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Les jeunes candidats indépendants bousculent les élections locales de Taïwan

The Central Election Commission tells voters how to vote.

La Commission centrale des élections indique aux électeurs comment voter.

Les élections locales de Taïwan, au cours desquelles 11.130 maires, conseillers municipaux et chefs de village seront choisis parmi 19.762 candidats, se tiendront le 29 novembre 2014. Le résultat des élections locales aura une incidence sur le résultat des élections législatives et présidentielles taïwanaises de 2016.

Alors que le système électoral de Taïwan favorise le bipartisme, au sein duquel la lutte pour le pouvoir est essentiellement une compétition entre le Kuomintang (KMT) et le Parti démocrate progressiste (DPP), cette année un certain nombre de petits partis politiques et de candidats indépendants ont décidé de rivaliser avec les grands partis pour les élections locales à venir.

Parmi les nouveaux visages on trouve des jeunes qui ne sont affiliés à aucun parti, mais qui proviennent du Mouvement des fraises sauvages de 2008 et du Mouvement des tournesols de 2014. Ce dernier a conduit à une occupation de trois semaines du Parlement de Taïwan en début d’année pour protester contre un accord commercial négocié secrètement avec la Chine. Beaucoup d’entre eux veulent profiter des élections pour exposer leurs idées sur la justice sociale à un public plus large et apporter des changements dans leurs villes natales s’ils remportent le poste de chef de village.

L'un de ces jeunes candidats, Yoshi Liu, avait pris part en 2008 au Mouvement des fraises sauvages, un mouvement étudiant qui luttait contre les abus de pouvoir de la police lors de la visite d'officiels de Chine continentale à Taïwan. Il a expliqué pourquoi il a décidé de se présenter à l'élection dans une interview avec des journalistes de News E-forum, un média citoyen indépendant géré par des étudiants et des militants :

回憶2008年野草莓運動,妖西看見「社會運動無法與學生生涯結合」,也看見了社運的侷限。他直言,社運青年常被政治潔癖或信條所困,無法有效結合握有權力者,最後人散掉了、也籌措不了更多資源。但政治卻可能帶來真正改變。

Lorsque Yoshi repense au Mouvement des fraises sauvages de 2008, il explique qu’il se rendait compte que « les étudiants étaient incapables de faire tenir un mouvement social sur le long terme ». Il croyait également que le mouvement social avait ses limites. Cependant, la plupart des jeunes militants ont essayé de rester à l’écart de la politique traditionnelle et ont refusé de travailler avec ceux qui étaient dans une position de pouvoir. Finalement, ils [ont obtenu leurs diplômes et] ont quitté le mouvement, et il n’y avait plus suffisamment de ressources pour une mobilisation future. Les élections politiques, cependant, peuvent apporter de réels changements.

Les journalistes de News E-forum ont interviewé un politologue afin d’expliquer pourquoi de nombreux jeunes candidats visent le poste de chef de village :

「台灣的民主化果實,是樹上很漂亮的花,地方的根逐漸在腐爛。」談到台灣地方政治,台大政治系教授王業立直言,雖然中央政府已經歷二次政黨輪替,台灣民主素養看似提升,但地方民意代表至今幾乎其實都是地方派系掌控,甚至時常與「黑金」劃上等號。
台灣地方政治猶如一個小生態系,而當選與否高度仰賴人際網絡,因此,與地方連結度強的里長便成為關鍵角色:「樁腳」。
談到青年參政如何撼動或改變現有結構,比起哪一個「個人」能夠當選,真正的期許反而多落在「如何改變現有選舉文化」這個目標上。

« La démocratie à Taïwan ce sont les belles fleurs suspendues sur l'arbre, mais ses racines basées dans les communautés locales sont pourries. » Au cours d’une discussion sur la politique locale à Taïwan, le professeur Wang Yeh-Lih du Département de Science politique de l'Université nationale de Taïwan a déclaré que bien que l’île ait traversé la rotation des partis au pouvoir et que la société ait développé une culture politique dans la pratique de la démocratie, au niveau local, les conseillers et les chefs de village sont toujours contrôlés par des factions locales, qui sont souvent reliées aux gangs et ploutocrates.

La politique locale à Taïwan est comme un petit écosystème. Les chances de remporter un poste sont extrêmement liées au réseau social d'une personne. En conséquence, les chefs de village, qui ont de bonnes connections dans leurs communautés, jouent le rôle de « courtiers de vote » aux élections de niveau supérieur.

En ce qui concerne la façon dont les jeunes candidats peuvent changer le système actuel, il estime que l'accent devrait être mis sur l'objectif de « comment changer la culture existante de l'élection » au lieu de se focaliser sur « qui remporte le vote ».

Avec peu de ressources, il serait en effet difficile pour les jeunes candidats de gagner des élections. Coolloud.org, un média indépendant axé sur la diffusion d’informations concernant les mouvements sociaux, a expliqué pourquoi à Taïwan le système électoral ne favorise pas les nouveaux arrivants sans ressources financières :

依縣市級別和參選項目之不同,每位參選人需籌措12萬~200萬不等,對於資源龐大且還可獲國家補助的大黨來說,保證金有如一碟小菜無足掛齒,但對於小黨及一般參選人來說,保證金是首先要面對的挑戰,不少綠黨參選人雖已準備好跨越這道門檻,但隨著保證金繳進國庫,從擬參選人正式加入選戰的綠黨「候選人」們,又要面對競選基金歸零的另一道難關。
除了設定的保證金門檻,接下來從競選團隊、買廣告一路下來有如一場精彩的財力遊戲
目前的選舉機制,是以財力來評量可否參選甚至當選。

Les candidats individuels doivent payer 120.000 à 2.000.000 de Nouveaux dollars de Taïwan [3.909 à 65.150 dollars américains] pour une caution électorale, en fonction du poste et du niveau de gouvernement auquel ils se présentent. Pour les grands partis politiques, qui peuvent obtenir des ressources du gouvernement, la caution électorale est une formalité. Toutefois, pour les petits partis et les candidats indépendants, c’est leur premier obstacle. Bien que de nombreux candidats du Parti vert de Taïwan aient recueilli assez d'argent pour payer l’acompte, ils ont utilisé tout leur argent et n’auront pas assez de ressources financières pour leurs campagnes électorales.

En plus de l'acompte, les campagnes électorales et la publicité font tous partie d’un jeu glamour autour de l'argent.

Notre système électoral actuel juge si un candidat peut s’inscrire ou même gagner l'élection en fonction de sa richesse.

En plus de la caution électorale et du financement de la campagne, la mobilisation des électeurs est également un jeu d'argent. Par exemple, les hommes d'affaires taïwanais en Chine, qui soutiennent le parti actuellement au pouvoir Kuomingtang, fournissent des billets d'avion à prix réduits aux Taïwanais qui travaillent en Chine continentale pour qu’ils puissent rentrer à Taïwan pour voter.

Afin d’aider les jeunes électeurs étudiants à rentrer dans leur ville natale pour les élections, un groupe de citoyens appelé « Réseau de jeunes citoyens bénévoles » a mis en place un projet de financement communautaire pour recueillir des fonds pour couvrir les frais de voyage.

À cause des barrières financières tout un chacun n’a pas la possibilité de participer aux élections de façon équitable, mais les jeunes font un premier pas important pour changer les règles du jeu en se présentant aux élections locales.

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