nulle part – avant l'entrée en Bourse de Facebook, et Zuckerberg faisait une campagne de sensibilisation des investisseurs. Facebook voulait accorder une seule interview pour le Japon, et AERA l'a obtenue.

NT: quel effet cela a eu de l'interviewer?

KT: Il parle vraiment trés vite. j'ai vraiment adoré cela, mais il est vraiment différent des personnes que j'ai déjà interviewées. Il suffit de poser une question, et Zuckerberg voulait savoir pourquoi je l'avais posé, les circonstances et les raisons derrière.

Il m'observait alors  comme si j'avais un insecte sur mon nez lorsqu'il réfléchissait à sa réponse. Ensuite, il commençait à parler très vite.

Cependant, quelque soit le sujet qu'il aborde,  Zuckerberg tire les choses au clair. Je pouvais voir son cerveau fonctionner vraiment très vite, et je pourrais dire par le choix de ses mots qu'il était vraiment intelligent, et qu'il était bien choisi pour diriger Facebook.

 NT: Vous êtes aussi Correspondante de Paix de la Ville de Nagasaki. Etes-vous de Nagasaki ?

KT: Non, je suis de Tokyo. Toutefois j'ai commencé ma carrière avec Kyodo en 1988 comme reporter de faits divers à Fukuoka et Nagasaki (des villes proches de l'île de Kyushu), et j'ai gardé le contact avec les gens que j'y ai rencontrés.

Plus récemment, j'ai travaillé comme traductrice volontaire pour hibakusha (les rescapés des bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki) qui visitaient la ville de New York lors de manifestations culturelles.

C'est ainsi que j'ai été désignée Correspondante de Paix de Nagasaki. Entre autres missions, je plaide pour l'élimination des armes nucléaires, et je suis le porte-parole à l'étranger des gens de Nagasaki.

NT: quel sujet en ce moment au Japon devrait attirer l'attention du reste du monde ?

KT: La décision de construire une base militaire américaine à Henoko et Oura Bay dans la préfecture d'Okinawa. Si ce genre de projet était envisagé pour la Côte Est ou Ouest des Etats Unis, cela ne serait jamais toléré par les Américains. Pourquoi Henoko?

La décision de construire une base militaire américaine à Henoko va occasionner de nombreux dégâts environnementaux. Les gens ici aux Etats-Unis sont plus conscients de l'environnement.

Cependant, ce projet est en cours à Okinawa, loin des Etats Unis, et je veux que les gens sachent, et donc je vais faire une vidéo en anglais qui sera mise en ligne sur YouTube.

NT: qui sont les journalistes japonais que les lecteurs de Global Voices pourraient vouloir suivre ?

KT: Tanaka Ryusaku (@tanakaryusaku), Ugaya Hiro (@hirougaya), et Iwakami Yasumi (@iwakamiyasumi) sont tous en train de faire un travail intéressant en ce moment. Si vous pouvez lire le japonais, jetez un coup d'oeil à leurs articles! Sinon, j'espère que GV va en traduire quelques uns !

A New York City le 20 Septembre, Tsuyama a été modératrice d'une discussion avec le réalisateur Soda Kazuhiro sur le film “The Gift from Beate“, qui s'intéresse à l'influence que Beate Sirota Gordon a eu sur la ” Constitution de Paix” du Japon de l'après-guerre. On peut retrouver Keiko Tsuyama sur internet sur @keikoworld

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