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Inde : les soeurs “courage” ripostent contre des prédateurs sexuels

Screenshot from an interview of the two brave  girls in Times Now Channel (Click on the image to watch the  interview)

Capture d'écran d'une interview des deux filles courageuses diffusée sur Times Now Channel (Cliquez sur l'image pour regarder l'interview)

[Légende de la capture d'écran : en haut : Défendez-vous / retour à la réalité pour les prédateurs sexuels. en bas : Inefficacité de la police. Silence de l'Etat. Indifférence des badauds]

[Tous les liens de ce billet renvoient vers des sites web en anglais]

Prise à l'aide d'un téléphone portable, une vidéo a scandalisé les Indiens : elle montre un affrontement survenu après la tentative d'agression de deux femmes à bord d'un bus bondé, dans la ville de Rohtak, située à environ 70 kilomètres de la capitale indienne. Cet incident, qui intervient un an après le viol en réunion et le meurtre d'une femme de 23 ans à bord d'un bus en marche, présente d'étranges similitudes, quoi que ses victimes, les soeurs Aatri et Pooja, aient réussi à repousser leurs agresseurs.

Dans cette vidéo, elles se défendent sans qu'aucun passager ne leur vienne en aide. Par une manoeuvre habile, l'une d'elles retire sa ceinture et s'en sert pour contre-attaquer. L'autre femme riposte à coups de poing tandis que sa soeur frappe leurs assaillants avec sa ceinture. Bien que la vidéo ci-dessous n'en ait pas capturé les images, les agresseurs ont fini par tirer les femmes hors du bus mais ont dû prendre la fuite peu après, les deux soeurs s'étant armées de briques.

Suite à la diffusion de la vidéo et au tollé national qu'elle a suscité, la police indienne aurait arrêté trois suspects. Le chauffeur du bus a également été mis à pied pour n'être pas intervenu. Selon la police, l'homme avait la possibilité d'arrêter son bus devant un poste de police et remettre les agresseurs aux autorités.

Les trois accusés sont des étudiants de 19 ans inscrits au Jat College de Rohtak. Leurs parents affirment qu'ils ont été “impliqués à tort” car l'origine de la querelle, d'après eux, n'était pas d'ordre sexuel, mais concernait une histoire de place assise.

Par leur sang froid, Aatri et Pooja ont été, partout en Inde, saluées comme des modèles de force et de volonté dont les femmes devraient s'inspirer pour riposter face à des agresseurs.

J'aimerais féliciter les filles et demander aux autorités de prendre les mesures qui s'imposent”, a dit Lalitha Kumarmangalam, porte-parole de la Commission nationale pour les femmes. Peu de filles ont le cran d'affronter les agresseurs sexuels. Le gouvernement devrait prendre des mesures. Je demanderais à tous les Indiens de répondre présent et d'apporter leur concours.”

La bagarre à bord du bus n'était apparemment pas le seul épisode violent auquel les soeurs ont été confrontées. Une autre courte vidéo, diffusée cette semaine – mais filmée un mois plus tôt – par la chaîne d'informations indienne NDTV, montre Aatri et Pooja en train, semble-t-il, d'attaquer un autre homme dans un parc. D'après le Times of India, “les filles, par leur conduite exemplaire, montrent comment se coltiner aux prédateurs sexuels même si personne ne vient prêter assistance.”

Sur Twitter, on utilise le hashtag #Rohtakbravehearts pour exprimer sa gratitude et son soutien aux soeurs :

J'adore ce que les filles en Inde font aux agresseurs sexuels #RohtakBravehearts – La prochaine révolution

Bravo à ces soeurs pour s'être défendues!

En Inde, certains sont moins sensibles au courage des soeurs que consternés par la passivité des passagers du bus :

En gardant le silence dans le bus lors de l'incident des #RohtaBravehearts, les hommes ont prouvé qu'ils étaient à la fois des impuissants et des pervers.

Bande-dessinée : Première case, sur les pancartes : Pendez les violeurs ; Les vrais hommes ne violent pas. Deuxième case: #sécurité des femmes; #non au viol; Troisième case : # De crainte qu'on oublie
Dernière case : Nous voulons changer la société sans nous changer nous-mêmes !

Sous la bande-dessinée :

Mon Inde?

Dans un post Facebook, l'homme politique Naveen Jindal s'en est également pris aux passagers pour n'avoir montré aucune empathie :

Je salue les #Rohtakbravehearts qui ont résisté contre l'agression sexuelle et ont donné une bonne leçon aux trois coupables. Quelle honte qu'aucun des passagers présents ne se soit interposé. Ces filles méritent des compliments.

D'autres, comme Deepika Bhardwaj, une présentatrice de journal télévisé indien, ont exprimé leur inquiétude devant l'empressement des médias traditionnels à stigmatiser les passagers du bus qui ne sont pas intervenus, en négligeant peut-être, du même coup, de faire toute la lumière sur l'incident :

Le crime commis par les victimes des #RohtakBravehearts, c'est de s'être disputé avec elles à propos d'un siège laissé à une VIEILLE DAME. Les filles avaient l'appareil photo et l'armurerie prêts à l'emploi comme TOUJOURS

Les #RohtakBravehearts disent elles-mêmes que le chauffeur les a aidées/leur a proposé toute l'aide qu'elles voulaient. Il est licencié. Les médias se moquent que sa famille meure de faim !

Uma Bharti qui, parmi les ministres, a été l'une des premières à aborder publiquement le sujet de l'incident, a fait l'éloge d'Aatri et Pooja en disant que “toutes les filles devraient imiter ces soeurs”.

Malgré le silence inquiétant des passagers du bus, le scandale pourrait permettre de sensibiliser au problème de sécurité des femmes et conduire peut-être à la création de nouvelles lois. Si les médias sociaux sont un quelconque indicateur, on peut, sans se tromper, dire que les législateurs indiens suivent l'affaire de près.

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