Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

D'inquiétants survols de drones au dessus des centrales nucléaires en France

La carte de France du nucléaire - via Greenpeace

La carte de France du nucléaire – via Greenpeace

Depuis quelque temps, au moins dix-neuf  engins identifiés comme étant des drones ont survolé seize sites nucléaires différents, en France. Il n'y a eu aucune revendication jusqu'à présent. La direction d'Électricité de France (EDF) affirme que ces survols ne présentent aucun risque pour la sécurité des biens et le fonctionnement des installations, cependant ils soulèvent de nombreuses questions témoignant d'une certaine inquiétude au sein de la population française. 

Avec 58 réacteurs nucléaires répartis sur 19 centrales, la France est le pays utilisant le plus l'énergie nucléaire en Europe et le deuxième au niveau mondial, derrière les États-Unis.

Jérôme G. donne quelques détails dans un billet publié sur le site Géneration NT :

Les drones de loisir permettent de prendre des images saisissantes à basse altitude. C'est un spectacle de nature bien différente lorsque des drones survolent des centrales nucléaires, d'autant qu'il pose la question de la sécurité. Avec la peur ambiante du terrorisme, la crainte que des drones porteurs de charges explosives survolent de tels sites sensibles n'est pas loin.

Depuis le début du mois d'octobre, les équipes de surveillance de EDF ont repéré les survols de sept centrales nucléaires par des engins dits assimilables à des drones. La France compte 58 réacteurs nucléaires répartis sur 19 centrales.

Parfois le même jour, les centrales survolées ont été celles du Blayais (Gironde), Bugey (Ain), Cattenom (Moselle), Chooz (Ardennes), Gravelines (Nord), Nogent-sur-Seine (Aube), ainsi que la centrale en déconstruction de Creys-Malville (Isère).

Ces survols échappent à tout contrôle. D'ailleurs ni les lieux ni le nombre des survols communiqués par l'EDF ne correspondent à ceux révélés par l'organisation non gouvernementale Greenpeace. Pascal Riché co-fondateur de rue89.nouvelobs.com, observe que :

EDF cite sept centrales survolées :

  • Creys-Malville (Isère) ;
  • Gravelines (Nord) ;
  • Cattenom (Moselle) ;
  • Blayais (Gironde) ;
  • Bugey (Ain) ;
  • Chooz (Ardennes) ;
  • Nogent-sur-Seine (Aube).

Selon Greenpeace, trois autres sites sont impliqués :

  • le CEA à Saclay (Essonne) ;
  • la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) ;
  • le site d’Areva de Pierrelatte, dans le complexe de Tricastin (Drôme).
La centrale de Fessenheim CC BY 20

La centrale de Fessenheim CC BY 20

Dans le passé Greenpeace a procédé à des démonstrations, notamment en 2012 en survolant les centrales de La Hague par un drone ou de la centrale du Bugey par un paramoteur, pour démentir les affirmations des autorités et d'EDF selon lesquelles les sites nucléaires étaient sûrs. Mais, cette fois-ci l'ONG a nié toute implication, rappelant dans des communiqués qu'elle agissait à visage découvert et revendiquait ses actes.

Le 24 novembre 2014, elle a soumis un rapport confidentiel préparé par un cabinet britannique sur la vulnérabilité des centrales nucléaires françaises face aux intrusions et attaques de drones. L'ONG fait savoir qu'elle a remis des copies de son rapport aux autorités allemandes, belges et luxembourgeoises.  

