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Un Brésilien accusé de vengeance porno s'en tire avec 5 mois de travaux d'intérêt général

Image by Flickr user Moyan Brenn. CC.BY - 2.0

Image d'un utilisateur de Flickr, Moyan Brenn. CC.BY – 2.0

(Sauf mention contraire, tous les liens sont en portugais)

Il y a un an, Fran, une étudiante brésilienne laissait son petit ami de l'époque, Sérgio Henrique Alves, la filmer tandis qu'elle était en train de pratiquer du sexe oral avec lui. Il a ensuite répandu la vidéo (FR) sur Whatsapp. Après que des mèmes humiliant Fran alors âgée de 19 ans ont fait le tour de l'Internet brésilien, l'affaire a été portée en justice.

Un verdict a enfin était donné cette semaine : Sérgio a été condamné à cinq mois de travaux d'intérêt général. Comme le Brésil ne possède pas de loi en cas de vengeance porno, Sérgio a été jugé pour calomnie et diffamation.

Le jugement a anéanti Fran. Après avoir vu sa vie chamboulée – elle a perdu son emploi dans un magasin et a dû arrêter l'université – elle est persuadée que la sentence est d'une faiblesse disproportionnée face aux dommages qu'elle et sa famille ont dû subir. Elle a raconté à la chaine TV Globo que Sérgio a quitté le tribunal en lui riant au nez. Le 12 octobre, elle a publié un témoignage sur la page Facebook “Apoio Fran” [Soutenons Fran] dans lequel elle demande aux gens de l'aider à faire pression auprès du Congrès pour qu'il approuve une loi qui s'attaque spécifiquement à la vengeance porno.

Oi gente! Queria agradecer de coração pelo apoio, que sempre foi fundamental para mim, e falar que a nossa luta não terminou. Desde o início, eu sabia que não ia dar em nada, infelizmente. Mas a esperança é sempre a última que morre e eu continuei por saber que várias mulheres passam e vão passar por isso. Eu vou lutar por uma lei que proteja essas vítimas, para que a pena seja proporcional ao dano causado. 
Vocês serão fundamentais para que isso aconteça! Mais do que nunca preciso de vocês ao meu lado! A lei Maria da Penha Virtual precisa existir ou até a lei Fran Santos, e eu prometo que eu não vou desistir!
A lei pode ser criada se houver 1% de assinaturas do eleitorado nacional. Nós temos a constituição do nosso lado! Mas para isso precisamos de no mínimo 1,36 milhão de assinaturas e um deputado que nos ajude. Onde estão aqueles deputados que tanto disseram que iriam me ajudar ? 
De um jeito ou de outros nós vamos conseguir isso. Pode demorar, mas vamos conseguir!

Salut à tous ! Un grand merci à tout le monde du fond du coeur pour votre soutien, cela a été très important pour moi, je veux également vous dire que notre lutte n'est pas terminée. Depuis le début, je savais qu'il allait s'en sortir. Mon dernier espoir est mort, mais je tiens bon car je sais que beaucoup de femmes peuvent se retrouver dans la même situation que moi. Je vais me battre pour qu'une loi protège les victimes et punisse les malfaisants en proportion des dommages qu'ils ont causés. Votre soutien est vital ! Plus que jamais j'ai besoin de vous à mes côtés. Il nous faut une version Internet de la loi Maria da Penha [loi contre la violence conjugale], ou éventuellement une loi “Fran Santos” et je vous le promets, j'irai jusqu'au bout ! La loi peut être créée si nous parvenons à avoir la signature d’ 1 % de la population nationale, ce qui représente 1,36 million. La Constitution est de notre côté ! Mais il nous faut également l'aide d'un législateur. Où sont tous ces députés qui affirmaient vouloir m'aider ? D'une façon ou d'une autre, nous y arriverons. Cela prendra peut-être du temps, mais nous le ferons !  

Image from the Facebook page Apoio Fran. “Because we are all Fran, against sexism as a form of comedy and sex as a taboo.”

Image de la page Facebook “Apoio Fran”. “Parce que nous sommes toutes Fran, contre le machisme sous forme de comédie et le sexe sous forme de tabou.”

Fran a créé une pétition publique  sur le site Web “Petição Pública” en vue de la création de la nouvelle loi. Pour le moment, la pétition a obtenu 1220 signatures. Elle a en outre affirmé qu'elle allait poursuivre en justice son offenseur (maintenant que la procédure pénale est close) pour préjudices moraux et matériels, puisqu'elle n'a pas pu trouver un autre emploi depuis l'incident de l'année dernière. Elle explique au site Web G1 : 

“Já até procurei emprego em outros lugares. Mas quando olham meu currículo, veem meu nome e onde eu trabalhei, se lembram do que aconteceu e não chamam.

J'ai cherché des postes dans d'autres endroits. Mais quand ils regardent mon CV, quand ils voient mon nom et où je travaillais avant, ils se souviennent ce qui s'est passé et ils ne me rappellent pas. 

L'ex-footballeur et actuel sénateur Romário a proposé une loi qui fait de la diffusion déplacée de matériel intime une infraction pénale. Conformément au projet, les criminels pourraient encourir jusqu'à trois ans d'emprisonnement et seraient dans l'obligation de compenser la victime de tous dommages matériels tels qu'un déménagement, la perte d'un emploi et un traitement médical ou psychologique, 

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