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Netizen Report : La croisade de Rafael Correa contre les médias critiques

Rafael Correa at a 2013 parade in Guayaquil, Ecuador. Photo by Cancilleria Ecuador via Flickr (CC BY-SA 2.0)

Rafael Correa en 2013 à une parade à Guayaquil, Équateur. Photo de Cancilleria Ecuador via Flickr (CC BY-SA 2.0)

Mahsa Alimardani, Juan Arellano, Ellery Roberts Biddle, Lisa Ferguson, Bojan Perkov, Sonia Roubini et Sarah Myers West ont collaboré à l’élaboration de ce rapport.

[Sauf mention contraire, tous les liens de ce billet renvoient vers des pages web en anglais.]

Le Netizen Report de Global Voices Advocacy présente un résumé des défis à relever, des victoires et des tendances émergentes en matière de libertés numériques dans le monde. L’édition de cette semaine s’intéresse tout d’abord à l’Équateur où une vidéo intitulée Lo que Correa no quiere que veas! [« Ce que Correa ne veut pas que vous voyiez », en se référant au président Rafael Correa] a été supprimée de YouTube le 29 septembre. La vidéo présente des extraits d’un discours dans lequel le président évoque les forces de l’ordre sur des images de violences policières contre des participants à une manifestation [ES] organisée à Quito, la capitale, le 18 septembre. YouTube a retiré la vidéo à la demande du bureau du secrétaire d’État à la communication qui dénonçait une violation du droit d’auteur. Également supprimée de Facebook, la vidéo a été remise en ligne sur YouTube le 2 octobre.

L’incident met en lumière une autre facette des politiques et des pratiques toujours plus restrictives du gouvernement équatorien dans l’ensemble du secteur médiatique. Rafael Correa, récemment décrit par le Comité pour la protection des journalistes comme le « critique en chef des médias », a promulgué des lois relatives à la communication de grande portée aux conséquences désastreuses à tous les niveaux pour les médias et leurs collaborateurs. Depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle règlementation en 2013, de nombreux médias traditionnels et en ligne ont dû fermer. Dans une affaire très médiatisée, le dessinateur Xavier Bonilla avait reçu l’ordre de supprimer une vignette où apparaissaient des membres du gouvernement et de la redessiner sous un angle plus flatteur.

Frank La Rue, rapporteur spécial des Nations Unies pour la liberté d’expression, a décrit la loi comme « visant clairement à limiter la liberté des journalistes de publier des informations sur des événements d’actualité, des politiques publiques ou des membres du gouvernement ».

Des hackers pro-Pékin attaquent des sites d’informations indépendants
Des médias indépendants et des sites d’organisation citoyenne de Hong Kong, tels que Passion Times, Post852, HKDash et inmediahk.net ont fait face à des cyberattaques massives qui les ont mis hors ligne pour des périodes variables au cours des dix derniers jours. Des craintes d’une panne totale du réseau existent encore, bien qu’il semble que ce ne soit que des rumeurs pour le moment.

En réponse au battage médiatique concernant FireChat, une application prenant Bluetooth en charge qui permet aux utilisateurs de communiquer dans des salons de discussions publics, Global Voices a travaillé avec des experts de inmediahk.net, de Citizen Lab et du Tibet Action Institute pour souligner les failles de sécurité de l’application et élaboré une liste de conseils afin que les utilisateurs puissent mieux sécuriser leurs communications lors des manifestations.

Un logiciel espion prétenduement destiné à « la coordination d’Occupy Central » circule à Hong Kong parmi les manifestants qui utilisent l’application de messagerie WhatsApp. Lorsqu’un lien introduit dans un message WhatsApp est activé, l’application révèle la géolocalisation de l’utilisateur, son carnet d’adresses et ses courriers électroniques, entre autres.

