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Au Brésil, une communauté citoyenne de “hackers” se mobilise pour surveiller la qualité de l'eau

Encontros aconteceram no Garoa Hacker Clube, em São Paulo, em setembro.

Les rencontres se sont déroulées dans le club Garoa Hacker, à São Paulo, au mois de septembre. Photo de Bruno Fernandes/InfoAmazonia, publiée avec autorisation.

Ce billet initialement publié sur le blog de InfoAmazônia est reproduit ci-dessous via un accord pour le partage des contenus.

Préoccupés par la crise hydrique au Brésil, des professionnels issus de diverses disciplines se sont réunis au cours de l'évènement “Hackaton : des données et des capteurs pour mesurer la qualité de l'eau”, promu par l'équipe de Red InfoAmazonia (plateforme de données et de cartes focalisées sur la plus grande forêt tropicale du monde). L'objectif des rencontres à São Paulo des 5 et 15 septembre fut de discuter d'alternatives pour surveiller la qualité de l'eau (telles que les capteurs à bas coûts) et diffuser des résultats de manière efficace et transparente.

La première rencontre a été consacrée à l'Amazonie et la seconde à la crise de l'eau à São Paulo. Au total, 60 participants, dont des universitaires, des consultants en ressources hydriques, des programmeurs, des journalistes et des activistes se sont répartis en deux groupes de recherche : développement de logiciels libres et données publiques.

Le groupe sur les logiciels a été dirigé par Ricardo Guima, chercheur et développeur de logiciels libres. Pour Guima, la création de capteurs à bas coûts est un défi au regard des dispositifs brevetés de veille environnementale existants. Il pense que le développement de ces capteurs garantit la transparence des données depuis leur collecte jusqu'à leur diffusion.

Ricardo Guima, desenvolvedor de sensores do projeto Rede InfoAmazonia, coordenou a trilha sobre hardware livre.

Ricardo Guima, développeur de capteurs au sein du projet Red InfoAmazonia, a coordonné le groupe sur les logiciels libres. Photo de Bruno Fernandes/InfoAmazonia, publiée avec autorisation.

Le groupe dédié aux données publiques a été coordonné par le journaliste Gustavo Faleiros d'InfoAmazonia. Le groupe de travail a tenté de mettre en relation les bases de données publiques sur la santé et l'assainissement (IBGE et DataSUS, qui constituent à ce jour l'index de Fiocruz Agua Brasil) afin de mettre à disposition, sur internet, les analyses de données grâce à des cartes et des infographies. Ce travail a donné naissance aux portails Visaguas et mananciais.tk, réalisés par deux développeurs d'InfoAmazonia, Miguel Peixe et Vitor George. Les deux applications réalisent la publication des données sur la qualité et la disponibilité de l'eau en Amazonie et à São Paulo.

Rodrigo de Luna et Maru Whately ont présenté la plateforme “Cidade Democrática” {ville démocratique} comme un exemple de participation citoyenne dans les politiques publiques, à l'instar de celles liées à la crise de l'eau dans la ville de São Paulo. Elle permet en plus de montrer à quel point la visualisation des données peut constituer un facteur clef dans l'élaboration et la promotion de nouvelles propositions. 

Le développement de capteurs

Pendant la rencontre, les participants ont parlé des méthodologies d'analyse de l'eau qui utilisent une fréquence d'échantillonnage supérieure à celle utilisée par les organismes officiels de l’Amazonie légale.

La discussion a été menée par des spécialistes en surveillance de la qualité des eaux et grâce à la littérature scientifique citoyenne disponible sur internet, laquelle décrit les projets similaires ayant rencontré des obstacles connus en matière de travail avec des capteurs.

Testando as placas de arduino para futuros protótipos de sensores de qualidade d´água. Foto por Rede InfoAmazonia, publicada com autorização.

Test de plaques Arduino pour de futurs prototypes de capteurs de qualité des eaux. Photo de Bruno Fernandes/Red InfoAmazonia, publiée avec autorisation.

L'une des conclusions de la rencontre est que le système de détection autonome, qui nécessite une exposition aux intempéries naturelles, rend difficile la conformité des mesures avec les normes rigoureuses de collecte des données. Par exemple, le fait de laisser dans l'eau l'électrode chimique utilisée pour la lecture du pH, pendant à peu près un mois, sans entretien ou nettoyage, augmente considérablement l'imprécision des données collectées. Ricardo Guima explique les alternatives présentées par le groupe pour éviter le problème :

“Foi sugerido um sistema capaz de bombear um volume de água em uma câmara interna da caixa do sensor e decidimos investigar tecnologias que solucionem a leitura de dados a partir de técnicas in vitro. O projeto ganhou cara de um microlaboratório de espectrometria (técnica que utiliza a luz para medir concentrações em soluções por meio da interação da luz com a matéria). Para muitos dos colaboradores de São Paulo, que desejavam um sistema para análise da própria água em casa, a solução é viável, mas colocar um microlaboratório de espectrometria à deriva em um rio, lago ou reservatório, é um desafio. O sistema precisaria de uma colaboração mínima da comunidade local.”

Nous avons proposé un système capable de pomper un volume d'eau dans un boîtier du capteur et nous avons décidé de rechercher des technologies qui permettent de lire les données à partir de techniques in vitro. Le projet a pris la forme d'un micro laboratoire de spectrométrie (technique qui utilise la lumière pour mesurer les concentrations dans des solutions grâce à l'interaction entre lumière et matière). Pour beaucoup de collaborateurs de São Paulo, qui souhaitaient un système pour analyser leur propre eau à la maison, la solution est viable, mais installer un micro laboratoire de spectrométrie sur les abords d'un fleuve, d'un lac ou d'un réservoir est un réel défi. Le système exigerait un minimum de collaboration avec la communauté locale.

InfoAmazonia a élaboré un projet de logiciels qui doit être lancé à la fin de cette année, ledit projet utilise des capteurs moins complexes, pouvant répondre aux normes minimum exigées pour la collecte de données. Il sera ainsi possible d'associer un groupe de travail aux communautés locales pour analyser l'eau, en utilisant des capteurs tels que les spectromètres construits avec un logiciel libre.

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