Audrey Oeillet, qui se qualifie comme journaliste mais geekette avant tout, a signé une analyse du rapport sur le site clubic.com, qui a soulevé plusieurs réactions de la part des lecteurs. Un d'entre eux, ManuKey félicite l'ONG :

Une fois de plus, bravo à Greenpeace pour avoir soulevé cette question!
Mais Lotre09, un autre lecteur du site,  ne cache pas ses sentiments envers Greenpeace et ironise :  
 

Greenpeace une bande de cons qui grace au nucleaire peuvent se rechauffer et avoir de la lumiere et qui peuvent dire merci aux sociétés petroliere pour mettre de l'essence dans les bateaux et zodiac… me feront toujours rigoler les ecolos par l'hypocrisie qu'ils possedent

À la suite d'un billet publié sur generation-nt.com, plusieurs lecteurs ont publié des commentaires. Le lecteur Karine un lectrice de resistanceauthentique.wordpress.com est surprise malgré sa puissance militaire et technologique, jusqu'à présent ces drones continuent à narguer la France impunément :

Cela étonne qu’avec nos moyens actuels les forces militaires ne puissent détecter ces drones ? Moi pas, les budgets de ces corps de métier sont en baisses et pas qu’un peu, chaque peloton exécute des ordres et même si l’ordre de tirer à été donné cela reste à vérifier.

Pas sûr non plus qu’il y ait beaucoup de détecteurs de drônes. Alors des gendarmes qui patrouillent quotidiennement pour la surveillance de ces sites nucléaires, oui, mais maintenant je ne vois pas trop en quoi cela va permettre de partir à leur chasse que ce soit de ces objets volants ou des propriétaires.

Le 5 novembre Rémi Barroux et Audrey Garric ont co-signé un article intitulé : ” Quelles menaces les drones font-ils peser sur les centrales nucléaires?” sur le site du quotidien Le Monde.

Parmi les nombreux commentaires, voici ce que pense un des lecteurs :

Je travail dans la sécurité informatique. Un drone peu très bien avoir été envoyé dans l'unique but de déposer au sol une clé usb dans laquelle se trouve un virus. Quiconque trouvera la clé peut la prendre et potentiellement infecter la central.

 Un autre lecteur du quotidien, pierre guillemot, raconte une expérience qu'il a vécue et qui est bien moins amusante : 

Témoignage personnel: je suis entré en voiture dans la centrale de Saint-Laurent-des Eaux près d'Orléans, au mois de juin vers 20h (de jour). J'ai franchi 3 postes de garde déserts, barrière relevée. Arrivé près des réacteurs, j'ai garé ma voiture. Un agent en uniforme m'a demandé de la déplacer car elle était sur un emplacement réservé. Je me suis promené à pied. Comme l'heure s'avançait, je suis ressorti. Personne ne m'a posé de questions. Certes, c'était l'été 2001. Sécurité ?

Dans un communiqué daté du 3 novembre, le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, un service qui dépend directement du bureau du Premier ministre, informe  que le Gouvernement ne fera aucune communication détaillée sur les dispositifs de vigilance, de détection et de protection mis en œuvre à cause de la nécessaire confidentialité pour la sécurité de ces mesures. Cependant, un membre de l'ONG Greenpeace a réussi à faire la photo d'un radar militaire de type ANGD (Aladin nouvelle génération durci) près de deux centrales. Ce radar serait l'appareil le seul capable de détecter des drones. 

1 commentaire

  • GARNIER Jacques

    Pas facile d’attraper un drone d’origine “extraterrestre”. Les Anglais et John Large connaissent le problème. En Angleterre, dans le comté du Wiltshire, région où l’on resence le plus de Crop Circle, est stationné un régiment d”hélicoptères de combat, pourvu en autres d’Apaches, équipés du top en matière de vision nocturne. C’est ballot, mais depuis 20a ils n’ont jamais trouvé qui que ce soit en train de coucher les blés, ni réussi à abattre une “ball of light”, ces mini ovnis gros comme des ballons qui se jouent des hélicos en plein jour en leur échappant sous leur nez et à grande vitesse. “cropcircleconnector” “crop circle ball of light” pas mal de choses interessantes sur le net. On n’en parle pas et pourtant les crop continuent d’apparaitre tous les étés. Tout est prêt en France au niveau politico-militaire pour la divulgation. Faudra bien un jour franchir le pas

Ajouter un commentaire

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français
Non merci, je veux accéder au site