Nouvelle arrestation d’un défenseur des droits de l’homme au Bahreïn
Nabeel Rajab, leader en matière de défense des droits de l’homme au Bahreïn, a été arrêté pour « insultes à une institution publique » après avoir envoyé un tweet insinuant que l’appareil sécuritaire du Bahreïn servait d’« incubateur » pour des combattants du Daech (EI).

Deux nombreux Bahreïniens qui ont rejoint les terroristes et EI proviennent d’institutions de sécurité qui étaient leur premier incubateur idéologique.

Nabeel Rajab avait été libéré de prison en mai 2014 après avoir purgé une peine de deux ans pour avoir participé à des manifestations contre les violentes répressions contre les soulèvements au Bahreïn. Il est toujours en garde à vue lorsque nous rédigeons ce rapport. Le mardi 7 octobre, une campagne sur Twitter demandant sa libération a été organisée autour du mot-clic #FreeNabeel.

Les yeux toujours plus vigilants du gouvernement égyptien
Le gouvernement égyptien essaye de développer un système de surveillance de masse pour contrôler les activités des tous les internautes dans le pays. Le ministre de l’Intérieur a lancé un appel d’offres limité pour fournir et exécuter un logiciel de contrôle d’Internet, y compris des conversations privées et des messages envoyés via des applications mobiles telles que Viber et WhatsApp.

Colombie : projet de création d’un guichet pour les données des citoyens ?
Le ministre colombien des technologies de l’information et de la communication, Diego Molano, essaye de faire adopter une initiative stratégique qui permettra au gouvernement de créer pour chaque citoyen un « portfolio numérique » regroupant toutes les données personnelles que possède l’État, allant des numéros d’identification nationale et de passeport aux informations fiscales et aux données sanitaires, liées à une adresse électronique unique fournie par le gouvernement.

Même si cette politique vise à améliorer la communication entre les services administratifs et à réduire l’utilisation du papier, elle soulève des préoccupations concernant la vulnérabilité des citoyens face à une plus grande surveillance du gouvernement ou à un piratage malveillant.

Cyberactivisme : campagne #FreeSaeed pour le développeur de logiciel libre iranien emprisonné
Reconnu coupable de menaces contre les idéaux islamiques de la nation et contre la sécurité nationale, Saeed Malekpour, Iranien développeur web et d’outils de contournement, a passé six ans derrière les barreaux pour avoir créé un logiciel libre que des internautes ont utilisé pour mettre en ligne des images pornographiques. À l’occasion de l’anniversaire de son arrestation, des activistes et des blogueurs ont organisé un tweetathon autour du mot-clic #freeSaeed.

Un nouvel outil aide les parents à espionner leurs enfants aux États-Unis
La police étasunienne distribue un logiciel espion aux parents qui souhaitent contrôler ce que leurs enfants font en ligne. Des chercheurs de l’Electronic Frontier Foundation ont découvert que ce logiciel, ComputerCOP, inclut un enregistreur de frappe et permet de chercher des fichiers et des vidéos dans un ordinateur. Ils ont aussi remarqué que le programme envoie certaines données au moyen d’une connexion chiffrée à un serveur appartenant à la compagnie qui le développe.

Ironiquement, il y a quelques jours, les autorités fédérales ont mis en examen, pour surveillance illégale, le créateur d’un logiciel espion similaire destiné aux personnes souhaitant espionner leur conjoint.

La Commission européenne devra enquêter sur l’espionnage public au Royaume-Uni
Emily O’Reilly, médiatrice européenne, a demandé à la Commission européenne de publier une série de documents relatifs à la surveillance de masse sur Internet menée par l’agence de renseignement du Royaume-Uni, GCHQ, faisant valoir que les citoyens de l’Union européenne ont le droit d’être informés sur de telles discussions. La Commission avait refusé à un journaliste allemand d’accéder aux documents, qui comprennent des lettres échangées entre le gouvernement britannique et la Commission ainsi que des courriers de citoyens demandant à la Commission d’ouvrir une enquête.

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