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Après le départ de Compaoré, la société civile Burkinabé nettoie les rues et s'oppose à l'armée

Saran Sereme, présidente du parti d'opposition CDP - via Manya Riche sur twitter

Saran Serémé Séré, présidente du parti d'opposition CDP – via Manya Riche sur twitter

Suite au départ de Blaise Compaoré et de son exil à Yamoussoukro, l'incertitude demeure sur la présidence de la transition au Burkina Faso jusqu'aux prochaines élections. Plusieurs personnalités se sont déjà déclarées leaders de la transition en l'espace de quelques jours : Gen. Honoré Traoré s'est déclaré président le 30/10 avant de se voir écarté par le Le lieutenant-colonel Zida, ancien numéro 2 de la garde présidentielle. Le général à la retraite Kouamé Lougué a aussi été longtemps pressenti comme président potentiel.  Un quatrième candidat issu de la société civile semble se démarquer : Saran Sérémé Séré, présidente du parti PCD et une des initiatrices des manifestations publiques nommées “la révolution des spatules” contre le pouvoir.

La société civile ne voit pas d'un très bon oeil les tentatives d’accaparement du pouvoir par les militaires pendant cette période d'incertitude politique. Saran Sérémé Séré a ainsi déclaré sur sa page Facebook :

Ne laissons pas prendre en otage notre révolution populaire. pourquoi des militaires, en l’occurrence le chef d’état major général des armées par ci et le chef d’état major adjoint de la sécurité présidentielle par là, se bagarreraient ils pour une présidence durant une période éphémère, transitoire et surtout pour la récupération d'une lutte menée par le digne peuple burkinabé?

Saran Sérémé et ses partisans ont tenté de faire une déclaration à la radio nationale pour annoncer la décision de piloter la transition mais ils ont été repoussés par les forces de l'ordre :

La tension entre l'armée et la société civile ne va pas tomber de sitôt car la société civile a déjà appelé les Burkinabés à manifester contre la prise du pouvoir par le lieutenant-colonel Zida. Zida se veut pourtant rassurant pour la jeunesse du Burkina qui a porté à bout de bras les manifestations qui ont abouti à la chute de Compaoré. L'opposition reste cependant sceptique sur les intentions de l'armée. En effet, la Constitution burkinabé est claire dans ce cas de figure,   c'est le président de l'Assemblée nationale qui doit assurer l'intérim en cas de “vacance” du pouvoir. Salif Ouedraogo à Ouagadougou affirme ainsi :

Nous sommes totalement contre la prise de pouvoir par les militaires. Nous réclamons un civil à la tête de l'État et demain nous allons nous regrouper place de la Révolution pour dire non au pouvoir militaire, même s'il faut que le peuple saigne davantage

Nettoyage de la ville de Ouagadougou par les manifestants - avec la permission de Oeil d'Afrique

Nettoyage de la ville de Ouagadougou par les manifestants – avec la permission de Oeil d'Afrique

Avant ces derniers affrontements devant la radio nationale qui ont causé un mort, la société civile avait montré l'exemple en nettoyant les rues de Ouagadougou après les manifestations qui ont attiré quelques millions de civils. Le collectif “Balai Citoyen” avait fait appel au sens civique des citoyens pour remettre en ordre la capitale. Un jeune manifestant explique l'importance de ce geste :

Hier on a balayé un président et aujourd’hui, on balaie les rues. Il fallait casser aussi, pour montrer qu'on n'a peur de rien [..]. Mais après tout ce qu'on a fait, il fallait rendre la ville propre. Maintenant, les étrangers vont venir, c'est comme si de rien n'était.

Le mystère reste encore entier sur l'avenir proche du Burkina Faso. Mais les actions de la jeunesse burkinabé ont déjà permis de mettre fin à 27 ans de règne d'un président africain. La vidéo ci-dessous retrace les actions du mouvement le balai citoyen pour réclamer plus de démocratie au Burkina Faso :

Il est certain que les autres dirigeants africains avec des velléités de réformes pour étendre leurs mandats (République démocratique du Congo, Burundi, Congo Brazzaville, Bénin) vont surveiller de près l'évolution des manifestations. Plus rien n'est acquis à vie, Compoaré est donc de ceux qui l'ont appris à leurs dépends.

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