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Mexique : les étudiants disparus d'Ayotzinapa sont déclarés morts, l'indignation explose dans la rue

The hashtag #YaMeCanse – I'm tired – was trending on Twitter and inspired street demonstrations in Mexico. Photo from Flickr by Somos El Medio/ Carlo Echegoyen. CC BY-SA 2.0

Le hashtag #YaMeCanse – Je suis fatigué – fleurit sur Twitter et a provoqué des manifestations au Mexique. Photo Flickr par Somos El Medio / Carlo Echegoyen. CC BY-SA 2.0

Abattus, brûlés dans une décharge d'ordures et jetés dans une rivière boueuse dans des sacs plastiques noirs. Ce serait le sort des 43 étudiants d'école normale d'enseignants, aussi connus sous le nom de normalistas en espagnol, qui se sont volatilisés le 26 septembre 2014, d'après les dires du Ministre de la Justice mexicain le 7 novembre. 

Les déclarations de Jesus Murillo Karam ont été accueillis avec incrédulité, colère et indignation, à la fois par les familles des étudiants et aussi par tous ceux qui les ont entendus au Mexique et dans le monde : ils sont basés sur les confessions de trois tueurs à gage de cartels de la drogue, qui ne constituent pas des preuves probantes (les restes humains découverts suite à leurs dépositions à proximité d'un site enfouissement des déchets n'ont pas encore été identifiés). 

Les parents des étudiants disparus d'Ayotzinapa gardent encore l'espoir de les retrouver vivants et ont déclaré qu'ils ne croyaient pas la version donnée par les autorités mexicaines.  

“Nous tenons à dire qu'en tant que familles des victimes, nous n'acceptons pas cette déclaration, parce qu'il n'y a aucune certitude qu'elle soit avérée… Nous voulons des informations. En attendant nous espérons qu'ils sont encore en vie. Nous allons continuer à chercher ces jeunes et nous demandons au gouvernement d'intensifier les recherches en ce sens” a déclaré une mère.

Le manque de preuves tangibles n'est pas passé inaperçu auprès des médias et des utilisateurs Internet, qui ont critiqué les agissements du gouvernement. J. Hernández Barros, avocat et membre de la Commission Exécutive indépendante d'assistance aux victimes a tweeté :

Dans l'affaire Ayotzinapa, si la mort n'est pas attestée, la recherche des jeunes doit continuer sur l'hypothèse qu'ils sont en vie.

Pour Murillo Karam, les aveux des trois tueurs à gages travaillant pour le cartel de drogue Guerreros Unidos prouvent que les 43 étudiant mexicains disparus ont été tués dans la nuit du 26 septembre dans une décharge d'ordures à Cocula, au sud de l'Etat de Guerrero, après avoir été emmenés là par des  policiers sous les ordre du maire d'Iguala Jose Luis Abarca. Les autorités ont déclaré qu'Abarca avait ordonné que les étudiants, voyageant dans quatre véhicules, soient arrêtés avant de pouvoir arriver en ville et de perturber le discours de sa femme, Maria de Ios Angeles Pineda. 

Les étudiants du Centre pour la Recherche et l'Enseignement Economique (Centro de Investigación y Docencia Económicas) ont pris pour cible la déclaration de Murillo Karam. Le site d'informations et d'analyses Animal Politico rapporte :

“Il est inquiétant de voir que la déclaration de Karama est basée sur des aveux”

Murillo Karam a terminé sa conférence d'une heure vendredi par la phrase suivante, “Plus de questions. Je suis fatigué de tout ça.” Ses commentaires ont été repris par ceux qui critiquent la manipulation du gouvernement dans cette tragédie sous le hashtag #YaMeCanse (JeSuisFatigué), qui est devenu rapidement une ‘Tendance’ sur Twitter. Les commentaires regroupent des “Je suis fatigué d'avoir peur”, “Je suis fatigué de vivre dans un pays assassin”, et “Je suis fatigué de la corruption et de l'impunité”.

#JeSuisFatigué d'un mauvais gouvernement. Il est temps de démontrer que la société souhaite une transformation. #C'étaitL'Etat

L'acteur mexicain Hector Suarez Gomis a rejoint le mouvement de protestation en ligne :

#JeSuisFatigué de cet “ennemi étranger” dont parle notre hymne national. C'est la classe politique qui s'est consacrée à piétiner le pays et à le mettre à sang.

Ce hashtag a aussi inspiré les manifestations de rue le 8 novembre sur la place principale de Zócalo à Mexico. 

Quelques minutes avant le début du #flashmob à Zócalo #Mexico #JeSuisFatigué

La destruction par les flammes des restes supposés des étudiants rend difficile toute extraction d'ADN qui permettrait l'identification des corps. Les autorités mettent leurs derniers espoirs dans un laboratoire spécialisé d'Autriche. On ne sait pas encore combien de temps l'expertise pourrait prendre. 

Voir notre dossier :  ‘Ramenez les étudiants mexicains disparus d'Ayotzinapa’ (en anglais)

 

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