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La Zambie fête ses 50 ans : les Zambiens s'interrogent sur leur pays

Fête nationale de la Zambie l'année dernière à Lusaka. 24 octobre 2013, photo par Owen Miyanza. Demotix.

La Zambie a célébré son jubilé d'or le 24 octobre. Les célébrations de cette année ont vu, pour la première fois en 50 ans d'indépendance, l'absence du chef de l'état en exercice lors des festivités. Le président Michael Sata (depuis décédé) était à l'étranger pour ce que son entourage a appelé un “contrôle médical.”

Les Zambiens du monde entier ont célébré la fête avec de la nourriture, le déploiement des couleurs nationales et tout ce dont ils pouvaient disposer, mais ils ont aussi soulevé quelques observations sérieuses autour du passé et de l'avenir du pays.

Le logo officiel du jubilé d'or de la Zambie.

Le logo officiel du jubilé d'or de la Zambie.

Le critiques les plus sérieuses sont venues de l'opposition: M. Hakainde Hichilema, le chef du United Party for National Development (UPND) [Parti unifié pour le développement national], a invité la population à s'habiller de noir pour les commémorations et à ne pas célébrer l'évènement : 

Est-ce que les combattants de la liberté envisageaient ce que ce pays aurait été après 50 ans ? Est-ce ce qu'il est aujourd'hui ? Depuis que le PF est arrivé au pouvoir sur un programme de mensonges et de tromperies, le pays a subi la répression, des violations des droits fondamentaux de l'homme, la négation des libertés, la partialité des médias publics, la brutalité de la police, de la violence politique à des niveaux sans précédent. Je n'aurais jamais pensé de vivre après 1991 et voir un pays où il y a tant de violence politique.

Certains utilisateurs zambiens des médias sociaux ne sont pas d'accord avec M. Hichilema, qui a passé la journée à réconforter les déçus et distribuer des sacs de farine de maïs et de l'huile de cuisine. C'est M. Canicius Banda, l'un des deux vice-présidents de l'UPND, qui a attiré le plus l'attention à propos du jubilé d'or de la Zambie par une question publiée sur Facebook. M. Banda a invité les citoyens à réfléchir un peu plus à propos de la fête, à savoir si à l'anniversaire de l'indépendance on célébrait un simple écoulement du temps, ou les réalisations du pays depuis cette chaude nuit d'été d'il y a 50 ans, lorsque la Rhodésie du nord est devenue la République de Zambie. Il a écrit [lien non disponible actuellement]:

A L'OCCASION DU JUBILÉ D'OR de la ZAMBIE [nous devons nous réjouir de l'écoulement du temps et non des réalisations/ des programmes des partis]: M. Vernon Mwaanga, un de des combattants de la liberté de la Zambie et un des dirigeants politiques, remarque dans son livre, “The Long Sunset”, que: “… les colonialistes sont partis il y a plus de 40 ans et comme dans le cas de nombreux pays africains, nous ne pouvons plus les blâmer pour nos malheurs. L'esclavage fait partie de notre douloureux passé. Maintenant, nous devons transformer nos pays et avancer vers la modernité, corriger nos erreurs du passé, mais aller de l'avant tout le temps … . ” Le vice-président Guy Scott, cinquante ans après l'indépendance, il y a seulement une semaine, commentant le budget national 2015 disait : «Nos priorités en tant que nation sont mal définies. Au lieu de lutter contre le chômage, nous nous concentrons sur l'inflation à un seul chiffre ; pendant ce temps des Zambiens survivent dans les marécages de Lukanga en mangeant des scorpions. Ce n'est pas juste.”

 M. Alexander Chikwanda, ministre des Finances, il y a quelques semaines, déclarait que: “Nous avons raté le progrès dans ce pays en raison de l'échec du leadership.” M. Chikwanda voit juste dans son diagnostic. Au moment où nous entamons une nouvelle période de 50 ans, nous avons besoin d'une nouvelle race de dirigeants jeunes, patriotiques, nationalistes, bien préparés et intelligents, craignant Dieu. C'est là notre prière. Seigneur écoute-nous ! Et nous sommes sûrs qu'IL va répondre à notre prière. Ces temps difficiles, ces temps de la duperie doivent absolument finir !

M. Michael Chishala, dans une contribution sur le site d'informations en ligne Zambie Watchdog, a écrit:

Après 50 ans d'autonomie, il est honteux que nos statistiques économiques soient semblables à celles de pays déchirés par la guerre, dont certains sont en train de réussir mieux que nous dans de nombreux domaines. Chaque gouvernement zambien a attribué à autrui le gâchis que nous avons causé. Ils sont élus pour apporter des changements, mais ils n'y parviennent pas, alors que nous, citoyens, ne faisons pas assez pression sur eux. Il est temps que nous, de la nouvelle génération, apportions le changement.

M. Chishala a ensuite suggéré quelques pistes à la Zambie :

Je crois qu'il doit y avoir un changement dans les idées et les attitudes. Les Zambiens devraient d'abord se rendre compte qu'ils devraient prendre leur vote au sérieux et ne pas être le paillasson des hommes politiques beaux-parleurs. Ils devraient adopter une attitude critique et analyser soigneusement les programmes des candidats potentiels … de la société civile, de l'Eglise, des partis politiques et nous devons tous exiger une réduction drastique des pouvoirs de l'exécutif, sans doute le plus grand problème.

Dans une lettre pastorale commune à l'occasion de la fête, les trois églises “mères” en Zambie – la Conférence épiscopale, le Conseil chrétien et l'Alliance évangélique - ont souligné la nécessité de réduire de la pauvreté comme une priorité absolue:

Le défi reste cependant encore pour la Zambie de mettre en place de meilleures politiques de redistribution de sorte qu'à la majorité pauvre et plus vulnérable de notre société ne soit pas laissé que le rôle de simple spectateur dans les activités économiques. En d'autres termes, le boom économique du pays n'a de sens que s'il permet de réduire considérablement la pauvreté pour les Zambiens et assure une participation active de la majorité des citoyens. Malheureusement, ce que nous voyons se réaliser est l'écart sans cesse grandissant entre les riches et les pauvres et la marginalisation des zones rurales en termes de développement des infrastructures et des activités économiques.

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