Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

Les Sundarbans du Bangladesh mis en danger par une marée noire

Spotted deers forage at the Kokilmoni forest in the Sundarbans, a UNESCO world heritage site. Bagerhat, Bangladesh. Image by Muhammad Mostafigur Rahman. Copyright Demotix (5/11/2014)

Des cerfs tachetés paissent dans la forêt de Kokilmoni dans les Sundarbans, un site du patrimoine mondial de l'UNESCO. Bagerhat, Bangladesh. Photo Muhammad Mostafigur Rahman. Copyright Demotix (5/11/2014)

Un pétrolier transportant 358.000 litres de mazout qui a sombré dans le fleuve Shela le 7 décembre a répandu sa cargaison sur plus de 60 kilomètres des Sundarbans. Situés dans le sud-ouest du Bangladesh, les Sundarbans constituent la forêt de mangrove d'un seul tenant la plus étendue du monde, d'une superficie d'une dizaine de milliers de kilomètres carrés, dont 60 % se trouvent au Bangladesh. Site inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, les Sundarbans sont aussi l'une des plus vastes réserves pour le tigre du Bengale et procurent un sanctuaire à de nombreuses autres espèces.

RT SVP : “Une marée noire menace la faune sauvage, en particulier les dauphins et oiseaux rares des Sundarbans du Bangladesh”

La toute 1ère nappe de pétrole dans les Sundarbans menace le plus grand écosystème de mangrove au monde, site du patrimoine mondial de l'UNESCO

Catastrophe dans les Sundarbans >> les rives de la Sela devenus noirs comme du goudron Le pétrolier naufragé était en fait une péniche à sable modifiée

La marée noire aux Sundarbans menace des centaines d'espèces en danger.

D'après la presse, cette marée noire menace le sanctuaire pour dauphins de Mrigmari-Nondabala-Andharmanik. Les arbres de la mangrove sont également extrêmement sensibles à la pollution par les hydrocarbures, et de fait, ils commenceront probablement à mourir après la vie aquatique de la zone, typiquement la première à périr. Fahim Hassan a élaboré une infographie sur Flickr qui explique en détail la destruction.

Comme le montrent les images postées sur Facebook par Mowgliz Elisabeth Rubaiyat, la catastrophe tue déjà des animaux. Les autorités locales, jamais encore confrontées à une marée noire de cette ampleur, semblent prises de court, dépourvues qu'elles sont des équipements nécessaires pour réagir de façon appropriée. Al Jazeera rapporte que plusieurs pêcheurs concernés se sont résolus à nettoyer le pétrole répandu avec des éponges et des sacs.

Beaucoup ont critiqué sur Twitter la réaction des autorités :

Entretien avec l'organisation qui a travaillé sur la marée noire de 2010 du Golfe ! Sérieusement les gars… “Les autorités impuissantes dans les Sundarbans”

Un ministre du Bangladesh dit qu'une compagnie du Royaume-Uni a proposé de nettoyer la marée noire de 60 km qui menace la mangrove des Sunderbans

Opérations de sauvetage avec tamis et casseroles

Pour contribuer aux secours, les autorités ont expédié sur place un navire chargé de produits dispersants. Mais si ces produits chimiques sont déversés sans discernement, le remède pourrait être pire que le mal pour l'écologie locale. Quatre jours après la catastrophe, l'action de l'Etat paraît avoir peu d'effets, ce qui exacerbe les craintes d'une catastrophe écologique durable.

59 heures ont passé Le Bangladesh commence à diffuser du neutralisant à pétrole dans les Sundarbans

Le Ministre bangladais des Transports maritimes et fluviaux indique que la population locale a pu stopper la pénétration du pétrole dans la forêt à l'aide de filets, et qu'elle travaille aussi à séparer le mazout de l'eau pour éviter le pire. Le Service national des Forêts dirige l'opération avec 100 bateaux et 200 pêcheurs.

Le Service des Forêts a intenté un procès contre les propriétaires des deux cargos responsables de cette marée noire et leur réclame 1 milliard de takas (13 millions de dollars).

