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Les travailleuses de l'industrie textile au Cambodge réclament toujours des salaires décents

Les travailleurs cambodgiens de l'habillement exigent des multinationales de leur donner un salaire mensuel minimum de $ 177. Photo de la Licadho

Les ouvrières cambodgiennes de l'habillement exigent des multinationales de leur payer un salaire mensuel minimum de $ 177. Photo de la Licadho

[Article d'origine publié le 21 septembre] Après avoir lancé une grève nationale en décembre dernier, les ouvrières de l'industrie de l'habillement du Cambodge sont de retour dans les rues pour réclamer un salaire minimum mensuel de 177 dollars américains.

L'an dernier, une grève a été organisée [fr] pour faire pression sur le gouvernement afin d'augmenter le salaire mensuel, qui, à l'époque, était de 80 dollars. Les travailleurs de l'industrie de l'habillement voulaient le doublement de leur salaire, mais le gouvernement avait autorisé seulement une augmentation de 15 à 20 dollars. La grève avait mobilisé des dizaines de milliers de travailleurs à travers le pays, mais elle avait été violemment dispersée [fr] par les forces de sécurité nationale en janvier, ce qui avait entraîné la mort de cinq grévistes.

Le salaire minimum mensuel actuel dans l'industrie du vêtement au Cambodge est fixé à 100 dollars. L'année dernière, les recettes d'exportation du secteur de l'habillement ont représenté environ un tiers du PIB cambodgien de 15,25 milliards de dollars. Il y a plus de 600 000 ouvriers du vêtement au Cambodge, et la majorité d'entre eux sont des femmes. En plus des bas salaires, les travailleurs souffrent aussi de mauvaises conditions de travail, qui se traduisent souvent par des évanouissements collectifs [fr]; des incidents ont été signalés dans différentes usines de la confection.

Cette semaine, les travailleurs du vêtement ont relancé la campagne pour une augmentation de salaire, mais cette fois ils s'adressent aux multinationales de l'industrie du vêtement qui  sous-traitent et s'approvisionnent au Cambodge. La campagne, surnommée “L'acheteur doit fournir des salaires de base de $ 177″, vise à faire pression sur les marques mondiales telles que H & M, Walmart, Levi, Gap, Puma, C & A, Adidas et Zara pour négocier directement des salaires plus élevés pour les ouvrières.

Postez le logo vert de toutes les marques qui s'approvisionnent au Cambodge pour exiger qu'elles relèvent le salaire minimum à 177$

Plus de 500 travailleurs de l'habillement se sont rassemblés au parc industriel Canadia à Phnom Penh, la capitale du pays, pour réclamer des salaires plus élevés. Selon les syndicats du vêtement, des ouvrières provenant environ de 300 usines à travers le pays se sont jointes à la manifestation.

Cette vidéo montre les grévistes avec des bannières exigeant des entreprises multinationales de ne pas affamer les travailleurs de l'habillement du Cambodge.

Les dirigeants syndicaux ont expliqué que l'exigence d'un salaire minimum de 177 dollars est basée sur les dépenses mensuelles moyennes des ouvrière de l'habillement. L'une des travailleuses qui ont participé à la manifestation explique le sentiment de ses collègues au journal de langue anglaise Cambodia Daily :

Nous voulons un salaire plus élevé, car aujourd'hui nous n'avons pas assez d'argent pour subvenir à nos besoins, parce que tout est très cher, comme le loyer, l'électricité, l'eau et la nourriture.

Travailleurs cambodgiens exigent un salaire mensuel minimum de 177 $. Photo de la Licadho

Des travailleuses cambodgiennes exigeant un salaire mensuel minimum de 177 $. Photo de la Licadho

Le Community Legal Education Center, un groupe local de défense des droits humains, soutient la campagne et exhorte les marques et leurs fournisseurs “à assumer leurs responsabilités et assurer la dignité humaine pour leurs travailleurs cambodgiens.”

Le gouvernement a réagi en déployant des unités de l'armée et de la police au lieu où se tenait la manifestation, alors que l'opposition a promis aux ouvrières d'introduire au parlement la campagne pour leur salaire.

Un soldat filme les travailleuses de l'industrie du vêtement à #phnompenh qui continuent à exiger une augmentation de salaire.

Cette lutte pour une augmentation de salaire est soutenue par des syndicats dans de nombreux pays. Au Canada, il y a une pétition en ligne exhortant les consommateurs à ne pas acheter des vêtements “fruit de l'exploitation et de la répression.”

Espérons que la série prévue de manifestations se déroulera pacifiquement et que le gouvernement respectera le droit des travailleurs à exiger de meilleures conditions de vie et de travail. Il est également important pour les multinationales du vêtement de prouver leur engagement à améliorer le bien-être des travailleurs dans les usines de confection du Cambodge.

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