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Burundi: Surmonter le handicap du bégaiement

Le 22 octobre,  le monde a commémoré la 17ème Journée mondiale du bégaiement. C'est une  occasion  pour prendre conscience des problèmes de communication que rencontrent chaque jour plus de 70 millions de personnes à travers le monde. Des personnes souffrant de bégaiement ont réussi dans plusieurs domaines, comme Winston Churchill, Napoléon 1er, Albert Einstein, Tiger Woods ou Marylin Monroe. Cependant, cette pathologie peut souvent constituer un sérieux handicap dans la vie quotidienne de ceux qui en souffrent.

Le bégaiement peut être surmonté mais au prix de grands efforts. Armel-Gilbert Bukeyeneza, journaliste et blogueur burundais, décrit son expérience sur son site gbukeyeneza.mondoblog.org:

Que de douleurs, de frustrations, d’angoisse quand tu veux parler et que les mots se cassent au niveau de la gorge pour finalement sortir en syllabes isolées. Voilà la déconfiture que j’ai vécue pendant plus de 20 ans. Ça me prenait parfois 10 secondes, 30, voire 1 minute juste pour dire « Maman ».

Mmmmmmm…parfois je m’arrêtais par là. Je souffrais, je frappais le mur, me tournais, me retournais, pour forcer la dernière syllabe. Des fois ça marchait, d’autres fois pas.

Les camarades d’école étaient toujours là, n’arrangeant en rien les choses. Ils riaient, raillaient, me coupaient parfois la parole, fatigués de mes histoires jamais racontées jusqu’au bout. La frustration grandissait, et la peur de s’exprimer ne cessait d’enfler…..

Comme pour m’étouffer, bégayer fut un grand couvercle interne à mon épanouissement. Ironie du sort : de nature je suis un peu volubile. Un autre caractère aurait arrangé peut-être l’affaire. De surcroît, par passion et par conviction, à l’université je me suis retrouvé dans différents clubs d’échange et de réflexion. Il fallait parler, organiser des conférences, bref m’affronter et faire face à ma peur et à « mon » handicap. Le choix était clair : soit me dire  “Je suis bègue, c’est un sacré problème d’élocution et de communication qui me bloquera toute la vie” ou faire fi de ce bégaiement. J’ai opté pour la seconde option. Heureusement d’ailleurs. La peur s’est volatilisée. Les railleries de l’entourage, mes frustrations, ne pesaient plus, et ça n’a été qu’une question de jours pour m’en sortir une fois pour toutes.

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