Il y a à peine un mois, avant la marée noire, voilà à quoi ressemblait la mangrove des Sundarbans :

Le blogueur Ahmed Sharif fustige le défaut de planification dans la gestion de catastrophe du gouvernement, qu'il dit se méprendre sur les enjeux :

দুর্যোগ ব্যবস্থাপনা বলতে কি শুধু বন্যা-জলোচ্ছ্বাস বোঝায়? গত দুই দশকে অর্থনৈতিক দিক থেকে দ্রুত অগ্রগতির সাথে সাথে যেসব ঝুঁকির সৃষ্টি হয়েছে, সেগুলির জন্যে আমরা নিজেদের তৈরি করতে পারিনি। নদীতে জাহাজের সংখ্যা আগের চেয়ে বহুগুণ বেড়ে গেছে, কিন্তু তার সাথে পাল্লা দিয়ে তৈরি হয়নি মনিটরিং এজেন্সিগুলি। জাহাজ তৈরি হচ্ছে যথেচ্ছভাবে, যাত্রী নেওয়া হচ্ছে অতিরিক্ত, ফিটনেসবিহীন জাহাজ চলছে, নদীর পানি দূষণ করছে জাহাজের বর্জ্য, নদীর মাঝে পার্ক করে রাখা হচ্ছে জাহাজ, সঠিক যন্ত্রপাতি ছাড়াই চলছে জাহাজ, চলাচলের সময় ঠিক করে দেয়ার পরেও কেউ মানছেনা – কেউ দেখার নেই। কাজেই দুর্ঘটনার সম্ভাবনা প্রতিদিন বেড়েই চলেছে। আর দুর্ঘটনার সম্ভাবনা বাড়লেও সেটার জন্যে প্রস্তুতি নেই আমাদের।

La gestion de catastrophes est-elle confinée aux inondations et cyclones ? Dans les dernières décennies, notre pays a connu un développement économique accéléré et des risques accrus. Mais nous n'avons pas pu suivre le rythme et nous préparer à ces risques additionnels. Les navires commerciaux se sont multipliés sur nos voies d'eau, sans que nos agences de contrôles suivent. De nombreux navires sont construits en-dehors des règles, transportent des passagers au-delà de leurs capacités. De nombreux navires sont inaptes à fonctionner, se débarrassent de leurs déchets de façon impropre, bloquent les voies d'eau n'importe comment, ne respectent pas leurs horaires—personne ne contrôle quoi que ce soit. Il en résulte un risque accru d'accidents, et nous ne sommes pas préparés à ces accidents et catastrophes.

L'utilisateur de YouTube A. K. M. Wahiduzzaman a mis en ligne une vidéo dépeignant les destructions causées par la marée noire :

Le cadavre du premier dauphin de l'Irrawadi, un animal rare, victime de l'incident a été découvert vendredi dernier. Selon la presse, la compagnie pétrolière Padma a réussi jusqu'à présent à enlever quelque 10.000 litres de mazout avec ses opérations de nettoyage. La compagnie propose de payer aux nettoyeurs volontaires 30 takas bangladais (environ 40 cents de dollars US) par litre de pétrole ramassé.

Le chanteur et blogueer Mac Haque commente sur Facebook :

Cette opération de nettoyage rudimentaire a de quoi déconcerter. L'offre de 30/= takas par litre de mazout récupéré a fait accourir des milliers d'individus, non pour sauver les Sundarbans mais pour glaner un peu de subsistance. A l'évidence ceci est une manne pour les plus pauvres d'entre les pauvres. Je n'ai pourtant entendu personne évoquer les risques pour la santé humaine des toxiques dangereux du mazout. N'importe où ailleurs dans le monde l'Etat aurait encouru un procès public pour mise en danger de la santé des citoyens. Je vois en perspective des milliers de gens pauvres et ignorants mourir dans les jours qui viennent par la grâce de la décision à courte vue de la Bangladesh Petroleum Corporation. Notre objectif devrait être non seulement la chasse aux dauphins morts, mais aussi les humains contaminés !

Il y a eu des manifestations pour réclamer l'interdiction pour les navires marchands et les péniches d'utiliser les fleuves et canaux des Sundarbans. A défaut de mesures gouvernementales efficaces, le Bangladesh devra continuer à se fier à la société civile et aux bénévoles dans cette crise environnementale.

2 commentaires

Ajouter un commentaire

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français
Non merci, je veux accéder au site